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Cent ans après le naufrage, 5500 objets du Titanic aux enchères

Ces objets sont présentés en un seul lot, en raison d'une décision de justice qui empêche leur dispersion et exige également qu'ils restent disponibles pour le public. Il s'agit de "préserver l'Histoire" pour les futures générations, a expliqué jeudi Arlen Ettinger, président de la maison d'enchères Guernsey's, en annonçant les détails de cette vente qu'il a qualifiée d'"historique".

Argenterie, bijoux, vaisselle, vêtements, morceau de la coque pesant 17 tonnes, un chérubin qui décorait le grand escalier ou encore un mégaphone peut-être utilisé lors de l'évacuation du navire: l'intégralité des objets retrouvés à 600 km au sud de l'île de Terre-Neuve (Canada) lors de sept expéditions de récupération menées depuis 1987 par RMS Titanic seront mis aux enchères.

La collection avait été estimée à 189 millions de dollars en 2007, avec certains droits associés. Aucune autre estimation n'a été donnée jeudi.

Protéger et exposer

"Nous espérons confier l'ensemble, soit à une institution, soit à un philantrope" a expliqué Brian Waigner, un porte-parole de Premier Exhibitions, qui organisait jusqu'à présent les expositions de ces objets à travers le monde.

"L'idée est de protéger les objets pour qu'ils restent accessibles au public", renchérit Paul-Henry Nargeolet, responsable de la recherche sous-marine de l'entreprise. Des objets qu'il connaît bien, pour avoir fait partie de la première opération de récupération en 1987 par 3800 mètres de fond.

"Nous étions trois dans le sous-marin, et pendant dix minutes, nous n'avons pas pu dire un mot" après avoir découvert l'épave. "C'est la partie la plus belle du bateau, on voit les chaînes, les ancres, les treuils qui sont brillants, astiqués par les courants...c'est très facile d'imaginer des gens vivant sur le bateau."

Encore des milliers

25 ans après, Paul-Henry Nargeolet n'a rien oublié de cette plongée, en dépit du froid et d'un "environnement très hostile, dangereux". Tout ce qui a été récupéré l'a été dans le "champ de débris", à l'extérieur de l'épave, séparée en deux morceaux gisant à environ 600 mètres de distance.

"On a choisi en fonction de ce qu'on voyait, puis petit à petit, on s'est dit qu'il fallait remonter des objets provenant du bateau, mais aussi de la vaisselle, des objets appartenant aux passagers de 1ère, 2e ou 3e classe. Certains étaient plus ou moins faciles à récupérer". Selon lui, il reste encore des milliers de pièces dans le fond de l'océan. Toutes racontent l'histoire de cette luxueuse ville flottante qu'était le Titanic, à l'époque, plus grand paquebot jamais construit.

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