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Applications de rencontre: gare au «kittenfishing»

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«Il faut se demander si ces personnes pensent qu’il n’y a aucun mal à cela, et si elles le font intentionnellement.»

© Getty

Le dictionnaire des mots «made in Tinder» ne cesse de s'allonger. Après le fameux «ghosting» et ses confrères tout aussi déplorables, les «lovebombing» et «kittenfishing» se sont immiscés dans le vocabulaire des célibataires connectés. Espérons que ce lexique 2.0 ne finisse pas par faire pâlir le Larousse! La drague en ligne, c'est la jungle les mots, des stratégies et des petits (ou gros) bobards. Afin d'éviter les prédateurs, mieux vaut connaître leurs «trucs» préférés.

En été 2017, on nous mettait en garde contre le «catfishing» (ou «pêche à chats» en anglais), une technique consistant à se réinventer totalement sur les applications de rencontre, au moyen d'un profil truffé de mensonges. En se présentant comme des personnes totalement différentes, souvent plus jeunes, plus riches et bien plus talentueuses, les adeptes espèrent attirer un maximum de conquêtes dans leurs filets.

A présent, sa petite soeur, le «kittenfishing» (ou «pêche à chaton») présente une version plus «soft» de la précédente: plutôt que de créer un profil de toutes pièces, les adhérents exacerbent leurs qualités, afin de rendre leur description plus avantageuse. Inventé par l'application «Hinge», ce mot définit donc l'utilisation de photos retouchées ou anciennes, et toute information personnelle intentionnellement embellie. Par exemple, lorsque quelqu'un affirme très sérieusement s'être rendu en Floride «pour sauver les dauphins», peut-être cela signifie-t-il seulement qu'il a libéré un poisson-clown après l'avoir trouvé dans son masque de plongée. Ahem...

Qui sont les «kittenfishers»?

«Il faut se demander si ces personnes pensent qu’il n’y a aucun mal à cela, et si elles le font intentionnellement, indique la coach en relations Nikki Leigh à l'«Independent». Peut-être qu’elles ôtent tout simplement quelques années à leur âge véritable, afin de paraître plus attirantes. Ou alors, elles vont poster une photo d’elles-mêmes à une période où elles étaient plus fines qu’actuellement, afin de maximiser leurs chances. Il est triste que ces personnes ne réalisent pas que cette stratégie joue en leur défaveur et qu’elles peuvent blesser les autres.»

Selon les statistiques de «Hinge», 38% de ses utilisateurs masculins ont déjà été victimes de «kittenfishing», tandis que 28% des utilisatrices sont tombées dans le panneau: les femmes sont-elles donc plus enclines à déformer leur profil à leur avantage, que ces messieurs? L'application précise également que cette pratique est très répandue sur les sites de rencontre, à des degrés plus ou moins importants: certains mensonges sont en effet plus graves que d'autres.

S'il est très facile d'identifier une exagération concernant le physique, lors du premier rendez-vous («Ah... tu ne mesures pas 1m90»), les «intox» portant sur les hobbies, la profession et les talents cachés des gens sont plus complexes à démasquer. Selon le magazine «Marie-Claire», le profil des «kittenfishers» est souvent pourvu de trois ou quatre photos, filtrées, obsolètes, ou prises sous un certain angle, qui masque les défauts. Au niveau de la description écrite, ils se contenteront souvent d'une citation philosophique piquée sur le Net, ou d'un paragraphe pondu par un ami particulièrement éloquent: si les premiers messages de l'individu ne reflètent pas la personnalité suggérée dans son profil, mieux vaut se méfier un peu.

Inutile de mentir pour paraître plus séduisant: rester soi-même augmente à 100% nos chances de trouver une personne qui nous aimera tels que nous sommes. (Et s'il vous est déjà arrivé d'écrire un tout petit mensonge sur un site de rencontre... considérez-vous grillée!)


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