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Mode: Jacquemus, Marine Serre, Glenn Martens, Sander Lak... 4 créateurs à suivre

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«Je m’appelle Simon, j’aime le bleu et le blanc, les rayures, le soleil, les fruits, les ronds, la vie, la poésie, Marseille et les années 80.» Les collections du créateur Jacquemus sont aussi directes que solaires, selon sa propre présentation sur son site, sans fioritures, toujours en référence au sud de la France et, bien sûr, à sa mère défunte qui portait Jacquemus comme nom de jeune fille.

© Getty

Marine Serre

Qui est-ce? Âgée de 26 ans seulement, cette créatrice française est la sensation du moment. Après des études en mode à Marseille, puis à la célèbre école de La Cambre, à Bruxelles, elle gagne le prix LVMH des jeunes créateurs en 2017. Grâce à ce tremplin, elle est notamment repérée par Demna Gvasalia, qui la recrute pour son studio créatif chez Balenciaga. Dans la foulée elle lance sa propre marque éponyme.

Ses créations? Des silhouettes hybrides et déstructurées qui explorent les vêtements, autant utilitaires que sportifs.

«L’upcycling est un procédé que j’ai toujours utilisé. Adolescente, je possédais déjà une garde-robe énorme de vêtements customisés à partir de fripes. Lors de mon premier défilé à Paris, en février 2018, j’ai utilisé de vieux stocks de beaux foulards en soie que j’ai triés, lavés, et reconstruits en robes. J’ai aussi récupéré des ballons de gymnastique, que j’ai coupés en deux pour en faire des sacs.» expliquait-elle à Madame Figaro.

Pourquoi la suivre? Tournée vers le futur, elle est consciente qu’il faut remettre en question la façon de produire et de consommer la mode en s’engageant. «Être designer aujourd’hui, c’est savoir créer et produire autrement. Pourquoi aller acheter du tissu en Chine ou en Italie, inventer des imprimés qu’il faudra changer l’année d’après, alors qu’il existe tant de tissus à réutiliser? Je trouve effarant que les grandes maisons n’aient pas déjà fait un pas vers ce type de production, alors qu’on passe son temps à se plaindre du gaspillage.»

Glenn Martens

Qui est-ce? Après des études en architecture d’intérieur, ce Belge de 34 ans, se tourne vers l’univers de la mode. Diplômé de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, il commence sa carrière professionnelle chez Jean Paul Gaultier, puis lance sa marque, qui durera quelques saisons. Toutefois, c’est son arrivée chez Y/Project, mené alors par Yohan Serfati, en tant que premier assistant, qui sera déterminante pour sa carrière. Suite au décès de Yohan, en 2013, il en reprend la direction artistique. En 2017 Y/Project remporte le prestigieux prix ANDAM, qui permet le développement du label.

Ses créations? Une fusion de pièces sportswears et unisexes qui font écho à l’héritage conceptuel des créateurs belges. Le mélange des genres, qui s’est au départ imposé par pure praticité – à cause manque d’effectifs pour réaliser des collections femme et homme –, fait désormais partie de l’ADN de la marque. Aujourd’hui, «il est assez commun pour notre génération d’aller piquer dans le vestiaire de son copain ou de sa copine», expliquait Glenn Martens au magazine Numéro.

Pourquoi le suivre? Ses collections défient toute classification et contribuent à la révolution streetwear qui laissera une empreinte durable sur les codes actuels. «L’éclectisme est de mise. Nous pouvons tout autant être portés par un fan de Rick Owens que par mon grand-père de 90 ans ou par mon père, qui est juge.»

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Sander Lak

Qui est-ce? Derrière le nom de la marque Sies Marjan, se cache Sander Lak, un Néerlandais de 34 ans. «Sies est le prénom de mon père et Marjan, celui de ma mère. Je refusais que la marque porte mon nom, car je n'avais – et je n'ai toujours pas – envie de me mettre en avant», affirmait le créateur au magazine Marie Claire. Diplômé de la Central Saint Martins, à Londres, en 2008, il fait ses armes chez Balmain, Phillip Lim et Dries Van Noten avant de se lancer en solo, en 2016.

Ses créations? Ses modèles sont fluides, sensuels et tournés vers un travail de drapés. La matière, mise en valeur par les coupes, est le point fort de ses créations.

«J’ai souhaité installer un atelier de prototypes à demeure pour créer à partir du tissu, sur un buste de couturière ou à la machine, et non à partir d’un dessin. C’est aussi une manière de rappeler que tout vêtement est fabriqué par des personnes. Je ne suis pas certain que ce soit évident à notre époque», confiait-il à Madame Figaro.

Pourquoi le suivre? Grâce à son expérience, tirée des nombreuses maisons pour lesquelles il a travaillé, il a su mûrir stylistiquement avant d’ouvrir sa maison. «Cinq collections, c’est beaucoup et rien à la fois. On nous imagine bien plus importants que nous ne sommes. Je veille à rester les pieds sur terre, connecté à la réalité du marché et de l’entreprise… Il n’y a pas «un» modèle de réussite. Chaque cas est différent. L’important est d’être consistant, de ne pas se tromper sur sa propre identité et de savoir où l’on veut aller.» Ce qui fait donc de ses créations des valeurs sûres qui dureront sans aucun doute dans le temps.

Simon Porte Jacquemus

Qui est-ce? Ce jeune homme de 28 ans vit une sorte de conte de fées moderne. Originaire de Provence, il tente sa chance à Paris à l’âge de 19 ans et commence une formation en mode à l’ESMOD... qu’il ne terminera pas. Le décès de sa mère le pousse à foncer et à créer sa marque, Jacquemus, en 2009. Jacquemus est le nom de jeune fille de sa mère. En 2015, il gagne le prix LVMH, ce qui lui vaut la reconnaissance du milieu. Fin 2017, le bilan est plutôt positif: 200 points de vente dans le monde et plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Ses créations? «Je m’appelle Simon, j’aime le bleu et le blanc, les rayures, le soleil, les fruits, les ronds, la vie, la poésie, Marseille et les années 80.» Les collections du créateur sont aussi directes que solaires, selon sa propre présentation sur son site, sans fioritures, toujours en référence au sud de la France et, bien sûr, à sa mère. «D'une manière ou d'une autre, infime ou majeure – comme la collection Bomba, hommage au souvenir d'une femme très belle –, chaque collection parle forcément d'elle. Et, quand la référence est moins directe, que voulez-vous? Il y a son nom sur les étiquettes! Mais ce n'est pas non plus une obsession pour la faire vivre. On ne regarde pas les albums photo avec mon équipe en se disant qu'on va lui dessiner des robes», assurait-il au magazine Elle.

Pourquoi le suivre? Il casse les clichés malsains autour de la mode et du créateur déchu et cela fait du bien. De plus, il crée des vêtements au style abordable, ce qui en fait tout le charme et donne envie de les porter.

«Il a amené le sourire dans la mode, ce qui n'est jamais très bien vu. A Paris, il est de bon ton de critiquer quelqu'un qui émerge. Un rejet anti bonnes énergies», expliquait, dans Elle, Loïc Prigent.

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