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Si on m’avait dit que j’allais tomber amoureuse d’un vigneron valaisan, j’aurais bien ri! Et pourtant c’est ce qui m’est arrivé. Je l’ai rencontré par l’entremise d’une amie et dans un premier temps, un an et demi en tout cas, nous sommes restés bons copains.

Puis notre relation a évolué

Edouard, qui a cinq ans de plus que moi, m’a demandée en mariage en 2006,mais pour des raisons administratives nous avons dû patienter trois ans avant d’officialiser notre union. Je n’ai pas peur de le dire: Edouard, c’est l’homme de ma vie. Je suis tombée amoureuse de lui car je n’avais jamais rencontré quelqu’un d’aussi franc et d’aussi vrai.

Il est tellement honnête dans ses paroles comme dans ses actes que j’ai compris qu’il l’était aussi dans son amour pour moi. Je suis tombée amoureuse de l’homme comme de son environnement, les Mayens-de-My à Conthey, où nous vivons ensemble désormais.

Notre vie au quotidien baigne dans un doux mélange de cultures

J’adore cuisiner la fondue et le ragoût… comme les plats africains. Le Congo et le Valais se mêlent aussi dans les musiques que nous écoutons et dans la décoration de notre maison. Un destin plutôt imprévisible pour moi qui suis née au Burundi. Mes parents d’origine congolaise, issus d’un milieu aisé, bourgeois et très catholique, ont choisi de revenir à Kinshasa l’année de mes 8 ans.

J’ai fait des humanités commerciales mais je n’ai pas été plus loin, car à 16 ans j’ai épousé un étudiant universitaire, mon grand amour de jeunesse, alors âgé de 23 ans. Il a obtenu une bourse et mes parents nous ont soutenus financièrement. Je rêvais d’une famille nombreuse et j’ai vraiment savouré ma première maternité, une année seulement après mon mariage.

Nous étions jeunes et insouciants

La vie nous semblait rose, sans imaginer qu’une rose recèle tant d’épines. Ma quatrième grossesse a sonné le glas de notre mariage. Nos familles respectives ne s’entendaient absolument pas; nos statuts sociaux très différents engendraient des complexes familiaux qui ont tué notre couple. Quand je suis partie en province chez mes parents pour accoucher de mon quatrième bébé, mon père m’a dit qu’il n’était plus question que je reparte, que mon mariage était fini.

Mon mari, en fin d’études, n’a pas réussi à le faire changer d’avis. Moi, je n’ai pas souffert de cette rupture. Je menais une vie prospère et confortable. Je me suis rangée à l’idée que j’avais fait une énorme bêtise en me mariant si jeune, et que notre amour de jeunesse s’était éteint. Mon divorce a été prononcé et je suis repartie vivre, peu de temps après, à Kinshasa avec mes enfants.

Mon deuxième amoureux a surgi dans ma vie l’année de mes 25 ans

Un homme d’affaires opulent… mais déjà marié. La polygamie étant admise, il pouvait mener ouvertement une double vie. Mes parents n’acceptaient pas cette situation mais j’ai imposé mon choix. Je n’ai jamais ressenti de jalousie à l’égard de ma rivale, car je n’étais ni frustrée ni lésée. J’avais tout ce dont une femme peut rêver: de l’argent, des voyages, des voitures, de belles villas, des biens, des projets.

Nous avons eu quatre enfants ensemble; son autre femme lui en a donné cinq. J’aimais tellement cet homme que j’étais capable de supporter son naturel paranoïaque comme son tempérament possessif et violent. Il m’imposait sa manière de vivre et de penser. Maman avait beau me répéter que la Bible invite la femme à la soumission mais pas à l’esclavagisme, j’étais volontairement aveugle mais toujours lucide. Alors que je subissais sans me révolter la tyrannie et les colères de mon homme, il se révélait toutefois un père très attentif pour nos enfants.

A 50 ans, j’ai dit «stop»

J’ai quitté la maison en emmenant avec moi mon plus jeune garçon, âgé de 12 ans. Comme j’entretenais des relations de type familial avec l’épouse légitime de mon compagnon, deux de mes enfants sont restés auprès d’elle, les cinq autres étant émancipés et adultes. Au début des années 2000, la situation au Congo (RDC) était tellement tendue que j’ai pris peur et décidé de fuir les émeutes et le conflit armé pour me réfugier en Suisse, un pays que je n’avais jamais visité au cours de mes nombreux voyages.

La première chose dont je me souvienne, c’est la montagne, les prés verts, la beauté des paysages et puis… le centre de requérants d’asile de Vallorbe. Je n’y suis restée qu’une bonne semaine, en 2003, avant de bénéficier de l’aide et du soutien d’assistants sociaux et de bénévoles. J’ai pu me reconstruire grâce à eux. Il était bien sûr trop tard pour que je reprenne un cursus universitaire mais j’ai montré de l’intérêt pour une formation d’auxiliaire de santé, formation que j’ai entreprise à l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Ce diplôme étant peu considéré sur le marché du travail, j’ai effectué, avec l’aide d’une association caritative, une seconde formation à la Croix-Rouge. J’ai commencé à travailler à gauche, à droite.

Et j’ai rencontré Edouard

A 59 ans, je me sens pleinement femme. Et je sais que mon mari est aussi très sensible au fait que je ne me laisse pas aller, que je sois toujours coquette, bien maquillée, soucieuse de mon allure. Je ne dois pas me forcer, c’est dans ma nature… même après une nuit de veille auprès de personnes âgées. Je trimballe d’ailleurs en permanence un grand sac avec tout ce qu’il faut dedans.

Je suis aussi une maman comblée. Mes quatre garçons et mes quatre filles, aujourd’hui établis à Lausanne, Kinshasa, Paris, au Canada et en Belgique, ont chacun trouvé le bonheur à leur façon. Je suis treize fois grand-mère. Je voyage régulièrement pour les retrouver et puis surtout, je les appelle chaque soir. Pas besoin de beaucoup de mots, juste obtenir la tranquille assurance que tout va bien chez eux. Ensuite, je peux dormir en paix. Car maintenant je l’ai enfin trouvée, la paix!

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