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L’édito de Sonia Arnal: «Surcharge parentale (et aubergines caoutchouteuses)»

L’édito de Sonia Arnal: «Surcharge parentale (et aubergines caoutchouteuses)»

«J’ai peu d’ambition dans la vie en général, et en matière culinaire tout particulièrement, donc je pars du principe que je vais simplifier la marche à suivre en enlevant tous les ingrédients chichiteux ou introuvables dans les grandes surfaces.»

© Ludovic Andral

Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur faire à manger ce soir? Dans toutes les familles, forcément, la question est récurrente. Le coup du pain et du fromage n’étant pas exploitable plus d’une fois par semaine – déjà que quand on a des enfants et qu’on travaille, on épingle dans sa tête de nombreux épisodes de son quotidien d’un hashtag #mèreindigne –, on ne peut pas se permettre non plus d’abdiquer systématiquement devant le repas du soir.

Reste que dans le registre charge mentale, trouver une réponse est bien plus astreignant que la cuisiner.

Dès que mes enfants ont eu l’âge d’articuler des propos vaguement cohérents, j’ai essayé de leur refiler la patate chaude – j’ai toujours été favorable au travail non rémunéré de la marmaille – avec l’universel: «Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ce soir?» Et la non moins universelle réplique: «Bah, comme tu veux.» Au temps pour moi. Enfin il y a aussi eu les fois où j’ai obtenu des choses très concrètes: «Un filet Wellington avec des haricots enroulés dans du lard et de la purée maison.» Le truc vite fait sur le pouce facile à concilier avec un job, quoi.

L'aubergine, comment ça se cuisine?

Donc, comme tout le monde, je lis les recettes de cuisine dans les magazines pour trouver l’inspiration. J’ai peu d’ambition dans la vie en général, et en matière culinaire tout particulièrement, donc je pars du principe que je vais simplifier la marche à suivre en enlevant tous les ingrédients chichiteux ou introuvables dans les grandes surfaces. Malgré cette simplification, j’échoue assez régulièrement.

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Mon drame du moment, c’est l’aubergine. J’ai connu un grand (mais unique) succès avec la version confite, en cuisson lente: la chose s’est avérée goûtue à souhait et fondante.

En plus, une fois le légume enfourné, on a 100 minutes pour faire autre chose de sa vie – un très bon plan. Toutefois, comme son nom l’indique, c’est un peu lent. J’ai donc tenté la rondelle grillée à la plancha, avec ou sans marinade, avec ou sans dégorgeage au gros/petit sel, noyée ou pas sous l’huile d’olive et en vérité je vous le dis: ça persiste à rester dur, au mieux caoutchouteux. J’en suis à me dire que je vais embrasser le chichiteux et la complexité: de la confiture de figues, du chutney de mangue et de l’écrasée de noix au caramel avec un plateau de fromages et du pain au levain, ça va vous avoir une de ces allures…

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