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Perfecto, Converses et jeans troués, c’est leur tenue favorite pour se sentir bien dans leurs baskets. Qui? Les jeunes filles? Non, toutes les femmes! Ados, mères ou grands-mères, trentenaires, quinqua et plus. Car le temps est désormais révolu où l’âge dictait la tenue, et où la tenue trahissait l’âge. En quelques décennies tout a changé. Fêter ses 40 ans ne signifie plus entrer dans un tailleur sévère destiné à nous faire disparaître de la surface de la planète mode. Au contraire! Vieillir rime à présent avec trouver enfin un style à son image, qui nous rend belle.

Les exemples de ce mouvement d’affranchissement des codes sont multiples. Parmi les plus impactants, des personnalités publiques dont le style contribue en grande partie au succès. Du haut de leur 55 ans et de leur longue carrière, Sharon Stone et Madonna restent immuablement à la page voir donnent le ton. En amont et à leurs côtés, certains créateurs de mode ont su miser sur les femmes matures, les faisant défiler sur les podiums ou figurer à la une de campagnes publicitaires. Instigateur principal de cette tendance, Jean Paul Gaultier a depuis ses débuts mis à l’honneur des femmes célèbres et d’âge mûr telles Amanda Lear, Valérie Lemercier ou Arielle Dombasle, leur réservant même une place de choix, celle du dernier passage traditionnellement destinée à la robe de mariée. Tout un symbole! Portées par les faiseurs de tendances, ces femmes ont ainsi contribué à donner une image resplendissante aux plus de 25 ans. Et affranchie! La marque américaine American Apparel, a non seulement choisi de placer au coeur de sa communication une ravissante senior repérée dans la rue, Jacky, mais aussi de lui faire porter la ligne Advanced Basics, très près du corps. Enfin, à l’instar de la mode, l’univers de la cosmétique a lui aussi développé des lignes de produits dédiées à cette génération soucieuse de son apparence et, qui plus est, en constante progression.

La mode a toujours accompagné ou devancé les changements sociaux. Il faut remonter à Mai 68 et à l’apparition de la vague hippie pour comprendre l’origine de ce bouleversement. Un vent de liberté souffle alors sur les garde-robes classiques et formatées. Jusque-là, en effet, les femmes suivaient un parcours social linéaire passant de la jeune fille à l’épouse puis de la mère à la grand-mère. A chaque phase de la vie correspondait des tenues appropriées. Ces différentes étapes perdant peu à peu leur rigidité sous l’effet de la libération de la femme, les codes vestimentaires se sont désenclavés. «On ne devient plus dame pour toujours, décrypte Gianni Haver, professeur de sociologie de l’image à l’Université de Lausanne, c’est un va-et-vient: on redevient jeune fille parce que le couple n’est plus assuré pour l’éternité.» En cas de séparation, la femme retourne au statut de célibataire et entreprend une nouvelle démarche de séduction. Un comportement inimaginable et marginale il y a encore 50 ans.

L’influence rock et nippone

L’assouplissement du dress code est par la suite encouragé par d’autres influences, raconte Valentine Ebner, chargée de cours en design mode à la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD) de Genève: «Dans les années 1980, avec l’arrivée des créateurs anversois, surgit l’esthétique rock dans l’univers de la mode féminine, l’égérie d’Ann Demeulemeester étant d’ailleurs Patti Smith, chanteuse américaine emblématique du mouvement punk des années 70. A la même période, les créateurs venus du Japon bousculent à leur tour les codes et l’image de la couture française en faisant flirter les vestiaires masculin et féminin. Dès lors, les certitudes concernant ce qui était chic ou pas se sont écroulées.»

Le jeunisme et ses vagues

Mais qui dit séduction dit apparence et culte du corps. «Le jeunisme est devenu très présent et valorisé, et le corps est un vrai capital de vie. Cette tendance est facilitée par une série de démarches qui vont des compléments alimentaires au fitness, en passant par la chirurgie esthétique», explique le sociologue Gianni Haver. La palette de soins dont la femme de 50 ans dispose est très différente de celle qui lui était accessible dans les années 1960. Sans oublier que de nos jours, les quinquagénaires sont en meilleure forme et que l’espérance de vie a pris l’ascenseur. Les femmes sont bien plus actives aux plans professionnel et social, ainsi que dans le secteur des loisirs. Aussi, rien d’étonnant à ce que le marché de la mode ne fonde plus ses études clientèle sur les critères de l’âge. «Quand on travaille sur des profils types, on sait que des consommateurs de différentes générations peuvent avoir des traits communs extrêmement forts», souligne Alexandra Jubé. Un phénomène que l’on a pu observer avec l’arrivée récente sur le marché de marques milieu de gamme telles que Maje, Sandro ou Zadig et Voltaire. Leurs prix modérés rendent leur offre accessible aux jeunes, ce qui accentue son effet multi-âges. Autre confirmation de cette indifférenciation générationnelle: l’émergence de pièces incontournables. «Le blouson en cuir stylé est devenu un must, note Valentine Ebner de la HEAD, quasi tout le monde en a un dans sa garde-robe et on le trouve dans la plupart des enseignes de prêt-à-porter, même au rayon enfants.»

Shopping entre mère et fille

Mère et fille peuvent donc désormais faire du shopping ensemble dans les mêmes boutiques. «Ma fille de 14 ans me pique des vêtements dans ma garde-robe. Je n’en aurais jamais pris dans celle de ma mère», raconte Catherine, 46 ans. Une des premières marques de prêt-à-porter à s’engouffrer dans cette tendance a été la maison française Comptoir des Cotonniers. Sur ses affiches, en 2009, on voyait une mère et sa fille portant des vêtements issus de la même collection. «On a pu observer un phénomène de mimétisme entre les deux générations, confirme Alexandra Jubé, trend forecaster, du bureau de tendances Nelly Rodi à Paris. Elles peuvent avoir un vestiaire en commun mais choisir de s’approprier différemment ou de la même manière plusieurs pièces.» L’idée n’est en effet pas que les quinquagénaires s’habillent comme des adolescentes de 17 ans. «Elles veulent rester elles-mêmes et montrer qu’elles sont restées jeunes et dynamiques dans leur tête», constate, au quotidien, Myriam Hoffmann conseillère en image et fondatrice du cabinet Première Impression à Genève. «Mais elles ne veulent pas pour autant tomber dans le cliché de la dame qui a peur de vieillir.» La clé consiste à sélectionner des vêtements que les jeunes portent mais en tenant compte de leur physique. «Bien entendu, une femme de 40 ans ne va pas prendre les mêmes codes de référence qu’une adolescente, explique Gianni Haver. S’habiller jeune, c’est s’habiller jeune à la mode d’une quadragénaire.»

Car malgré l’évolution des mentalités, des tabous demeurent. Et les règles restent finalement les mêmes que l’on soit une jeune fille ou une sexagénaire: est-ce que mon corps me permet de porter tel vêtement? «Je dis aux femmes d’affirmer leurs envies, réplique Myriam Hoffmann, sans tomber dans des looks trop osés. De miser sur les couleurs et les accessoires. Il vaut mieux attirer l’attention sur ces détails que sur les rides ou les défauts.» On tolère mal ce qui paraît déplacé ou vulgaire dans une situation donnée . Cela n’a rien à voir avec l’âge.

«Il fallait que je m’habille selon mon âge, mais sans faire mon âge»

Jennifer Hantson, 55 ans, assistante de recherche scientifique

FEMINA Il y a quelques mois, vous avez éprouvé le besoin de repenser complètement votre garde-robe. Pour quelles raisons?
JH  Je travaillais avec des gens plus jeunes que moi, et un jour que je portais un T-shirt où il était inscrit «Have a happy day», je me suis dit, d’un coup, que ça n’allait plus. Je me trouvais ridicule d’être habillée comme ça. Il fallait que je m‘adapte à mon âge, mais sans faire mon âge. C’est-à-dire que je trouve un look qui me fasse paraître jeune sans que cela ait l’air déplacé. Je n’avais pas envie de tomber dans la tenue classique: chemise et blazer.

Est-ce si important d’avoir un look dans l’air du temps?
C’est pour être bien dans ma peau! D’ailleurs j’ai acheté une nouvelle armoire et un miroir, et tous les matins, je prends le temps de choisir ce que je vais porter. Cela me fait plaisir. Avant je m’habillais en fonction de la météo, l’objectif était donc pratique… Ma fonction ne me demandait pas d’efforts particuliers puisque je travaillais dans un laboratoire de recherche et que je portais une blouse. Aujourd’hui, je fais partie d’une association et je fréquente plus de monde. La vie sociale influence aussi l’habillement.

Quelles sont vos astuces pour vous habiller au quotidien?
Maintenant je sais ce qui me va, ce qui correspond à ma morphologie, et j’ose davantage. Je privilégie les couleurs qui me mettent en valeur. Au-delà d’un certain âge, le noir a tendance à durcir les traits. Quelquefois, je m’autorise des pièces plus classiques comme un trench-coat. J’accorde beaucoup d’importance aux accessoires et aux bijoux, ils permettent de focaliser l’attention sur mon visage. Je dirais que c’est au moment d’effectuer son achat qu’il faut être attentive et choisir uniquement ce que l’on est certaine de porter.

Que portez-vous aujourd’hui que votre mère n’aurait jamais porté au même âge?

  • «Le T-shirt et la parka, d’ailleurs j’ai la même que ma petite-fille.» Loyse, 59 ans.
  • «Les pulls à messages.» Catherine, 46 ans.
  • «Tout! Ma mère s’habillait toujours de façon pratique, pull et pantalon. Parfois elle mettait une robe mais pour aller à l’église.» Jennifer, 55 ans.
  • «Les leggings, les maxi-sacs à main et tous les vêtements avec des paillettes ou métallisés.» Joëlle, 55 ans.
  • «Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, j’échangeais beaucoup de vêtements avec ma mère. Je continue à porter des shorts ou des mini-jupes, ma mère plus.» Alexandra, 53 ans.
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