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D’habitude, quand on voyage, la gare n’est qu’un passage obligé. Celle d’Olten est plus que cela. D’abord, parce que cette ville, où la crémaillère a été inventée, est synonyme de trains et de nœud ferroviaire. Ensuite parce que ce bâtiment (son buffet, pour être précis) a joué un grand rôle dans notre histoire. C’est là que le Parti radical a été fondé, tout comme l’Union syndicale ou le Club alpin. Là aussi qu’en 1918 le comité d’Olten a décrété la première grève nationale là encore, que les écrivains du Groupe d’Olten, parmi lesquels Nicolas Bouvier et Friedrich Dürrenmatt, se réunissaient dans les années 1970. Ne cherchez pas ce lieu vibrant, il a été transformé en établissement anonyme. Heureusement, juste derrière la gare, le Flügelrad (la roue ailée), un ancien bistrot de cheminots, a, lui, gardé son âme. Récemment rénové par un groupe d’amis, dont l’écrivain Alex Capus, il vaut le détour.

Olten ne se résume pas à sa gare, même si l’arrivée du chemin de fer est à l’origine de son essor économique et d’un afflux régulier d’habitants d’autres cantons ou de l’étranger. Nichée dans la verdure, entre collines et contreforts du Jura, c’est aussi une charmante cité à dimension humaine où l’on aime profiter de la vie. Durant le carnaval notamment, la «5e saison» comme l’on dit ici.

La vieille ville se blottit en face de la gare, de l’autre côté de l’Aar, au bout d’un pont en bois de plus de 200 ans. Il a été construit par les Français pour remplacer son prédécesseur, brûlé par les Bernois pour freiner leur invasion. Un cadeau fait aux Oltenois, fervents partisans de la Révolution, qui arboraient la cocarde bleu-blanc-rouge dès 1789!

Des gens et des valeurs

C’est un plaisir de déambuler dans ce petit dédale –piétonnier –de rues pavées, de places où glougloutent des fontaines et de maisons datant souvent du Moyen Age. Poussez la porte de ses boutiques, comme celle de la librairie proche du restaurant Rathskeller. Christian ou Roswita aiment y raconter leur ville «chaleureuse» et «multiculturelle». Ils vous confirmeront que Toulouse, le chat dont le romancier Alex Capus a fait un personnage, existe: «Il est passé ce matin.» On a raté le félin qui a refusé de quitter la vieille ville quand ses propriétaire sont déménagé; on se contentera de son effigie sur carte postale!

A quelques pas de là s’élève un cloître capucin du XVIIe dont on peut visiter le jardin. Les moines ouvrent chaque jour leur porte aux cabossés de la vie pour une soupe gratuite, non loin d’un monument discret – à Olten, on n’aime pas frimer – dédié aux hommes célèbres du lieu. Parmi eux, le conseiller fédéral Munzinger, père du franc suisse. Et si cela vous donne envie de marcher sur l’or, direction le Musée des papiers-valeurs, une collection unique au monde d’actions et d’obligations. Parce qu’il propose une exposition sur les femmes et la finance, et parce que, sous les pavés de la rue voisine, se cache une chambre forte où s’entassent les réserves d’or de la plupart des banques suisses. On ne visite pas… Mais la ville, elle, vous attend!

L’icône: Metzina Wächter

En l’an de grâce 1383, Olten fut assiégé par Berne. Ses troupes s’étaient installées au pied des murailles de la ville, sur les bords de la Dünnern, un affluent de l’Aar (là où on trouve aujourd’hui la piscine de la ville et le centre culturel de la Schützenmatte). Selon la légende, les habitants appelèrent à leur secours Metzina Wächter, une femme douée de pouvoirs surnaturels. Elle déclencha un orage d’apocalypse qui fit déborder la rivière et fuir les assaillants. Olten était sauvé. Les historiens, eux, pensent que ce sont les agresseurs, vexés d’avoir dû lever le siège à cause d’une inondation, qui accusèrent la guérisseuse Metzina Wächter de leur échec. Arrêtée dans un village bernois voisin, elle fut torturée, jugée et condamnée à mort. Elle n’en réchappa que grâce à l’intervention des épouses des autorités de l’époque. Peut-être des patientes reconnaissantes… Metzina Wächter dut néanmoins s’engager par écrit à ne jamais remettre les pieds en terre bernoise. On peut encore voir aujourd’hui une partie de l’ancien chemin de ronde où s’élevait la Tour de la Sorcière, d’où elle aurait jeté le mauvais sort sur les ennemis d’Olten.

Carte d’identité

  • Habitants: 17 000. Ville la plus peuplée du canton de Soleure.
  • Altitude: 396 mètres.
  • Nœud ferroviaire: 1200 trains (passagers et marchandises) par jour.
  • Deuxième gare du pays après Zurich.

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