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Originaire de Lisbonne mais basé à Paris, Felipe Oliveira Baptista est devenu le directeur artistique dont tout le monde parle, en une collection et seulement un an après le départ de son prédécesseur, Christophe Lemaire . Sa première collection printemps-été 2012, dévoilée le 10 septembre à New York, a su redynamiser l’ADN sportswear de la mar que aux 1200 points de vente. Alors que sa propre griffe venait de défiler à la Fashion Week parisienne, le créateur nous a reçus, le 5 octobre dernier, dans son studio. Assis sur un fauteuil design rappelant les briques du jeu Tetris, en jean et pull raffinés, il a décrypté pour nous ses 35 looks (dont un tiers seulement sont masculins). On aime déjà ses coupes androgynes, sa sensualité photogénique à la Richard Avedon et ses lignes architecturales. Entrevue.

Femina La gamme masculine représentait jusqu’à maintenant 75% du chiffre d’affaires de Lacoste. Votre première collection met clairement en avant la femme. Comment décririez-vous votre travail de charmeur de «crocodELLE»?
Felipe Oliveira Baptista J’ai voulu développer une garde-robe plus complète et plus mode pour la femme, qu’elle ne soit pas destinée uniquement au week-end et au sport mais qu’on puisse la porter tous les jours. Le résultat est un dressing moderne et épuré qui reste fidèle au patrimoine Lacoste.

L’inspiration principale de la marque est toujours le sportswear?
Oui bien sûr, la collection est toujours sportswear mais plus urbaine. Les coupes et les matières sont plus casual. C’est une mode simple au regard, qui fonctionne aussi pour aller travailler.

Qui sont la femme et l’homme Lacoste de 2012?
Ils sont un peu un puzzle de femmes et hommes. Ils ont quelque chose du chic français parisien mais n’ont pas d’âge… Aujourd’hui, une femme de 50 ans peut inspirer une femme de 20 et inversement.

Votre regard se porte beaucoup sur le design et l’architecture. Aviez-vous d’autres influences sur cette collection?
Je n’avais pas en tête des références précises. Il y a un imprimé sur certains polos qui fait Art déco, mais c’est un clin d’œil. L’imprimé cache le L de Lacoste. J’ai cherché un marquage du logo différent. L’idée est qu’une femme en total look Lacoste n’ait pas à porter cinq crocos brodés…

Certains vêtements, très graphiques, ressemblent à des cubes emboîtés, un peu comme une installation artistique…
Effectivement, cela fait écho aux installations de l’artiste Donald Judd. En fait, > > ces robes polos sont inspirées des polos de rugby. J’ai joué sur la construct ion avec des découpes et ajouté des couleurs pour le côté ludique.

Vous avez grandi sous le soleil de l’Atlantique, le sens des couleurs est un point fort chez vous…
J’ai aimé mixer la base classique de couleurs aux couleurs vives: rouge coquelicot, bleu Klein… Comme pour réveiller les looks de façon très naturelle.

En parlant de naturel, l’anglicisme «effortless» décrit parfaitement votre collection. Etes-vous d’accord?
Oui! Cette élégance sans effort très française m’a été inspirée par mon goût pour les codes du masculin/féminin et par des photos de René Lacoste et de sa famille dans les années 1920 et 1930. Ils évoluaient dans le milieu du sport, mais étaient toujours très chics. Les looks sont à la fois boyish et sexy.

On ressent aussi une forte identité américaine…
Oui, et c’est logique. Les Etats-Unis restent le premier marché pour Lacoste. Donc cela a du sens de présenter cette collection à la Fashion Week de New York.

Vendu à 12 millions d’exemplaires par an et à 78 printemps, le polo est incontestablement LA pièce iconique Lacoste?
Le polo est chez Lacoste ce que le trench est à Burberry. Il y a peu de marques qui ont créé une pièce universelle, c’est une grande chance. Inventé par René Lacoste en 1927, le «L.1212», le modèle classique en jersey piqué, a 50 couleurs par saison. Faire sa gamme de coloris est un exercice en soi! Mon rôle est de revisiter cette pièce mythique sans jamais perdre son ADN.

Vous avez réinterprété avec style le sac de Catherine Lacoste, quelle est son origine?
C’était le sac de golf de la fille de René Lacoste, qu’elle portait lors de sa victoire à l’US Open en 1967. Il m’a tout de suite inspiré un sac urbain haut de gamme, le «Cathy Bag».

Le positionnement de Lacoste a-t-il changé avec votre arrivée?
Notre volonté est de viser le marché du luxe abordable, comme Isabel Marant. Face à la «fast fashion», l’idée est de proposer de nouvelles matières et de nouvelles finitions tout en restant accessible.

Avez-vous des égéries qui incarneront la saison printemps-été 2012?
Il y aura deux campagnes publicitaires. Les tops Joan Small, Monika ‘Jac’ Jagaciak et Aymeline Valade incarneront les différentes facettes de la femme Lacoste. Pour l’homme, une personnalité représentera la marque mais je n’ai pas encore le droit de vous annoncer le nom de notre égérie… Ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas un sportif!

Une question nous mord les lèvres. Jouez-vous au tennis?
Ah! En fait non. Plus jeune, je jouais au golf… Et sinon, je fais du sport en salle et je me déplace à vélo. Je sais, tout cela reste très urbain…

Aimez-vous vivre à Paris?
J’y vis depuis douze ans. Ma femme est Française, mes deux enfants ont la double nationalité. J’ai aussi vécu à Londres et en Italie. Tous ces endroits sont comme des maisons pour moi!

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