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    Deux entrepreneuses inventent un co-fondateur masculin pour lancer leur startup

    Penelope Gazin et Kate Dwyer, deux businesswomen californiennes, viennent de révéler qu'il leur a fallu céer un co-fondateur imaginaire pour lancer leur entreprise: afin d'éviter toute discrimination sexiste, les créatrices de la plateforme «Witchsy», utilisent le pseudonyme de «Keith Mann» pour communiquer avec leurs collaborateurs masculins. 

    Publié le 
    5 Septembre 2017
     par 
    Ellen De Meester

    En juin 2015, deux amies britanniques, Kate et Penelope, décidaient de lancer «Witchsy», une startup bien prometteuse née d'une ingénieuse idée. Le concept de cette plateforme de vente numérique nous rappelle vaguement celui du joli «Etsy»: repère priviligié des artistes souhaitant vendre leurs créations, les objets vendus sont authentiquement étranges, parfois loufoques, mais toujours uniques. 

    Seule ombre au tableau: les deux entrepreneuses craignaient que leur team, composé uniquement de femmes, se heurte à quelques obstacles, ou doive encaisser d'incessants commentaires sexistes: en effet, comme elles le confient au «Telegraph», un grand nombre d'artistes masculins se permettaient notamment d'employer un «ton condescendant» avec elles. L'un d'entre eux les aurait même menacées de fermer leur site, simplement parce que Penelope Gazin aurait refusé de lui accorder un rendez-vous galant. 

    Ainsi, histoire d'éviter toute discrimination ou tentative de drague, les deux amies ont cru bon de créer un acolyte imaginaire: un homme nommé Keith Mann, inventé de toutes pièces. 

     

     

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    Un correspondant spécial hommes

    Le mensonge, pourtant très simple, fonctionnait à merveille: lorsque Kate Dwyer et Penelope Gazin devaient communiquer par mail avec un collaborateur masculin, elles utilisaient le pseudonyme de leur collègue imaginaire, histoire d'épargner leurs échanges professionnels de toute trace de sexisme

    «Quand je signais mes mails de mon propre nom, j'attendais souvent des jours avant de recevoir une réponse, explique Kate Dwyer à "Fast Company". Mais Keith recevait une réponse tout de suite - et on lui demandait même s'il lui fallait quoi que ce soit d'autre, ou s'il avait besoin d'aide.»

    Les deux femmes vont jusqu'à admettre que la présence de ce «Keith» a permis à leur startup de décoller bien plus rapidement. Leur histoire n'a d'ailleurs pas tardé à attirer l'attention de la presse anglophone, tant elle témoigne d'un véritable problème persistant: les femmes ne sont-elles toujours pas prises au sérieux dans le domaine professionnel? Visiblement pas, et il serait grand temps que cela change. 


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