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Elle a le mollet un peu gras et le visage d’une fille lambda. Sur le Net, son rôle dans la série Girls provoque chaque semaine des nuées de commentaires négatifs, sur l’air de «comment une fille aussi moche que Lena Dunham peut-elle être la star d’une série télévisée?» Les critiques, féroces, sont parfois teintées d’envie: non contente d’être l’héroïne de la nouvelle série diffusée par HBO depuis avril dernier, la miss en est la créatrice et la scénariste... La chaîne câblée s’est taillé une solide réputation dans le paysage audiovisuel américain pour la qualité de ses productions originales, parmi lesquelles, notamment, Sur Ecoute (The Wire), Six Feet Under, Les Sopranos et, bien sûr, Sex and the City.

Petits jobs pas glamour

Sex and the City aurait pu d’ailleurs être le titre de Girls! La série, produite par Judd Apatow, producteur à succès de comédies sans finesse comme En cloque, mode d’emploi et Bridesmaids, met en scène quatre New-Yorkaises. Agées de 20 ans et des poussières, elles naviguent entre rêves de gloire et relations sentimentales plus ou moins foireuses. Mais nous sommes loin du glamour étudié de Carrie & Co. Ici, pas de talons vertigineux ou de cocktails dans les bars branchés. Brooklyn a remplacé Manhattan, et ces filles-là, qui font leur entrée dans le monde du travail, doivent gérer des salaires de misère et des patrons à la main trop leste.

L’épisode pilote commence dans un restaurant où les parents de Hannah (Lena Dunham) lui annoncent qu’il est temps pour elle de se prendre en main et qu’ils lui coupent les vivres. De quoi paniquer la demoiselle, qui espère devenir écrivaine et consigne tout ce qui arrive à elle et ses copines dans son journal intime. «Vous ne pouvez pas me faire ça! Je suis la voix de ma génération! Enfin, peut-être, la voix… une voix… d’une génération», proteste-t-elle.

New York de pacotille

Outre-Atlantique, certains ont pointé du doigt la vacuité de l’histoire. Un blog d’étudiantes a ainsi dénoncé «la série la plus décevante de ces dernières années». «Les femmes de 25 ans, dans ce pays, dans cette économie, pâtissent de leur manque de représentativité dans l’industrie du divertissement. (…) Et voilà qu’on nous propose Girls, qu’il faudrait probablement renommer «Personnes blanches privilégiées, sans cervelle et sans manières qui se trouvent intéressantes mais ne peuvent s’empêcher de jacasser dans un New York de pacotille dont tout conflit a disparu».

Ces filles-là ne seraient que des «hipsters», comprendre des jeunes urbains qui suivent des tendances plus ou moins alternatives et se pensent très à la mode. Le quartier de Williamsburg, à Brooklyn, séparé de Manhattan par l’East River, en est emblématique. S’il est encore habité par de nombreuses communautés, comme les Juifs orthodoxes ou les Latinos, il a été transformé ces dernières années par toute une faune branchée, graphistes, designers ou artistes en devenir, souvent aidés financièrement par leurs parents; on les appelle les «hedge fund kids».

Hannah, donc, doit trouver un job. En attendant, elle se complaît dans une relation tordue avec Adam, grande gigue aux oreilles de Dumbo qui ne l’accueille chez lui que pour tenter de la prendre en levrette. Elle vit en colocation avec sa copine Marnie, superbe brune trop fière pour accepter que son copain, avec lequel elle s’ennuie ferme, la quitte. Les cousines Jessa, une blonde qui ne fait rien comme personne et séduit tout ce qui bouge, et Shoshanna, brunette à côté de la plaque qui a honte de sa virginité, complètent le quatuor.

Aux accusations de superficialité et d’égocentrisme sont venues se greffer celles de népotisme et d’irréalisme. New-Yorkaise pur jus, Lena Dunham, 25 ans, a grandi dans un milieu privilégié: sa mère est photographe et designer, son père peintre. Ses co-actrices ont des parents célèbres ou travaillant dans la télévision. Ainsi, Zosia Mamet, qui incarne Shoshanna, également aperçue dans Mad Men, est la fille du célèbre dramaturge David Mamet. L’absence de Noirs, dans une Amérique en crise où ceux-ci restent sous-représentés, a également fait jaser. Heureusement, comme nous, d’autres adorent. Le New York Magazine a salué une série «révolutionnaire» par sa manière de dépeindre une frange – certes privilégiée – de la jeunesse postmoderne. Certaines scènes sont croquignolesques; dans l’épisode Vagina Panic (sic),Hannah, terrifiée à l’idée d’avoir attrapé une MST, finit par se prendre à rêver, devant sa gynéco outrée, d’avoir le sida pour que ses parents prennent de nouveau soin d’elle. Les répliques font souvent mouche.

Vraie vie

Face aux critiques, Lena Dunhama, elle, plaidé pour l’honnêteté de sa création, dans des interviews où elle évoque sans vergogne aucune sa propre vie, une source d’inspiration essentielle de Girls. «Chaque personnage est basé, au moins en partie, sur une part de moi-même. Je m’en suis rendu compte plus tard. Je ne peux que répondre que j’ai écrit de la manière la plus réaliste possible.» Elle a également admis être retournée vivre dans le cocon familial, mais que l’aide de ses parents s’arrêtait là. Entre deux épisodes, elle a trouvé le temps de tourner dans la suite de En cloque... et, maturité et succès obligent, vient de s’offrir son propre appartement dans le très chic quartier de Brooklyn Heights. Lena Dunham est assurément une voix à suivre.

La série «Girls», est diffusée aux Etats-Unis par HBO. La RTS n’a pour l’heure pas l’intention de la programmer.

Le site officiel de «Girls»

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