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Rêver, repérer, planifier

Réseaux sociaux, applis, sites spécialisés. Surfant sur un web fourmillant d’informations, on ne vogue plus au hasard. Et la connexion devient notre fil d’Ariane.

Que du beau temps Elire l’une des quatre saisons pour mener son Odyssée, un doux parfum d’Antiquité! Aujourd’hui, les Ulysse version geek planifient tout au jour près grâce à des sites web comme Capaustral ou Quandpartir. Jonglant avec données pluviométriques, températures moyennes ou heures d’ensoleillement, le voyageur moderne frôle le doctorat de climatologie à chaque préparation d’excursion. Avec deux démarches au choix: trouver la meilleure fenêtre pour partir vers une destination donnée; ou entrer une période de vacances et piocher le pays dont le ciel affiche des conditions superlatives à ce moment précis.

On veut (presque) tous du wi-fi Si, à l’instar des people en mode immersion de Rendez-vous en terre inconnue, certains aventuriers chérissent les contrées hors réseau internet, pour 80% des touristes, la présence d’une connexion gratuite est LE critère crucial dans la quête de leur point de chute.

Adieu les guides, bonjour les applis Les bibles de 1500 pages restent à quai, on emmène désormais les vade-mecum du baroudeur dans leur livrée pour smartphone, parfois deux fois moins chères que les e-books. Lonely Planet offre actuellement plus de 150 applis destinations accessibles offline. Le Routard une vingtaine. Autres best-sellers? MetrO répertorie les stations de transports publics de 400 villes, et permet de construire son itinéraire. Travel Organizer, tel un plan de vol, rassemble toutes les informations nécessaires aux voyages en une seule base de données. TravelEmergency, quant à elle, recense les téléphones d’urgence autour du globe et envoie même un SMS pour alerter les proches en cas de pépin de santé.

Ces images qui inspirent Cela fait belle lurette qu’on a cessé de compter les plates-formes sociales dédiées aux voyageurs. Libertrip, Tripayo, Tripl, Wanderfly, Gogobot… c’est l’overdose. Mais les grands classiques demeurent les plus efficaces pour inspirer des idées d’évasion, en particulier les spécialistes de l’image comme Instagram et Pinterest. Fin 2013, ce dernier multipliait les annonces: 750 millions de «pins» liés aux voyages, des partenariats futurs avec Lonely Planet ou BBC Travel, et le lancement de «place pins», fonction permettant aux utilisateurs de géolocaliser les images. Le magazine Condé Nast Traveler s’en sert pour désigner les 100 meilleurs hôtels de la planète.

95% des voyageurs s’adressant à une agence pour planifier leur périple ont préalablement consulté internet: sites web spécialisés, forums, mais également réseaux sociaux.

Comparer, réserver

Une fois que le budget est là, s’envoler pour les antipodes devient aussi enfantin qu’envoyer un SMS. Et se loger, aussi sympa qu’appeler ses meilleurs amis.

Un clic, un lit Même retranchés au fin fond de la jungle amazonienne, les hôteliers ne peuvent plus ignorer internet. Plus des trois-quarts des chambres sont bookées via un site web et le phénomène s’emballe à une allure exponentielle, à voir la santé indécente des plates-formes de réservation. Alternative à ces supermarchés de l’accueil? Le «concierge Twitter»: un réceptionniste numérique, œuvrant sur la page de l’établissement, à disposition du client pour un dialogue privé.

Ma chambre contre la tienne On échange des mails, des photos, alors pourquoi pas des lits ou des canapés? Pionniers de la «share economy» dans le secteur du tourisme, les start-up CouchSurfing (créé en 2004), puis Airbnb (2008), ont amené une autre manière de loger loin de chez soi. Ultime innovation en date du petit dernier, CosmopolitHome: le troc de nuitées. Chaque hôte hébergé donne droit à un accueil chez un autre membre du réseau. Ideal pour se faire de nouveaux amis du bout du monde.

Des ailes via le mobile Notre smartphone sera bientôt la voie la plus simple pour nous envoyer en l’air. A en croire les projections de la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA), 89% des billets d’avion seront vendus depuis une application mobile en 2015. 90% des enregistrements pourraient aussi se réaliser sur natel. Acheter, mais également suivre son vol sur écran tactile. De plus en plus de passagers consultent ainsi des «flight tracker» pour obtenir les horaires de départ et d’arrivée. Au moins une dizaine d’applis, dont FlightAware et AirportZoom, remplissent déjà cette mission.

44% des internautes réservent leur hébergement en fonction des avis laissés par les autres voyageurs. Grâce au web participatif, tricher sur la marchandise est devenu risqué.

Vivre, filmer, poster

Exit, le trip incognito. En 2014, les nomades voyagent online et font des vagues dans toute la webosphère. Et après avoir été inspirés, ils inspirent à leur tour.

Du virtuel qui rend plus vrai Selon une étude d’un média du net, Socialtimes, le voyageur connecté, actif sur les réseaux sociaux, serait plus enclin à créer des contacts avec les locaux que le touriste traditionnel. Pour une même somme, il aurait également accès à davantage de services et à des lieux de séjours plus conviviaux. Qui a encore envie de lâcher son smartphone?

L’album boule de neige On connaissait les soirées diapos et l’épidémie de bâillements qui en découlait. Ou encore ces lourds albums de photos de voyage qu’on transbahutait chez les amis. Aujourd’hui, vive les plates-formes d’images Picasa et Flickr, consultables à tout moment. Et les retombées peuvent être plus impressionnantes qu’on l’imagine. Certains endroits exceptionnels apparaissant dans des albums photos collaboratifs mis en ligne par des tour-opérateurs ont vite aiguisé l’appétit des globe-trotters. Jusqu’à faire l’objet de reportages sur des chaînes de télé!

Les sentiers de la gloire Darwin avait ses carnets pour coucher réflexions et esquisses. De nos jours, le voyageur a son smartphone en guise de journal de bord. Avec parfois, à la clé, une notoriété éclair. En postant des clichés de sa copine marchant devant lui dans des décors de rêve, le Russe Murad Osmann a fédéré plus de 620 000 followers sur son compte Instagram. Histoire similaire pour Kyla et Jullian: une banale virée en camping-car improvisée dans l’Ouest américain qui a tenu des dizaines de milliers d’internautes en haleine.

Jamais sans mon profil Bronzer, oui, mais devant un écran. Comme le révèle un récent sondage commandé par Kuoni, près des trois-quarts des Suisses qui voyagent le font avec leur smartphone à portée de main. Pour appeler leurs proches plusieurs fois par semaine (42% des sondés). Ou pour surfer tous les jours sur les réseaux sociaux (presque un tiers d’entre eux). Aussi édifiant que les conclusions tirées d’une étude de Semply Social en 2012: auteure d’une infographie sur l’e-tourisme, l’entreprise observait alors que les voyageurs passaient en moyenne plus d’une heure par jour sur leur smartphone!

Les 10 villes les plus partagées sur Instagram en 2013

  1. New York
  2. Bangkok
  3. Los Angeles
  4. Londres
  5. Sao Paulo
  6. Moscou
  7. Rio de Janeiro
  8. San Diego
  9. Las Vegas
  10. San Francisco

173 000 C’est la quantité de blogs de voyages qui se créent chaque jour sur la toile, soit deux par seconde. Si omniprésents qu’ils influenceraient 59% des internautes dans le choix de leur destination. Astronomique, non?

Booker sur internet, les pièges à éviter

Un écran, un clic, une carte bancaire, tout paraît très simple. Mais les facilités de l’achat d’un voyage sur le web masquent certains écueils. Nos conseils pour éviter de perdre argent, temps et bonne humeur.

Les transports

Varier les connexions Légende urbaine pour certains, réelle manipulation du consommateur pour d’autres, ce qu’on appelle l’IP Tracking serait pratiqué par certains sites de commerce en ligne. Le principe? Repérer l’adresse de connexion des internautes indécis, et faire grimper artificiellement le tarif du billet qu’ils convoitent à chacune de leur visite sur le site. En attendant que la vérité se fasse sur le sujet, on pourra toujours évacuer les risques en utilisant deux lieux de connexions internet distinctes: une pour trouver le billet, une seconde pour l’acquérir.

Ne pas se précipiter  Certes, il n’y a pas d’heures d’ouverture sur internet, mais l’horaire influe sur le montant des frais prélevés lors de l’achat d’un billet. Ceux-ci peuvent varier de 0 à 15 francs selon le moment de la journée. L’idéal pour le porte-monnaie? Réserver entre 2 h et 8 h du matin. Quoi d’autre? Attention aux fautes de frappe lors des différentes étapes de réservation d’un billet d’avion, car les données communiquées doivent être identiques à celles qui figurent sur le passeport. Des voyageurs ont parfois été interdits d’embarquer en raison d’un nom mal orthographié!

Eviter les assurances en doublon Le site vous propose de contracter une assurance-accidents de voyage et assistance? Voilà qui est attentionné, mais souvent inutile, car les possesseurs de cartes de crédit sont automatiquement couverts pour de tels risques, à condition de régler au moins 80% du trajet avec ce moyen de paiement.

L’hébergement

Décrypter les commentaires A l’ère 2.0, plus grand monde n’ose réserver un hôtel sans jeter un œil aux commentaires laissés par les clients sur le web. Mais dans ce domaine, les faux avis (négatifs ou positifs) pullulent. Préférer ainsi les sites ne permettant qu’aux clients ayant séjourné dans l’établissement de laisser une évaluation, tels Booking ou Expedia. Mais TripAdvisor, souvent critiqué parce qu’il offre à tout internaute la possibilité d’écrire sur n’importe quel hôtel, est en train de changer sa politique et mène de plus en plus de vérifications. Enfin, plutôt que de prendre à la lettre chaque commentaire, soyez surtout attentifs aux remarques soulignant un problème récurrent. Cela permettra de trier parmi les appréciations trop subjectives.

Se méfier des offres alléchantes Dans son livre Heads in Beds, l’ancien réceptionniste Jacob Tomsky révélait qu’en raison des frais d’entretien, une chambre d’hôtel digne de ce nom coûte environ 27 francs aux Etats-Unis. Si le tarif est inférieur, c’est que certains services de base (nettoyage, qualité de la literie…) sont passés à la trappe. Plutôt bon à savoir avant de se lancer.

Mener sa propre enquête Le site de l’hôtel prome t une vue à couper le souffle sur la plage. Et si on vérifiait? Un petit tour sur Google Maps et hop, on s’aperçoit qu’il existe en réalité un grand immeuble décrépi entre l’établissement et le rivage. La vérification de l’emplacement, voire de l’orientation n’est donc pas du temps gaspillé. Dernier point: si la plate-forme de réservation vous met la pression en vous signifiant qu’il ne reste que quelques chambres, pas de panique: ces sites ne peuvent réserver qu’un certain pourcentage des lits de chaque hôtel. En cas de doute, passez directement un coup de fil ou envoyez un mail à l’établissement pour être sûr des disponibilités sur le moyen terme.

«On a perdu un certain Mystère»

Rafael Matos-Wasem, Géographe et professeur à la Haute école de Gestion et Tourisme du Valais

FEMINA  En quoi le web a-t-il changé notre façon de voyager?
RAFAEL MATOS-WASEM  L’accès plus rapide à l’information a notamment généré une segmentation du marché du tourisme, avec l’apparition de nouvelles niches, comme celle du circuit sur mesure. D’autre part, le boom des comparateurs de prix facilite la maîtrise du budget au sein d’une offre pléthorique.

Une flexibilité inédite, des tarifs en baisse… Internet aurait-il démocratisé davantage les voyages?
Bien sûr, il y a participé. Un étudiant m’a récemment confié qu’il avait pris l’avion trente fois l’année dernière! Mais ce constat reste à nuancer, car il ne concerne en réalité que certains pays riches. 95% des gens sur cette planète ne peuvent toujours pas se permettre de voyager.

La plupart des touristes demeurent actifs sur le web. Cette connexion permanente ne menace-t-elle pas la notion d’évasion?
Les voyageurs d’aujourd’hui sont en plein paradoxe: ils établissent une distance physique, mais la distance psychique reste nulle. Ils emmènent avec eux leurs soucis familiaux ou professionnels, ce qui entretient un flou croissant entre les différentes sphères. Et puis avec Google Earth ou Flickr, qui permettent de découvrir virtuellement la destination avant de partir, on a perdu un certain mystère. Les vieux guides de voyages ne disaient pas tout!

Quelle est la prochaine grande étape du e-tourisme?
Des entreprises travaillent actuellement sur des technologies sollicitant d’autres sens que la vue. Bientôt, on pourra non seulement voir des images de sa future destination, mais également en sentir l’atmosphère, les parfums, et en toucher les matières comme le sable d’une plage. La question sera alors: pourquoi partir?

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