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Dès que je suis entrée en clinique pour accoucher, je me suis sentie prise en charge

Rien que d’y penser, j’en souris encore d’émerveillement. Ça a fonctionné! L’hypnose a très bien complété la préparation que j’avais suivie avec Yves, mon mari, en haptonomie, une méthode qui donne une vraie place au père. Bien sûr, il faut être réaliste: en recourant à l’hypnose, je n’ai pas évité les douleurs. J’ai bien senti toutes les contractions, fortes et puissantes, mais j’étais dans l’acceptation.

Et l’hypnose m’a ôté l’inquiétude de ne pas être à la hauteur, moi qui suis une bileuse doutant sans cesse de mes capacités. A chacune des étapes, une sorte de messager intérieur semblait me souffler: «Tu peux avoir confiance, ça va aller.» J’ai pu ainsi aller jusqu’au bout sans péridurale ni médicament. C’était important pour moi de donner naissance comme cela se pratique depuis la nuit des temps. Déjà pour Anaïs, notre première fille, je ne voulais pas être anesthésiée. Je tenais à la sentir naître! L’expérience avait été forte mais dure. Je me souviens avoir été découragée, à un moment donné. Rien de tel pour Moïra, ma deuxième fille. J’avais la conviction que j’allais savoir quoi faire au moment où il faudrait le faire. Je m’en souviens même comme d’un moment extraordinaire.

C’est assez fascinant les effets que l’hypnose ont sur moi

J’apprécie ma «thérapeute». Je peux compter sur elle. Je ne suis pas à proprement parler en traitement, mais il m’arrive d’aller la voir à cause d’un problème spécifique, que l’on règle souvent en peu de séances. Une seule a suffi pour l’accouchement. Dans un premier temps, nous avons discuté de ma problématique: mes craintes et mes inquiétudes.

J’ai pu nommer avec précision les choses qui me faisaient peur. Puis nous avons choisi des mots qui allaient activer certains circuits de pensées et me stimuler en tenant compte de mes vulnérabilités. Notamment celle de toujours imaginer l’insurmontable et d’avoir tendance à laisser surgir le doute. La vie m’a pourtant fait comprendre que je dois accepter ce qui est, comme étant ce qui doit être…

La séance a duré un peu plus d’une heure

Ce moment de préparation est très important, il influence la phase d’hypnose qui ne dure, me semble-t-il, pas plus de quinze minutes. Finalement, la thérapeute a formulé une phrase du type: «Votre inconscient connaît toutes les ressources que vous avez en vous et c’est lui qui va aller les chercher. Vous pouvez lui faire confiance, lui sait, vous, vous n’avez pas besoin de savoir, pas besoin d’y penser, pas besoin de chercher.» Elle a prononcé ces mots après m’avoir mise en «transe», comme on dit. Avec moi, elle recourt à la méthode des sens pour me faire entrer dans cet état.

Sa voix devient monocorde. Au fur et à mesure qu’elle m’indique les sens à passer en revue, je sens mon corps se détendre, toujours plus profondément. Elle me demande d’être attentive à tous les bruits, ceux du dehors de mon corps, puis ceux du dedans. Elle m’invite à sentir le goût dans ma bouche, les sensations de mon corps assis dans le fauteuil…

En réalité, je n’arrive pas vraiment à me souvenir dans quel ordre ça va

Je sais juste qu’en me concentrant petit à petit sur mes sensations tout en suivant ses indications, je me détends, me détends, me détends… et encore davantage que je n’aurais pu l’imaginer. Je suis parfaitement consciente de tout, et soudain je réalise que ses paroles s’installent en moi comme un baume. Elles me tapissent l’intérieur tout en m’ouvrant les portes de ressources que je ne connaissais même pas. Comme pour mieux me permettre de goûter à ce moment de si grand bien-être, je l’entends me dire: «Vous n’avez pas besoin de vous concentrer, vous n’avez pas besoin de vous souvenir, votre inconscient, lui, sait, vous n’avez pas besoin de lui dire de faire…»

En y réfléchissant après coup, je constate qu’elle parle toujours au positif, jamais à la forme négative. Par exemple, au sujet de la péridurale que je souhaitais tant éviter, elle n’en a pas prononcé le nom mais elle m’a dit: «On ne sait pas ce qu’il va se passer, mais votre inconscient, lui, sait aller chercher en vous toutes les ressources pour que vous puissiez faire face au mieux à ce qui va se passer.»

Pour moi l’hypnose, c’est se mettre dans un état d’esprit

Cette technique s’appuie sur mon propre potentiel. Elle me permet de développer ce qui vient de moi mais que je ne connais pas nécessairement. Par ailleurs, je n’ai pas eu besoin de faire des efforts, d’apprendre, de me souvenir, de savoir, de faire attention à ceci ou à cela, je n’ai rien eu à faire. Durant l’accouchement, je sentais que tout était juste, bon pour moi comme pour le bébé, et peu importaient les conventions, le cadre, ce qu’il aurait fallu faire ou pas. Je me suis sentie libre, complètement libre de vivre ce que je devais vivre.

C’est comme si, grâce à l’hypnose, je m’étais donné de l’espace, ainsi que l’assurance que tout allait bien se passer. Durant tout le processus de l’accouchement, je n’ai pas douté une seule seconde. Je me sentais dans un confort personnel, une certaine forme de légèreté, ou plutôt dans un allégement.

Je n’avais pas de poids reposant surmoi

C’était doux, cet état. Il m’a donné la force, la «vivance», la capacité à vivre cette traversée. Tous les signes étaient au positif, je n’étais ni préoccupée ni en souci. J’étais dans le lâcher-prise. Comme convenu avec ma thérapeute, je savais que mes ressources personnelles étaient à ma portée au cas où j’en aurais besoin. Cela m’a donné de l’aisance.

Ce n’est pas facile à expliquer. Ressentir profondément que je peux compter surmoi-même, là, maintenant, quand c’est nécessaire, ce sentiment, je l’avoue, est énorme. Et c’est magnifique. Aussi beau que de mettre au monde nos deux petites filles.

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