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Des vacances hors du commun

Certains ne jurent que par le ressac des vagues pour se détendre. D’autres se ressourcent dans l’air vivifiant de la montagne. Et quelques-uns préfèrent de loin une virée dans une grande métropole pour oublier, le temps d’une session shopping endiablée, leur quotidien. Les vacances idéales n’existent pas, chacun les vit différemment. Mais de nouvelles façons d’envisager le tourisme sont en train de faire leur apparition. Encore confidentielles, parfois en plein boom, elles nous interpellent et racontent par l’autre bout de la lorgnette notre société actuelle, entre stress numérique et besoin presque compulsif d’être utile.

Le postulat de départ est simple: les Suisses aiment faire leurs valises. Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS), chacun d’entre nous est parti en moyenne trois fois en voyage au cours de l’année 2013. Dans la plupart des cas: objectif total repos. «Rester au bord de la mer avec sa famille à ne rien faire est aussi une expérience. Elle n’est pas moins légitime que d’aller faire du trekking dans l’Atlas, précise d’emblée Saskia Cousin, anthropologue et auteure de «Sociologie du tourisme» (Ed. La Découverte). Paradoxalement, dans notre société où la mobilité et l’activité intense sont survalorisées, cela pourrait même être considéré comme potentiellement subversif.»

Une frange de ces intrépides voyageurs que nous sommes a toutefois besoin d’autre chose. Les traditionnelles plages et le farniente ne nous suffisent plus: nous voulons «vivre une expérience». Les experts dans le domaine l’ont bien compris et commencent à s’adapter à la demande naissante. Passage en revue de cinq tendances qui pourraient bien nous donner envie de renoncer au camping à Saint-Raphaël cet été.

Tourisme spatial

Et si, demain, votre hôtesse de l’air avait les mêmes oreilles pointues que Monsieur Spock? Source de fantasmes, l’espace de «Star Trek» sera bientôt une destination comme les autres. La réalité n’a pas encore dépassé la fiction, mais presque. Désormais, les plus fortunés d’entre nous peuvent déjà acheter leur billet (250 000 dollars tout de même, pour environ 3 heures de vol et quelques minutes d’apesanteur) auprès de Virgin Galactic pour une virée pas comme les autres au départ du Nouveau-Mexique. Le crash, en octobre dernier, de SpaceShip Two ne semble pas avoir refroidi les velléités. «La Suisse est le quatrième pays au monde en nombre de réservations, ce qui est assez impressionnant vu sa taille», note Guido Graf, directeur de Deluxetargets, l’unique revendeur en Suisse des précieux billets. Et avec un peu de chance, votre voisine de siège sera Paris Hilton, Lady Gaga ou Angelina Jolie, qui ont toutes déjà réservé leur place.

Prévu initialement à la fin de l’année, le premier décollage a toutefois été retardé, pour les besoins de l’enquête.

Le wi-fi, non merci

Nous sommes (presque) tous nomophobiques. Imaginer vivre une petite heure sans notre portable nous donne des sueurs froides. Nous le consultons en moyenne 110 fois par jour et la moitié d’entre nous dormiraient avec son précieux doudou sur la table de nuit.

Pour répondre au besoin des ultraconnectés au bord de la névrose que nous sommes, un nouveau business est en train de se développer: la détox digitale. Voilà peu, nous aurions refusé de mettre les pieds dans une maison d’hôte sans wi-fi; aujourd’hui, certains recherchent activement des endroits sans la moindre couverture réseau. Le site «digital detoxholidays.com» propose ainsi différents types de formules. La plus extrême, séjour dans le désert namibien ou la steppe mongole, promet un voyage sans coups de fil ni Facebook. Certains hôtels proposent même un rabais si on laisse ses appareils à la réception. «De plus en plus, nous sommes quasi connectés en tout temps et en tout lieu. Parfois, en cas de dépendance voire d’addiction, il faut sevrer la personne concernée, analyse Rafael Matos-Wasem, professeur de tourisme culturel et durable à la HES-SO Valais. On constate déjà la réaction d’une frange de la population, y compris chez les plus jeunes (avec une baisse des inscrits sur Facebook), mais il s’agit encore d’une minorité.» Autre solution, très tendance et moins contraignante: faire une pause de réseaux sociaux durant l’été, en avertissant par avance son entourage. Et si cela ne suffit pas, réserver son billet pour Oulan-Bator.

A la chasse aux dragons

Daenerys, Tyrion, Jon Snow. Si ces noms vous font pousser des hurlements, vous faites partie de ces millions de passionnés de «Game of Thrones», série la plus téléchargée de l’histoire de l’humanité. En Irlande, où de nombreuses scènes ont été tournées, tout le secteur touristique est en train de retrouver le sourire: Ballycastle, Ballymoney ou le sinistre Dark Hedges voient débarquer des cars de fans du monde entier. «Jusqu’à peu, personne ne venait ici. Maintenant, nous avons des centaines de visiteurs tous les jours», se réjouit le guide David MacAnirn dans le «New York Times». Partir sur les traces de sa série préférée (rappelez-vous Sex and the City ) rejoint les façons de voyager d’autrefois. «Pensez aux Anglais qui venaient en Suisse au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles sur les traces des personnages de «La nouvelle Héloïse» de Rousseau. Plus récemment, on visite les lieux de tournage d’un film, comme la Nouvelle-Zélande avec «Le seigneur des anneaux», évoque Rafael Matos-Wasem. L’envers de la médaille? «Le pèlerinage touristique est aujourd’hui au cœur même de la conception des films, et les destinations n’hésitent pas à financer un long-métrage ou une série qui peut faire venir des visiteurs», relève Saskia Cousin. Dernièrement, c’est le Mexique qui a réussi à intervenir sur le script du prochain «James Bond» pour «glamouriser» son image.

Vendanges et orangs-outans

Prendre ses quatre (ou cinq) semaines de vacances pour… travailler!? L’idée paraît saugrenue, et pourtant. Un néologisme a même fait son apparition: le volontourisme. Partir à Bornéo pour s’occuper de bébés orangs-outans orphelins, s’envoler dans le Montana et travailler comme cow-boy dans un ranch ou effectuer une mission humanitaire au Burkina Faso, les catalogues des agences commencent à offrir de telles alternatives. «Nous avons remarqué ce trend des «voyages utiles», assure Julian Chan, porte-parole chez Kuoni. La plupart des gens ne partent pas vraiment pour travailler, mais plutôt pour vivre une expérience, en lien avec un projet écologique ou social.»

Chez Deluxetargets, on s’est spécialisé dans ce type de demandes. «Vous voulez vivre la vie d’un dabbawalla à Bombay (ndlr: ces livreurs de repas qui sillonnent la ville sans jamais se tromper de destinataire, dit-on)? Pas de problème. Après une journée passée à les suivre, on ressort épuisé et émerveillé. Se plonger dans une culture, se rapprocher le plus possible de la «vraie vie» des gens et de leurs traditions est vraiment un trend très puissant», observe Guido Graf.

Cap sur l’inconnu

Vous êtes du genre à organiser vos séjours à l’étranger des mois à l’avance et dans les moindres détails? Cette dernière tendance pourrait vous faire froid dans le dos. Car l’une des émissions préférées des Français, «Rendez-vous en terre inconnue», a donné des idées aux voyagistes un brin audacieux. Pionnier dans le domaine: les Québécois de Traditours, avec leurs bien nommés voyages mystères. Quelques agences françaises leur ont emboîté le pas. Imaginez: vous indiquez si vous préférez le chaud ou le froid… et ils s’occupent du reste. De tout le reste. Votre seule tâche: faire votre valise et vous présenter le jour J à l’aéroport, sans savoir où l’avion vous emportera. Peut-être les îles Galápagos, ou la Birmanie. Ou ailleurs, qui sait. Le prochain départ est agendé au 10 novembre 2015. Cap ou pas cap?

vol commercial pour l'espace
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Attachez vos ceintures! Prochaine destination: l’espace. Les premiers vols habités commerciaux, c’est pour tout bientôt. La réservation de vos places est ouverte.

© Mark Greenberg/Virgin Galactic/Getty Images
orang-outan et son petit dans un arbre
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Profiter de ses (rares) semaines de vacances pour… travailler? Toujours plus de voyageurs cèdent aux sirènes du volontourisme. Comment résister à cette maman orang-outan, à Bornéo, qui réclame pour son petit soins, nourriture et protection?

© Getty Images
ruines d'Inch Abbey en Irlande
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Les ruines d’Inch Abbey, en Irlande du Nord, ont servi de décor à certaines scènes de «Game of Thrones». Autrefois abandonné aux corbeaux, l’endroit voit désormais débarquer les cars de fans, en plein serial pèlerinage.

© DR

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