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J’adore écrire, surtout des petites histoires légères, ce qu’on appelle la chick lit

Le genre est un peu dénigré, à tort: ce n’est pas une littérature si futile car elle s’amuse des stéréotypes de notre époque! J’ai été très surprise de voir ma nouvelle sélectionnée lors d’un concours sur Internet. A la clé, une publication dans un recueil (Célibataire, mais… je me soigne, PG Com Editions, sorti en mai). J’avais déjà écrit des articles pour la presse, mais je ne savais pas si j’étais capable de fournir un texte de plus de 3000 signes comportant une histoire et des personnages complexes.

Je me suis lancée, en partant de mon expérience, j’ai tissé une intrigue, imaginé une fin, distillé les indices au fil des pages. J’ai eu un doute au moment de l’envoyer… Puis les mois ont passé, et j’attendais le verdict avec impatience. J’espérais de tout mon cœur être retenue mais je ne me faisais pas trop d’illusions pour ne pas être déçue… Et finalement, un jour, le mail est arrivé, j’étais sélectionnée. Je n’y croyais pas, j’ai sauté de joie dans mon petit studio parisien. Je savais que le milieu de l’édition était quasi inaccessible, comme mon rêve de publier cette nouvelle. Ce fut le déclic. Un magnifique encouragement. Cela m’a donné envie de continuer et je me suis lancée dans la rédaction d’un roman sur lequel je travaille actuellement.

L’écriture m’a toujours beaucoup attirée

J’ai fait un premier stage découverte à 16 ans, à ce qui était alors la Presse Nord vaudois . Durant une semaine, j’ai pu écrire des petits articles tous les jours, c’était très intéressant. J’étais alors en année sabbatique après ma scolarité à l’Ecole Steiner, et je suis partie cinq mois apprendre l’anglais à Santa Barbara, en Californie. Au retour, j’ai fait une maturité fédérale, que j’ai obtenue en février.

J’avais donc du temps devant moi avant le début de l’Université et j’ai recontacté la rédaction, qui m’a engagée pour un stage de six mois cette fois. Je collaborais à la rubrique locale, une bonne école mais le côté créatif de l’écriture me manquait. Ensuite, pendant mes études en sciences économiques et sociales à l’Université de Fribourg, j’ai régulièrement contribué à la page «Jeunes» de La Liberté qui paraît une fois par semaine. Le ton et les sujets plus légers me correspondaient davantage. J’ai créé avec une copine la rubrique «Vénus appelle Mars», qui explique aux garçons certaines manies de filles, comme aller aux toilettes à deux ou la folie des régimes! Le ton était celui d’un blog, toujours axé sur la dérision et l’humour.

Après le bachelor, j’ai cherché un master qui correspondrait davantage à mes attentes

Au départ, le journalisme m’a paru la carrière rêvée; j’allais être payée pour faire ce que j’aimais le plus: écrire. Mais l’aspect créatif me manquait car l’écriture dans la presse doit rester factuelle. Si j’aimais beaucoup réaliser des reportages sur des sujets inattendus, le côté enquête ou recherche du scoop me correspondait moins. Pour un cours de marketing à l’Uni, j’avais monté un projet fictif avec d’autres étudiants autour d’un nouveau service qui incluait le concept du packaging et de la publicité. Cela m’a montré que je pouvais faire autre chose. L’aspect création, trouver des slogans, m’a paru plus dynamique. La conception- rédaction est devenue ma nouvelle envie.

Je me suis renseignée mais il n’existe pas, en Suisse romande, de filière aussi spécialisée, avec un master à la clé. Je l’ai trouvé à Paris, à l’école Sup de Pub. J’ai travaillé deux ans pour pouvoir me payer cette formation, puis j’ai passé le concours d’entrée, assez sélectif. J’ai aussi obtenu une bourse du Zonta Club. Qui ne tente rien n’a rien, c’est mon leitmotiv! Dans la vie, il ne faut jamais hésiter à demander de l’aide, on se met soi-même tellement de barrières, alors que dans le fond, qu’est-ce qu’on risque à part un «non»? C’est la philosophie que m’ont enseignée mes parents: dans toutes les situations, on trouve quelqu’un pour nous tendre la main, des petites lumières pour nous guider! Si on n’essaie pas de vivre nos rêves, il ne reste que des regrets. Et quand on se lance, on est vite surpris par le nombre de portes qui s’ouvrent, tout peut arriver. Je me rends compte de la chance que j’ai, même si ça a un côté Bisounours. Je ne serais jamais partie à Paris si je n’avais pas été encouragée par mes proches et par mon chéri.

Je ne dis pas que c’était facile

Au début, j’ai souvent déprimé seule dans mon studio en me demandant pourquoi je me lançais de tels défis. Mais cela m’a fait réaliser à quel point l’écriture était importante pour moi. En étant seule à Paris, j’avais du temps pour m’y consacrer. J’ai donc rédigé cette nouvelle qui a été publiée. J’ai aussi suivi un atelier d’écriture romanesque qui m’a aidé à structurer mon projet de roman. Un fil rouge est nécessaire, même si on a une idée de base. Il faut ensuite poser le scénario, les personnages, les dialogues, etc. La chick lit n’est pas si futile. Léger ne veut pas dire stupide, on ne s’adresse pas à des filles écervelées et on aborde des problématiques sociétales actuelles. Il faut une certaine sensibilité et une bonne dose d’humour pour se moquer des petits travers des êtres humains.

Mes auteures préférées sont Marian Keyes, qui porte un regard sensible sur le monde, Isabel Wolff ou encore Sophie Kinsella pour son humour tordant. J’essaie d’écrire à chaque fois que je peux, n’importe où, je sors mon portable ou le carnet où je note mes idées. Je n’ai pas de rituel, je me fixe des petits objectifs, par exemple terminer tel chapitre ou finir une scène spécifique. L’important, c’est de ne pas lâcher le projet, sinon on perd le fil. J’aime écrire assise en tailleur sur mon lit, dans le jardin de ma mère, même en vacances pendant que les autres vaquent à leurs occupations. J’essaie de me motiver et d’aller écrire dans un café, mais la seule fois où j’y suis parvenue, je suis restée coincée dans mon ascenseur en rentrant!

Je sais que la route est encore longue, il faudra que je termine ma formation, que je cherche du travail, que je convainque un éditeur… Trouver ce qu’on aime faire, c’est déjà précieux. J’espère voir aboutir ce projet l’été prochain si tout va bien. J’espère surtout qu’un jour, les gens liront ce roman et que cela les fera sourire. Ce sera ma petite contribution pour leur faire passer un moment agréable dans un quotidien qui n’est pas toujours rose.»

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