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Ma décision, je l’ai prise il y a un an

Ce n’était pas un coup de tête. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me résoudre à quitter mon emploi. J’ai donné ma démission juste après avoir obtenu mon master en histoire de l’art. J’ai mis six ans à l’obtenir…J’étudiais par correspondance, en dehors de mon travail à plein-temps. En y repensant, il a sans aucun doute été le coup de pouce qu’il me fallait pour faire le pas. J’ai toujours rêvé de travailler dans le domaine de l’art, mais sans vraiment y croire. Je me souviens qu’à l’époque, j’avais surtout besoin de changer d’air, de voir autre chose, de démarrer une nouvelle aventure.

Quand les gens ont su que j’avais donné ma démission, il y a eu deux sortes de réactions. Ceux qui m’encourageaient en me disant qu’ils rêvaient d’en faire autant mais qu’ils n’en avaient pas le courage, et ceux qui ne comprenaient pas que je puisse quitter un poste comme le mien.

Au départ, je n’ai pas songé au chômage

J’aime travailler. Je l’admets, j’ai de l’ambition, de la persévérance. Etre au chômage n’entrait pas en perspective pour moi. D’autant que j’avais toujours entendu dire des choses comme: «Ah, tu vas voir, le chômage, c’est pénible, il faut y aller chaque mois, ils te collent des mesures obligatoires, tu ne peux pas quitter la Suisse, il faut être disponible, ils peuvent t’appeler à chaque instant, tu dois rendre des comptes, il y a des rendez-vous, tu ne peux pas choisir ton conseiller ORP…»

J’avais l’image d’un chômage prison

Franchement, j’ai beaucoup hésité. Si je suis allée m’y inscrire, c’est sans doute parce que je n’avais pas grand-chose à perdre. Quelle surprise! La conseillère ORP qui m’a été attribuée était belle, souriante, très féminine avec son rouge à lèvres parfait, attentive à ce que je lui racontais. Je me suis tout de suite sentie à l’aise. J’ai pu lui raconter mon parcours professionnel et je voyais bien qu’elle avait une réelle écoute. Elle m’a même dit: «Vous ne me semblez pas en grande forme. Avant de décider de votre avenir, il vous faut prendre un peu de recul.»

J’étais sidérée

J’avais tellement entendu parler de ce chômage dur, astreignant, inhumain. Or, c’était tout le contraire, j’ai pu parler de ma passion pour la photo et de mon rêve de faire un stage dans un musée dédié à la photographie. Deux mois plus tard, je commençais un stage au département développement d’un musée de la photographie. C’est par l’intermédiaire de la fondation Mode d’emploi que ça a pu se faire. Cette fondation offre des stages pour que les demandeurs d’emploi puissent se perfectionner et acquérir de nouvelles expériences professionnelles. Ça a été le bonheur immédiatement.

Je me suis retrouvée baignée dans le milieu de la photographie

Tout était complètement différent du secteur d’où je venais. Comme il s’agit d’une institution, l’attitude des gens qui y travaillent n’a rien à voir avec celle qu’on a dans une entreprise qui doit être rentable et productrice. J’y ai rencontré des personnes qui ont l’intelligence de travailler à un but commun. Elles sont mues par une aspiration. C’était incroyable. Je me suis sentie passer de l’enfer au paradis, même si ça peut paraître exagéré de le dire ainsi.

J’ai appris énormément durant ces six mois

Et des choses qui vont me rester toute ma vie. Par exemple, comment on poste et comment on publie sur le net. J’ai travaillé sur des expositions, des collections et je me suis fait un véritable réseau dans le milieu en contactant les autres musées et les galeries où les expositions du musée voyageaient. A la fin des six mois, je n’arrivais à pas croire que c’était fini. Mais déjà ma conseillère ORP, mon ange, comme je l’appelais en mon for intérieur, m’avait proposé une mesure géniale: partir trois mois en Angleterre pour perfectionner mon anglais. Il faut dire que je m’étais rendu compte au musée qu’il me manquait des mots pour mieux formuler mes phrases avec mes interlocuteurs.

Un mois après la fin de mon stage, je m’envolais pour Brighton

Je n’ai eu à payer que mon hébergement – 1650 francs pour les trois mois – et mon vol. L’écolage a été entièrement pris en charge. Ça a été une époque magnifique. Je ne suis même pas rentrée en Suisse. Je logeais en plein centre-ville chez un couple d’homosexuels qui avaient la soixantaine. Ils ont été adorables avec moi. C’était juste génial. Je me suis retrouvée étudiante. J’allais au cours tous les jours. C’était très international. Comme l’un de mes logeurs travaillait à la radio BBC, il parlait un anglais parfait et prenait le temps de me corriger.

J’ai fait d’énormes progrès

Avec mes «host fathers» j’ai joué au bridge, on sortait le soir assister à des concerts. J’ai même passé des soirées avec des drag-queens. J’ai connu la night life d’un Brighton gay âgé. C’était magnifique Même lorsqu’ils me faisaient la cuisine, je parlais avec eux un anglais de haut niveau. Et au bout des trois mois, j’ai obtenu mon CEA (Certificat of advance English de Cambridge). Je n’aurais pas pu espérer mieux.

Aujourd’hui, je travaille à nouveau au musée

Amon retour d’Angleterre, ils m’ont appelée pour me demander d’assurer un remplacement à mi-temps durant quatre mois. Puis, j’ai obtenu un mandat pour les cinq mois suivants. Grâce à ma conseillère ORP, j’ai réussi une réorientation de ma vie professionnelle et je me sens armée pour décrocher un nouvel emploi. Ma conseillère m’a réellement sauvé la mise, mais peut-être que si je n’avais pas eu l’ambition de me lancer un nouveau défi, cela n’aurait pas forcément si bien fonctionné entre nous…

Ce que je sais aujourd’hui, c’est que cette femme m’a fait du bien. Pas seulement professionnellement, mais aussi humainement. Elle a su m’encourager, me prendre au sérieux, me donner des conseils, m’orienter. Elle a compris que travailler dans l’art n’était pas un caprice pour moi, mais une réelle aspiration. Sans elle, c’est sûr, je ne serais pas où j’en suis actuellement, aussi dans ma tête.

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