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C’est la vie d’un homme, Jacques Courtin. Un homme qui aime les femmes. Non, ne souriez pas. Pour l’avoir, jadis, interviewé (il est décédé en 2007), il y avait chez ce chef d’entreprise, élevé parmi les filles et les amies de sa mère, une véritable empathie pour les attentes esthétiques féminines, banalisées dans les années 1950. «J’ai reçu plus de 100 000 femmes, confiait-il dans les années 1990. Toutes m’ont appris quelque chose. Clarins leur doit tout.» C’est lui qui, le premier, dès 1968, fera glisser dans l’emballage de ses soins la fameuse «carte cliente» qui permet aux utilisatrices de donner leur feedback et de manifester leurs attentes.

Ces femmes dont un grand nombre fréquentent alors son premier institut parisien, installé dès le 15 mars 1954 au 35 de la rue Tronchet. Les kinésithérapeutes et esthéticiennes y dispensent la massothérapie, qui deviendra la base de la désormais célèbre «méthode Clarins». Une gestuelle, efficace, entièrement manuelle, qui raffermit, soulage, défroisse et régénère. Une véritable rééducation esthétique pratiquée dans ce centre ouvert six jours sur sept, qui ne désemplit pas. «Formuler un produit ne suffit pas, professait déjà le kinésithérapeute avant-gardiste, nous devions créer la méthode d’application adaptée pour multiplier son efficacité.»

Quand la plante rencontre la main

Parallèlement, Jacques Courtin-Clarins, adepte forcené des plantes, met au point des huiles de massage qui ne renferment que des végétaux dont il connaît les vertus. A l’«Huile Tonic», raffermissante – toujours l’une des meilleures ventes soixante ans plus tard – s’ajoutent les huiles «Anti-Eau» affinantes et drainantes, et la bien-nommée «Relax». Suivront «Orchidée bleue», «Santal» et «Lotus» – toutes les six formant les bases de l’aromaphytothérapie.

En 1971, Clarins innove en inventant le «premier soutien-gorge naturel», une huile magique qui favorise le maintien de la poitrine, fragilisée par l’abandon des soutiens-gorge (souvent jetés aux orties durant les années post-soixante huitardes). Trois ans plus tard, alors que la marque crée une division internationale, s’ouvre, à Pontoise, une unité de production qui abritera l’ensemble de la chaîne de production: recherche, formulation, approvisionnement en matières premières, fabrication, conditionnement. En sortira, en 1978, la «Crème Multi-Régénérante» à l’intention des femmes de 40 ans.

Environnement, toute!

L’«Eau Dynamisante» inaugure à son tour, en 1987, une nouvelle voie cosmétique. N° 1 aujourd’hui encore, cette eau de toilette, associant l’action des plantes à leurs senteurs, tonifie, hydrate et parfume en un seul geste. Elle connaît d’emblée un immense succès. En 1991, le complexe «antipollution» atmosphérique est incorporé dans les soins de jour et les fonds de teint. Véritable bouclier pour protéger la peau des dégâts environnementaux, il enrichit le maquillage, lancé la même année, riche, lui aussi, d’extraits végétaux (pour embellir tout en traitant).

Tendance oblige, le début du XXIe siècle voit l’ouverture des Spas by Clarins (au nombre de 39 en 2013), puis de la ligne ClarinsMen. Parallèlement, la maison familiale s’implique plus que jamais dans la défense de l’environnement et le développement durable. Une charte est mise au point, qui confirme notamment la défense de la protection de la biodiversité, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de l’optimisation de l’utilisation des ressources naturelles.

2013 est l’année du «Double Sérum», sérum anti-âge, inspiré du plus emblématique des soins Clarins, créé en 1985 et associant, pour la première fois, des actifs hydrosolubles et hyposolubles assurant un maximum d’effet. Véritablement plébiscité par les femmes dans le monde entier, riche de 20 extraits de plantes qui relancent les fonctions vitales de la peau, il incarne à merveille ce qui fait la singularité de la marque comme son succès. Christian Courtin-Clarins ne cesse de le marteler: «Ce qui rassemble les hommes et les femmes du groupe Clarins, c’est la conviction qu’ensemble, on peut améliorer la vie des générations futures. S’engager pour une beauté responsable.» Partenaire de Jardins du Monde, qui préserve et valorise la diversité végétale de la planète, l’entreprise familiale soutient aussi le projet «Solar Impulse» de Bertrand Piccard et André Borschberg, et l’association Pur Projet qui participe à la reforestation en Chine et en Amazonie.

Efficacité, respect de la nature, vision à long terme d’une beauté qui se doit d’être responsable, sous peine de disparaître: la marque affiche de jolies valeurs.

3 questions à Christian Courtin-Clarins, président du Conseil de surveillance

FEMINA Comment imaginez-vous l’avenir de la maison? Restera-t-elle familiale?
CHRISTIAN COURTIN-CLARINS Sans aucun doute. Avec mon frère Olivier, directeur général du groupe, nous la représentons. Mais derrière nous, il y a huit enfants dont quatre filles déjà impliquées, Virginie et Prisca à l’opérationnel, tandis que Claire et Jenna sont entrées au Conseil de surveillance. Ce dernier veille à conserver l’esprit de la maison, sa stratégie, sans toutefois se mêler de tout au quotidien. Qui dit familial dit long terme. Mon rôle en tant que président de ce conseil est de m’assurer qu’on respecte le développement durable, qu’on se soucie d’écologie, du bonheur de nos collaborateurs tout en restant performant. Il s’agit de trouver un bon équilibre entre protection de la nature, des gens et du business.

Dans ce monde globalisé, certains financiers avancent, pour le groupe Clarins, l’obligation de grandir. On a même évoqué votre intérêt pour Caudalie ou Nuxe…
Si grandir, c’est être dans la performance, je confirme. Mais pas nécessairement en nombre de marques. Nous avons encore toute la Chine à conquérir. Et l’Inde est en train d’évoluer. C’est vrai que nous sommes plus petits que d’autres, mais David contre Goliath, cela a toujours existé. A nous d’être plus habiles, plus rapides. Conserver un esprit pionnier, garder notre volonté d’entreprendre, de réagir, voilà l’essentiel.

Vous favorisez le travail des femmes. Qu’appréciez-vous chez elles?
Sur 9000 collaborateurs, nous comptons quasi 75% de femmes. J’aime travailler avec elles. Leurs émotions conduisent à l’action, alors que les hommes sont dans le raisonnement qui mène à des conclusions. Quand on me parle de l’absence des femmes pour cause de maternité, je réponds que, pendant ce temps-là, on engage une jeune stagiaire, ou une intérimaire, qui apporte toujours quelque chose de neuf et enrichit à son tour la société.

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