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Mais si le journal est le reflet de la vie des Vaudois depuis le 29 juin 1762, quelle place a-t-il fait aux femmes depuis sa création? Réponses complexes à une question simple…

Alors, la première femme à 24 heures, c’était la femme du patron ou la femme de ménage? A cette question impertinente, Thierry Meyer, rédacteur en chef du quotidien basé à Lausanne depuis septembre 2006, répond en riant: «Je n’en sais rien! Mais certainement pas la femme du patron.» En fait, les premières femmes présentes dans le titre y faisaient sûrement de la publicité. Parce que le journal qui sort pour la première fois de presse le 29 juin 1762 est avant tout destiné à des annonces commerciales. «Durant 110 ans, ce journal ne contient pas d’informations, relève Thierry Meyer. C’est un relais d’annonces à caractère commercial. On y lit que telle personne vend un meuble, que telle autre cherche une nourrice, etc. Il devient un média d’informations par petites doses. Et ce n’est qu’en 1872, qu’il devient un vrai quotidien d’informations.»

Reflet de l’époque, le journal évolue en même temps que son canton. Ainsi, s’il perd son appellation purement locale (La Feuille d’Avis de Lausanne perd son nom en 1972), c’est parce qu’il devient un média d’ampleur fédérale avec pour titre 24 heures. «Il a dû s’affranchir du nom «Lausanne» parce qu’il avait changé de statut, poursuit Thierry Meyer. Il était devenu le grand journal des Vaudois. Et ce n’était pas un artifice commercial, c’était bien la perception qu’en avait la population. A une époque plus proche encore, il s’est fait national. Mais ce n’est pas vraiment le journal qui désirait élargir ses horizons. C’est le canton de Vaud qui a développé des prétentions nationales dans les années 1970. Alors, il domine la Suisse romande et a du poids à Berne. Depuis cet apogée, les crises successives ont modifié la donne. Au point, qu’à un moment, être Vaudois, c’était être plouc. Le journal n’était pas plouc, mais il racontait la grande crise de confiance de sa région. Il s’est reconstruit dans les années 2000, comme le canton, sans pour autant retrouver son statut d’alors.»

Une journaliste en 1959

Fédérateur et miroir de sa société, le journal s’est également fait l’écho de l’évolution des femmes dans cette dernière. «On y retrouve le combat des femmes pour le droit de vote, confirme le rédacteur en chef. Il a même reflété le caractère avant-gardiste du canton qui a été le premier à donner le droit de vote aux femmes au niveau cantonal. Et cela quinze ans avant la Confédération.» La première signature féminine est ainsi arrivée tardivement dans l’histoire bicentenaire du titre. Madeline Chevallaz débarque à la rédaction en 1959 précisément. «Myriam Meuwly, chroniqueuse judiciaire, s’y est formée, poursuit Thierry Meyer. Nicole Métral y a également joué un grand rôle. Sa rubrique, Elle ( une demi-page quotidienne), était assez novatrice à son époque.»

Depuis, les grandes plumes romandes y sont passées avec plus ou moins de succès. Reste qu’aucune femme n’a encore présidé à la destinée du titre: «Je me suis aussi posé cette question, relève Thierry Meyer, 47 ans. Je ne suis pas sur le départ, mais je serais enchanté qu’une rédactrice en chef me succède lorsque le moment sera venu. Surtout, je crois que la question de genre n’est plus un problème. On ne se dit plus: «Une femme à la tête de 24 heures… Impensable!» Cette question-là est dépassée. C’est plus une question d’opportunité que de sexe. Je suis très sensible à la promotion des femmes au sein du journal. Aujourd’hui, elles sont un bon tiers à la rédaction. Et je mène une politique active de promotion des femmes à des postes de cadres. Et ce, avec beaucoup de difficultés. Ce n’est pas facile de convaincre des femmes de prendre des responsabilités. Pour autant, les problèmes féminins ne sont plus des enjeux! Ce que je veux dire, c’est que nous n’écrivons plus d’articles en nous disant que c’est un problème purement féminin et qu’il faut le reléguer dans un ghetto. L’idée d’une page rien que pour les femmes paraît impensable aujourd’hui. Aujourd’hui, on parle de thèmes. Qu’ils soient féminins ou masculins ne joue aucun rôle. En ce sens, aussi, le journal joue toujours son rôle de reflet de la société.»

La fête copieuse en 7 points

1) Chaque jour, une page de 24 heures revient sur sa riche histoire.

2) De mai à septembre, balades historiques dans le canton.

3) Le 29 juin, parution d’un supplément pour les 250 ans.

4) D’avril à juin, élection de la personnalité vaudoise de ce quart de millénaire.

5) D’avril à mai, chasse au trésor numérique.

6) En septembre, 24 heures sera l’invité d’honneur du Comptoir Suisse au Palais de Beaulieu, à Lausanne. Un grand spectacle gratuit sera le clou du programme: Le Mur du son réunit 300 choristes et une quinzaine de musiciens pour un show son et lumière magique.

7) En octobre, événement scientifique et médical pour se plonger dans les 250 prochaines années.

Infos sur www.24heures.ch

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