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L’époque où elle jouissait d’une réputation mondiale en matière d’industrie lourde est définitivement révolue. Pourtant, Winterthour a su tirer parti de son provincialisme et de son déclin industriel. Ses loyers plutôt raisonnables, son offre culturelle, ses infrastructures familiales et son réseau de pistes cyclables attirent de plus en plus d’habitants. De même que son identité urbaine multiple, que le visiteur découvre dès son arrivée à la gare.

Car depuis la Bahnhofplatz, deux options s’ouvrent à lui. Juste en face, le charme intact d’une vieille ville vivante, piétonne et impeccablement restaurée, où il suffit de flâner pour se sentir en vacances. Ou, s’il pivote vers l’ouest, les cathédrales de brique du Sulzer Areal Stadtmitte, qui abritaient jadis le fleuron de l’industrie des machines. La reconversion de cette impressionnante forteresse de bâtiments désaffectés se fait pas à pas depuis le début des années 1990. Initiatives privées, associatives ou municipales ont réinvesti peu à peu un décor éminemment but de décoffrage, qui accueille aujourd’hui commerces, bureaux, logements, ateliers, loisirs, offre culturelle et sportive, et certaines branches de la HES.

Mais ce n’est pas le seul chantier d’urbanisme de la municipalité. En fait, Winterthour est en train de tenter depuis le début des années 2000, un pari pour le moins audacieux: se doter d’un deuxième centre-ville, à l’est, entre les gares régionales de Hegi, Grüze et Oberwinterthur, où se trouve l’autre site industriel de Sulzer, beaucoup plus récent.

Les parcelles désaffectées de ce quartier rebaptisé Neuhegi ont été dézonées et en termes de mixité et de densité, les critères d’urbanisme y sont désormais les mêmes que dans la vieille ville. Là aussi, conformément à la tradition de «ville-jardin», un parc a été aménagé. La réaffectation se fait tout doucement. Les logements nouvellement construits ont immédiatement trouvé preneur, l’Eulachpark est un succès et l’industrie en place est restée. Les autorités espèrent que le reste suivra: cafés, commerces de proximité…

Côté culture, en tout cas, les pionniers sont déjà là. La troupe Karl’s kühne Gassenschau a investi depuis 2006 les terrains vagues de Neuhegi, où elle a joué les deux premières saisons de son spectacle «Silo8» et depuis l’an dernier, c’est son nouvel opus, «Fabrikk», qui draine les foules dans cet étrange no man’s land hérissé de décors provisoires et un peu fous.

Le deux-roues reste le meilleur moyen de la découvrir cette future «ville dans la ville», car le trajet depuis le centre offre en accéléré un aperçu de l’histoire de Winterthour: l’ancienne voie romaine, puis le «Birchermüsliquartier», où les rues portent toutes des noms d’arbres fruitiers et alignent les minuscules maisons en bande, typiques des lotissements ouvriers, dont la conservation a valu le prix Wakker en 1989 à la ville.

En savoir plus sur Neuhegi http://stadtentwicklung.winterthur.ch

Office du tourisme: www.winterthur-tourismus.ch/fr/index.cfm

La femme

Si elle se remémore volontiers les gloires de son passé industriel, Winterthour a mis beaucoup de temps à honorer l’une des pionnières sociales de cette époque. Ida Sträuli (1847-1918) n’a sa rue que depuis 2003. Pourtant, les traces de son action perdurent encore, alors que les fabriques de turbines, elles, ont fermé depuis belle lurette. Cette bourgeoise a en effet posé dès la fin du XIX e siècle des jalons essentiels pour améliorer la condition sociale et économique des femmes: en permettant aux ouvrières de faire garder leurs enfants, aux employées de maison de trouver une place et un toit, et aux chômeuses de se former. Ida Sträuli a fondé en 1888 le «Frauenbund Winterthur», qu’elle a présidé de 1892 à 1916. Cette association exceptionnellement dynamique a ouvert les premières crèches de Winterthour, un bureau pour l’emploi destiné aux femmes, un foyer pour employées de maison et une école ménagère. Le Frauenbund existe toujours: il a été rebaptisé en 2001 «Familiaris Winterthur» et gère actuellement quatre crèches. Quant à l’école ménagère, c’est aujourd’hui une école professionnelle.

Carte d’identité

  • Habitants: 105’000
  • Altitude: 441 m
  • Ses surnoms: ville des musées (elle en compte 17 en tout) et ville-jardin (une vingtaine de parcs et d’innombrables jardins, dus à l’une des structures urbaines les plus lâches de Suisse).

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