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Il leur en a fallu du courage, aux premiers habitants du Locle, pour venir s’installer dans cette contrée reculée et peuplée de loups, entre forêt et marais. Loin du pouvoir mais soumis aux caprices des éléments, ces inconscients ont dû défricher les sapins et construire leurs habitations sur pilotis ce qui fait qu’aujourd’hui encore, la ville s’enfonce lentement dans la terre marécageuse. La vallée était bien des années auparavant recouverte par l’eau, et le nom du Locle viendrait du mot celte pour lac. De 200 habitants environ en 1454 (52 «feux»), la population passe à 8514 en 1850 et explose à 12 559 en 1900, âge d’or de l’horlogerie durant lequel la moitié de la production mondiale vient de la région. Depuis l’an 2000, Le Locle lutte pour rester au-dessus de la barre symbolique des 10 000 habitants qui marque la différence entre une ville et un village.

De fait, la cité neuchâteloise vit un peu coupée du monde, malgré la présence de quelques grands fabricants de montres et une inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco pour son urbanisme horloger. En débarquant au terminus du train régional (tout neuf) de Neuchâtel, vous avez une vue plongeante sur la ville en contrebas et sur l’autre flanc de la vallée d’où émerge l’imposant bâtiment Tissot. Au centre-ville, une place du Marché et ses commerces, l’Hôtel de Ville et sa fresque flamboyante, un rien prétentieux par rapport à la taille de la localité mais unique monument du genre. Pas de McDo, pas de Starbucks, pas même un H&M, à peine les grandes enseignes alimentaires, rien que des petites boutiques, brocantes et cafés. Et 28 fontaines qui glougloutent depuis toujours au détour d’un mur ou d’une placette. L’impression que le temps s’est arrêté.

La légende de Daniel Jean Richard

La cité s’est habituée à vivre en autarcie, mais ses habitants ont toujours manifesté ouverture d’esprit et soif de culture. Le Locle compte un nombre important de sociétés locales et de manifestations, dont une nuit dédiée à la musique country en juin, le festival Rock Altitude en août, la Foire du livre en septembre, les Journées du patrimoine en novembre. Inhospitalière en son temps, la ville se trouvait néanmoins sur une route marchande entre la Bourgogne et l’Evêché de Bâle. C’est d’ailleurs ainsi que le savoir-faire horloger s’est développé dans la région. La légende raconte que vers 1680, un commerçant avait laissé sa montre en réparation au maréchal-ferrant, Daniel JeanRichard, qui, intrigué, l’a démontée pour la reproduire.

Grâce à sa forge, il a ensuite créé des outils pour bidouiller ces mécanismes et ses cinq fils ont perpétué la tradition. Les Neuchâtelois n’ont donc rien inventé mais trouvé avec cette activité un moyen d’occuper les longs hivers rigoureux où la neige recouvre tout et cantonne les paysans dans leur ferme. Chacun s’est spécialisé dans un type de pièce et disposait de la matière première pour réaliser ce travail minutieux: le temps. Le maître horloger collectait ensuite toutes les pièces et les assemblait pour créer la pièce finale, bijou de précision. Aujourd’hui la plupart des modèles fabriqués au Locle ne sont pas vendus dans les bijouteries de la ville car hors de prix. Un parcours urbain permet de revivre cette époque en près de 40 étapes et presque autant d’horlogers. Il se termine au musée du Château des Monts (voir détails page suivante).

La femme: T. Combe

Née en 1856 dans une famille bourgeoise, Adèle Huguenin exerce tout d’abord le métier d’institutrice dans sa ville natale du Locle. Mais elle rêve d’écrire comme son héroïne, Jo, l’une des Quatre filles du Dr. March. Elle prend le pseudo de T. Combe car comme Jane Austen ou George Sand l’avaient expérimenté avant elle, les écrivains femmes n’étaient pas bien vues à l’époque. Sans jamais atteindre la notoriété de ses nobles consœurs, T. Combe consacra sa vie à l’écriture de nouvelles et de romans populaires souvent moralisateurs. Elle y défendit la cause des femmes et des petites gens qu’elle voulait éduquer. Son combat contre l’alcoolisme des classes ouvrières est resté célèbre puisqu’elle obtint l’interdiction de l’absinthe en 1908. Elle-même ne s’est jamais mariée mais a adopté plusieurs enfants défavorisés. Elle est morte en 1933 à l’aube de ses 77 ans.

Carte d’identité

  • Habitants: 10 049 (décembre 2010)
  • Altitude: 1047 m (il y fait frais toute l’année)
  • Chef-lieu du district du Locle, limitrophe avec la France qui se trouve à quelques kilomètres, de l’autre côté du col des Roches.
  • Appelée la Mère commune des Montagnes neuchâteloises

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