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13e rente AVS: La votation du 3 mars 2024 en cinq points clés

13e rente AVS: La votation du 3 mars 2024 en cinq points clés

16% des 65 ans et plus ont «du mal à joindre les deux bouts», d'après une enquête de Pro Senectute.

© GETTY IMAGES/SORBETTO

Le 3 mars 2024, la Suisse se prononcera sur l’initiative populaire baptisée «Mieux vivre à la retraite». Lancée par l’Union syndicale suisse (USS), celle-ci demande l’introduction d’une 13e rente AVS, sur le modèle d’un 13e salaire. Quels sont les enjeux de cette votation? Explications en cinq points clés.

Pourquoi cette initiative?

«Mieux vivre à la retraite» part d’un constat implacable: le coût de la vie augmente, les rentes AVS ne suivent pas. Si bien que de plus en plus de personnes tirent le diable par la queue et ne peuvent se permettre le moindre imprévu (sans parler d’un extra) – quand elles ne se retrouvent pas carrément dans l’indigence. Une exagération? Selon une vaste enquête publiée en 2022 par Pro Senectute – et qui contredit une étude publiée par La Vie économique selon laquelle «les ménages retraités sont les plus fortunés» –, 16% des 65 ans et plus ont «du mal à joindre les deux bouts» et 14% vivent aujourd’hui avec un revenu inférieur à 2’280 francs – soit «en dessous du seuil de pauvreté».

Les femmes sont particulièrement représentées dans ces catégories. En cause: le travail à temps partiel (généralement en raison de charges familiales), des emplois «bas salaire», un divorce ou un veuvage et, bien souvent, un deuxième pilier minuscule ou inexistant et l’impossibilité matérielle de se faire un petit bas de laine de type 3e pilier.

En clair, pour les initiant-e-s, par un «petit plus» de 8,33%, une 13e rente AVS permettrait de compenser (un peu!) la perte de pouvoir d’achat. Concrètement, l’augmentation pour une personne seule serait de 1125 francs par an pour la rente minimale, de 2450 francs pour la maximale et de 3675 francs pour les couples mariés. Cela paraît peu, surtout si on ne manque de rien. C’est pourtant beaucoup quand on doit compter ses dépenses au centime près.

Autre point important de l’initiative: le droit aux prestations complémentaires (PC) ne change pas et leur montant ne sera pas réduit.

Quid du deuxième pilier…

Le «deuxième pilier» a longtemps constitué un complément financier important. Ce n’est plus le cas: «La rente moyenne des caisses de pensions, en baisse constante, est d’ores et déjà inférieure de 300 francs par mois à son niveau d’il y a quinze ans», note l’USS. Par ailleurs, et pour rappel, tout le monde ne peut pas compter sur une LPP: les indépendant-e-s ou les très bas revenus, non tenus à cotiser, peuvent certes y souscrire de manière volontaire… mais n’en ont que rarement les moyens!

… et des prestations complémentaires?

Les textes sont limpides: les PC sont un droit quand les rentes et le patrimoine ne suffisent pas à couvrir les besoins vitaux. Malheureusement, explique l’USS, sur presque un demi million de retraitées et retraités qui y auraient droit, au moins 230 000, des femmes dans deux tiers des cas, ne les demandent pas. Non seulement par méconnaissance des démarches à entreprendre mais aussi bien souvent par honte ou par peur.

L’AVS en faillite?

Si tout le monde est d’accord sur la nécessité de trouver une solution pour lutter contre la paupérisation des 65 ans et plus, les opposant-e-s à la 13e rente (dont le Conseil fédéral et le parlement) y voient une catastrophe financière: du fait du vieillissement de la population et du départ en retraite de la génération du baby-boom, l’AVS plongerait dans les chiffres rouges dès 2027, disent-ils et elles.

Faux, archifaux! rétorquent les initiant-e-s: comme l’économie est toujours plus productive, que les salaires augmentent, qu’on compte de plus en plus de femmes sur le marché du travail et qu’elles y resteront plus longtemps dès 2025, les cotisations à l’AVS augmentent en conséquence. Économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart précise: «Selon les perspectives financières officielles, l’AVS réalisera en 2026 un excédent de 3,5 milliards. Et les réserves de l’AVS battent chaque année de nouveaux records. Elles se situent aujourd’hui à 50 milliards et avoisineront 70 milliards en 2030.»

Comment financer cette 13e rente?

L’AVS a aujourd’hui besoin d’environ 50 milliards de francs par an. Si l’initiative est acceptée, les besoins augmenteront immédiatement de 4 à 5 milliards annuellement. Ce qui, pour la Confédération, induit forcément une hausse des cotisations salariales, qui devraient ainsi «passer de 8,7 à 9,4%», à charge à 50% des employé-e-s, 50% des employeur-euse-s. Un financement par la TVA impliquerait «une hausse de 8,1 à 9,1%». Elle note toutefois qu’une «combinaison des deux ou un autre mode de financement serait aussi envisageable».

Sans donner de directives concrètes à ce sujet, les initiant-e-s confirment pour leur part que l’AVS a bien assez d’argent à disposition. Et pour couvrir les coûts à long terme, il suffirait d’une «cotisation salariale supplémentaire de 0,4 point pour les salariées et salariés», des coûts qu’ils jugent supportables.

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