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Madonna, Cameron Diaz, Lady Gaga, Kate Moss, Gwyneth Paltrow: une poignée de stars défend le port du poil, sous les bras comme dans la culotte. Si la barbe de trois jours (voire trois mois pour les hipsters) s’est installée sur le visage des hommes depuis un moment déjà, certaines femmes revendiquent le droit de laisser leur pilosité naturelle s’épanouir. Alors, bouleversement des critères de beauté ou simple provocation?

Monica Lovin, esthéticienne à Lausanne, se montre très claire: «J’ai deux cents clientes et aucune ne pense arrêter de s’épiler. Ça ne va pas changer, les gens ne suivent pas tellement ce genre de tendances de célébrités. Les épilations brésilienne et intégrale sont trop rentrées dans les mœurs.» C’est le cas surtout chez les jeunes femmes, comme le révèle La Presse: «Des chercheurs de l'Université de l'Indiana se sont penchés en 2010 sur la relation des Américaines avec leurs poils pubiens. Ils ont découvert que 59% des femmes de 18 à 24 ans les épilent ou les rasent complètement, en tout temps ou à l'occasion, tandis que 29% s'épilent partiellement. Seulement 12% des jeunes femmes laissent leur buisson pubien en friche. L'épilation intégrale est beaucoup moins populaire chez les femmes plus âgées: elle est pratiquée par 45% des 25-29 ans, 32% des 30-39 ans, 23% des 40-49 et seulement 11% des 50 ans et plus, révèle l'étude.»

Provocation au poil

Et il est vrai que les peoples qui exhibent leur toison n’ont plus vingt ans. Et pour certaines d’entre elles, la laisser pousser semble rimer avec provocation. Madonna publiait le 21 mars 2014, sur son compte Instagram, une photo d’elle velue sous les bras. Son commentaire? «Les longs poils… Je m’en fous! #artpourlaliberté #cœurRebelle #révolutiondelamour.» Lady Gaga, habituée des excentricités, fait encore mieux en décembre 2013 en posant moustachue et le pubis non épilé sur la couverture du magazine transgenre américain Candy.

Même les marques s’y mettent, puisque la griffe American Apparel, pour promouvoir une petite culotte transparente, a collé des touffes sur les mannequins en vitrines de ses magasins new-yorkais. Là aussi, la provoc’ est de mise puisque, selon le Huffington Post, «American Apparel a une histoire de l’utilisation des poils pubiens dans son imagerie, potentiellement comme valeur choc.»

Le poil, ce cache-sexe

Par contre, si nous prenons le cas de Cameron Diaz, il s’agit de défendre le sexe duveteux pour sa beauté. Dans son livre, The Body Book, paru en décembre 2013, la belle regrette que certaines femmes s’épilent intégralement et définitivement au laser. L’actrice, interviewée par le magazine Elle, affirme que «les poils pubiens servent aussi de petits rideaux qui rendent votre sexe un peu mystérieux à quiconque vous convoite. Cela garde votre bien privé, cela incite votre amoureux à venir de plus près ce que vous avez à offrir. (…) Dans vingt ans, vous voudrez le montrer à quelqu’un de spécial et ce serait agréable qu’il ou elle l’ouvre comme un cadeau». Pour elle, «l’idée que les vagins sont mieux sans poils est un phénomène récent, mais les modes changent.»

Pas si sûr quand on écoute Caroline Brérat, esthéticienne à Apples (VD): «Ne plus s’épiler est une tendance très citadine. Je travail dans le rural, dans un petit village, et je pense que c’est une mode qui va vite passer. C’est un peu de la provocation, à mon avis.»

Je suis poilue donc je suis

Retour à la provoc’. N’y-a-t-il donc que ça derrière cette levée de poils? Pas si sûr. Il se pourrait que le féminisme veuille revendiquer la toison comme un droit à une époque où être imberbe représente la norme. Une norme instituée, notamment, par le marché du porno, dans lequel pubis lisses côtoient tickets de métro. Sur le site du magazine Elle, le 17 janvier 2014, la journaliste Alix Girod de L’Ain lance un appel: «Si nous voulons gagner cette guerre, mes sœurs, il va falloir affûter nos arguments et, surtout, faire évoluer les mentalités. Celle des professionnelles, d’abord. Une amie me racontait la perplexité de son esthéticienne à qui elle avait successivement refusé "le ticket de métro" et "le brésilien": "Je voudrais juste que vous enleviez ce qui dépasse."» La journaliste souligne un second obstacle au retour de la pilosité féminine: les hommes, qui préfèreraient la peau lisse. Elle conclut: «Certes, le combat s’annonce rude mais, si toutes les citoyennes se mobilisent, l’issue sera heureuse. Si 1914 était l’année du poilu, ensemble, nous ferons de 2014 celle de LA poilue.»

A poils ou non, faites votre choix: c’est là que se cache votre liberté.

American Apparel
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Candy
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