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Il faut entendre John Molloy, directeur général de L’Oréal Luxe Suisse, en parler pour mesurer l’importance de ces «porte-parole» de la beauté. Réticent au terme de «vendeuses» qu’il juge trop réducteur, surtout trop généraliste, il évoque un métier en constante évolution, indispensable à la bonne marche des affaires. «Le grand public ne mesure pas l’importance de cette profession où il s’agit autant de se mettre dans la peau de la cliente que de la fidéliser par l’expertise des conseils», explique-t-il, lui, le chef d’entreprise qui confesse pousser les futurs chefs de marketing à passer du temps auprès des conseillères de beauté pour bien connaître le marché. «Je vois la différence ensuite lorsqu’ils présentent les nouveautés devant l’équipe commerciale. Le fait d’avoir vendu, d’avoir approché la clientèle, leur donne une grande confiance et connaissance.»

Preuve en est la directrice générale de Lancôme en Chine, troisième pays en importance dans le monde, qui a commencé comme conseillère de beauté. John Molloy souligne combien les femmes aiment fréquenter des points de vente où on les reconnaît, où elles n’ont plus, à chaque fois, à détailler leurs besoins et attentes. Où, comme chez le coiffeur, elles peuvent se confier. Formées à Genève et Zurich dans une Académie L’Oréal spéciale, les expertes en ressortent «passeport de formation» en mains, riches d’un savoir qui complète l’expérience du terrain. «Il ne s’agit pas d’actionner un tiroir-caisse mais de servir. De donner les bons conseils. De satisfaire la femme qui vous offre sa confiance», note encore le chef d’entreprise.

Directrice générale de Clarins Suisse, Elizabeth Metzger lui donne raison, elle qui, deux fois par an, convie ses expertes à se former au visagisme, au maquillage, au soin en fonction, notamment, des nouveautés. «Ce sont nos meilleures ambassa drices. Elles influent sur le chiffre d’affaires et surtout sont les meilleures représentantes de la philosophie maison.» Il n’est donc pas question de faire du jeunisme. La diversité se révèle une richesse. Face à des femmes de tous âges, il est important que les conseillères le soient aussi. Comment répondre avec acuité à l’évolution de la peau si on ne la vit pas soi-même? Témoignages de trois d’entre elles présentées, par leur hiérarchie, comme des irremplaçables.

Annie Donche, 27 ans chez Yves Saint Laurent

Le choix de toucher au rêve

Ses premiers pas dans la beauté, Annie les fait au Grand Passage, dès 1981. Pour se familiariser avec le domaine, elle débute comme vendeuse multimarques mais quand, quatre ans plus tard, le directeur des parfums et de la beauté Yves Saint Laurent lui propose de prendre la responsabilité de son stand, elle n’hésite pas une seconde. Pour l’inconditionnelle du couturier, c’est même le rêve absolu. Tout dans cette griffe la fascine. De la couture aux parfums, du maquillage aux «uniformes» qui, deux fois l’an, changent, en fonction des couleurs ou des lignes, dont le fameux smoking spécialement adapté à la journée. Surtout elle se sent investie d’une mission: transmettre à ses clientes l’élégance, le charme, tout ce qui définit YSL. «J’ai un mari formidable qui m’a toujours poussée à m’épanouir dans mon métier. J’ai donc pu m’y vouer.» Et la récompense est là: elle fidélise sa clientèle à un tel point que nombre d’entre elles viennent de loin pour se faire conseiller, choisir un parfum. Des clientes, dont certaines sont devenues des copines, qu’elle connaît parfaitement. «Quand un nouveau rouge arrive j’imagine, immédiatement, pour qui il sera. Et je l’appelle.» Si elle se souvient d’un ensemble fuschia et vert pétant dévolu à son équipe pour la sortie du parfum In Love Again, elle se rappelle surtout de la sortie très mouvementée, en 1993, du parfum Champagne qui, en quelques mois, sera le plus vendu en Europe. Inspiré d’un bouchon, attaqué par le Comité interprofessionnel du vin de Champagne qui va obtenir le retrait du nom, il survit toujours sous le nom d’Yvresse. Fidèle à Rive Gauche, son parfum fétiche, la responsable a su fédérer autour d’elle une équipe très soudée. Sa formation d’éducatrice pour les enfants inadaptés n’y est pas étrangère. «Elle me sert pour être à l’écoute», confie cette passionnée qui se réjouit déjà de pouvoir proposer, dès le début de 2012, une toute nouvelle ligne de soins qu’elle juge «exceptionnelle».

Pour la voir: stand Yves Saint Laurent, Globus Genève, rue du Rhône.

Brigitte Zen-Ruffinen, 18 ans chez Clarins

L’attrait de la variation

Elle est ce qu’on appelle une «itinérante». Comprenez par là que Brigitte, qui fuit la routine, apprécie d’officier en Suisse romande, chaque semaine ou presque, dans un nouveau point de vente de la marque. Après des débuts chez Yves Rocher, des responsabilités au rayon parfums de Manor Lausanne, elle entame son parcours chez Clarins en 1993. Avec, immédiatement, le souhait de n’être pas dévolue à un lieu précis. Cette marque, dont elle apprécie l’expertise, l’innovation et le rapport qualité-prix, elle la connaît sur le bout des doigts. Une semaine de formation chaque trimestre, des rencontres régulières avec le make up artist maison, mais aussi nombre d’échanges avec ses supérieurs ont fait d’elle une référence. «Le caractère familial, précise-t-elle, se ressent de la direction au personnel. L’esprit y est toujours très positif. Ouvert. Et on y reste longtemps.» Pour preuve, elle n’a pas hésité à décliner la proposition d’une autre marque qui tentait de la convaincre en augmentant sensiblement son salaire. Remplacer une collègue absente, s’occuper des journées «promos» qui permettent aux clientes de se faire masser, de découvrir des nouveautés, de repartir avec des cadeaux, former de jeunes vendeuses… le boulot est varié. Du Valais au canton de Genève, Brigitte fait aussi découvrir la marque aux hommes, de plus en plus nombreux à s’aventurer dans les parfumeries et grands magasins. Des hommes dont Brigitte souligne, en riant, que lorsqu’ils sont conquis, ils finissent par repartir avec toute la gamme. Différentes des Lausannoises, plus hésitantes, moins stressées surtout, les Genevoises lui paraissent très déterminées, sûres de leur choix. En Valais, elles sont encore différentes. Mais dans tous les cas toutes ces rencontres l’enchantent et lui donnent une énergie très particulière. On la ressent en croisant son chemin.

Pour la voir: Brigitte arpente la Suisse romande, de point de vente en point de vente. Cette semaine, vous la rencontrerez au magasin Manor de Genève Cornavin.

Maryse Culet, 13 ans chez Shiseido

La passion de transmettre

Ce que Maryse met en avant lorsqu’elle évoque Shiseido: sa culture d’entreprise, la qualité de ses produits, l’ambition de sa technologie. Toute une philosophie mais aussi une vraie sécurité qui lui permet de conseiller ses clientes sans jamais prendre de risque. Lyonnaise d’origine, Maryse a débuté, en France, aux Galeries Lafayette. Désireuse de se rapprocher de son père qui vit alors en Suisse, elle passe la frontière et se retrouve… à l’aéroport dans une parfumerie multimarques. Mais Shiseido l’enchante et c’est avec un grand bonheur qu’elle prend, bien plus tard, la responsabilité du stand chez Globus. A une année de la retraite, elle s’attarde sur les liens qui se sont tissés, au fil du temps, avec des femmes qui partagent son engouement pour la maison nippone. «Il m’arrive de comparer les soins Shiseido à une canne. Un soutien qui renforce la peau sans jamais risquer de l’irriter, dans des textures délicates et très agréables.» Des soins qu’elle utilise, bien sûr, au quotidien. Tout comme elle se parfume exclusivement Serge Lutens, le célèbre parfumeur propriété du groupe Shiseido. Variant, selon l’humeur et la saison, entre Datura Noir, Ambre Sultan ou Féminité du Bois, Maryse est, elle aussi, un concentré de sensibilité. Aux femmes qui lui font confiance, elle dispense informations, conseils pratiques et ajoute, en riant, qu’à l’image d’un coiffeur, elle se doit aussi d’être une oreille attentive aux confidences. Si elle refuse le terme de vendeuse c’est surtout parce qu’il sous-entend une obligation de remplir le tiroir-caisse. «J’ai toujours oublié le porte-monnaie. Du reste, on ne trompe pas les femmes. Elles sentent rapidement quand il n’y a que le chiffre d’affaires qui compte.»

Pour la voir: stand Shiseido, Globus Genève, rue du Rhône.

Pénélope Henriod
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