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Mary Quant, créatrice qui a bousculé la mode dans le «Swinging London»

Femina Mary Quant

16 novembre 1966: Mary Quant montre sa médaille de l'Ordre de l'Empire britannique qu'elle a reçue de la part de la reine Elizabeth II pour sa contribution à la mode.

© AFP Photo/Central Press/Files

Même si elle confesse une certaine nostalgie pour «l'effervescence et l'innovation» du Londres des années 1960, la créatrice à la célèbre coupe au bol juge qu'il est «merveilleux d'être une femme à l'heure actuelle». «Les femmes profitent plus que jamais de leur vie», fait valoir celle qui a révolutionné la mode féminine en popularisant la mini-jupe, les collants de couleur et le maquillage.

«Une nouvelle espèce de superwomen est apparue», s'exclame-t-elle par ailleurs, admiratrice, dans sa dernière autobiographie parue en 2012: «Elles évoluent comme des athlètes et s'assoient comme des hommes, avec les genoux écartés. Leurs enfants prennent le nom de leur mère (...) Elles ont le contrôle». Elle-même est veuve, a un fils, Orlando, trois petits-enfants et vit dans le Surrey (sud-ouest de Londres), ne faisant que de rares apparitions publiques. Elle a vendu en 2000 à des Japonais sa société de cosmétiques, dont le logo en fleur est restée sa marque de fabrique.

Ses débuts dans le monde de la mode, Mary Quant les fait avec celui qui allait devenir son mari, Alexander Plunket Greene. Son attention est d'abord attirée par le style vestimentaire excentrique du jeune étudiant rencontré sur les bancs de la fac d'art de Goldsmiths à Londres.

En 1955, le couple lance avec un ami la première boutique, Bazaar, dans le quartier de Chelsea alors en pleine ébullition. Le magasin de vêtements et accessoires, ainsi que le restaurant ouvert en sous-sol, deviennent le point de ralliement des jeunes et des artistes. Et attire des célébrités comme Brigitte Bardot, Audrey Hepburn, les Beatles et les Rolling Stones.

Une mode jeune et ludique

Mary Quant crée des robes et des jupes courtes, lignes simples et couleurs vives, qu'elle s'amuse à mettre en scène en composant des vitrines volontiers extravagantes. «Les messieurs en chapeau melon frappaient sur notre vitrine avec leurs parapluies en criant: immoral! et dégoûtant! à la vue de nos mini-jupes sur les collants, mais les clients affluaient pour acheter», écrit-elle dans son autobiographie.

King's Road, où était installée la boutique, devient un lieu de défilé pour les filles en mini-jupes dans une atmosphère de fête permanente caractéristique de ce «Swinging London» dont Carnaby Street est un autre point névralgique.

Forte de son succès, la styliste ouvre un deuxième magasin londonien, collabore avec la chaîne américaine de grands magasins JC Penney, lance une ligne accessible au plus grand nombre, The Ginger Group. Adepte des formes géométriques, des pois, des contrastes de couleurs et des jeux de matières, comme le PVC, Mary Quant promeut une mode dépoussiérée, ludique et sans snobisme.

«Il se trouve que mes vêtements collaient exactement avec la mode adolescente, avec la pop, les bars à expressos et les clubs de jazz», commente-t-elle dans «Quant by Quant», sa première autobiographie.

«Elle s'est trouvée au bon endroit au bon moment», constate Jenny Lister, commissaire chargée de la mode au Victoria and Albert Museum, établissement qui possède une centaine de pièces - vêtements, maquillage, sous-vêtements, patrons - de la styliste. La personnalité et le style si reconnaissable de Mary Quant, avec sa fameuse frange brune sculptée par Vidal Sassoon, ont contribué à faire d'elle «la créatrice de mode la plus célèbre de ce pays», juge cette spécialiste.

«Elle avait un comportement intrépide et pouvait faire les gros titres, en parlant de façon provocante de sexualité et de sa vie privée, ce qui allait peut-être de pair avec ses vêtements considérés comme assez scandaleux à l'époque», explique encore Jenny Lister. Ses héritiers sont désormais à chercher du côté des marques jeunes et grand public, comme Topshop, selon elle.

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