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Connaissez-vous votre pilule?

Connaissez vous votre pilule

Pour la professeure Cathrin Brisken, de la Faculté des sciences de la vie, on pourrait donc «prévenir le cancer du sein associé à la contraception en faisant des choix plus éclairés qui tiennent compte de la composition moléculaire du contraceptif».

© Ponomariova Maria / Getty Images

L’EPFL vient de publier une étude qui établit un lien entre certains progestatifs utilisés dans les pilules contraceptives les plus courantes et un risque accru de cancer du sein. Rappelons que les progestatifs de synthèse copient la progestérone, hormone sexuelle féminine impliquée dans le cycle menstruel. Selon les travaux de l’équipe de la professeure Cathrin Brisken, de la Faculté des sciences de la vie, certains progestatifs stimulent la prolifération cellulaire. Les résultats, réalisés pour l’instant à l’aide de glandes mammaires animales sur lesquelles ont été greffées des cellules humaines qui tapissent la couche interne du sein, montrent que les progestatifs dits androgènes produisent cet effet lors d’une exposition à long terme et augmentent le risque de cancer du sein. Ce qui n’est pas le cas des progestatifs ayant une activité anti-androgène.

Pilule combinée ou progestative

Pour Cathrin Brisken, on pourrait donc «prévenir le cancer du sein associé à la contraception en faisant des choix plus éclairés qui tiennent compte de la composition moléculaire du contraceptif».

Mais savons-nous seulement quel type de pilule nous prenons? Pour faire simple, il existe deux grandes familles de contraceptifs oraux. Les pilules combinées, qui contiennent deux hormones (un œstrogène et un progestatif) et les pilules progestatives qui, elles, ne contiennent qu’un type d’hormone. Parmi les pilules combinées, celles de première génération, très fortement dosées en œstrogènes, ne sont pratiquement plus prescrites en Suisse.

Les pilules combinées de 2e génération, commercialisées dès les années 70, contiennent des œstrogènes en moins grandes quantités et des progestatifs androgéniques – notamment ceux pointés par l’étude de l’EPFL, tels que le lévonorgestrel. Or, ce sont elles qui sont aujourd’hui prescrites en première intention, comme le confirme la Dre Irène Dingeldein, présidente de la Société suisse de gynécologie. Car les pilules combinées de 3e et de 4e génération* présentent un risque plus élevé d’accidents thrombo-emboliques.

Une prescription sur-mesure

Quant aux pilules à base de progestatif uniquement, elles sont notamment prescrites lors de contre-indications (risque de thrombose, fumeuse, surpoids, plus de 35 ans), car elles sont associées à un risque thrombo-embolique réduit. Mais elles favorisent des cycles menstruels relativement imprévisibles et contiennent un progestatif androgénique, le désogestrel. Selon leur composition, les contraceptifs oraux agissent de manière différente et sont associés à des risques d’effets secondaires différents, parfois graves, tels qu’une thrombose ou un cancer du sein.

«Il faut se rendre compte qu’une pilule contraceptive n’est pas un praliné, mais un médicament et prend en compte tous les avantages et tous les inconvénients, ce qui suppose une discussion avec chaque femme», rappelle Irène Dingeldein.

*Certaines contiennent des progestatifs androgéniques (désogestrel, gestodène) et d’autres non androgéniques (acétate de chlormadinone, acétate de cyprotérone ou drospirénone).

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