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Il s’est présenté et… j’ai eu le coup de foudre

J’étais en vacances chez mon oncle et ma tante quand Louis, qui venait d’acheter le chalet voisin, est apparu. Il sortait de la douche, portait un pull sur ses épaules, son parfum était à tomber par terre et son sourire immense. J’étais toute chamboulée, sans être capable d’analyser ce que je ressentais. J’avais 13 ans, et lui 33.

On ne s’est pas revus pendant des mois, mais je ne pensais qu’à lui. Je lui ai finement envoyé un courriel. Ça a été le début d’une longue correspondance. Nous nous racontions notre quotidien. Je lui disais combien je l’admirais. Dès que je rentrais de l’école, je me précipitais sur mon ordinateur pour voir s’il m’avait répondu. Puis un jour, il m’a avoué ses sentiments, en me priant d’effacer immédiatement son message. Un an plus tard, à 14 ans et demi, j’ai séché les cours pour le retrouver, en cachette, dans un café.

Nous avons parlé, puis nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre

Notre histoire d’amour a alors commencé, dans le plus grand secret… jusqu’à ce que ma mère la découvre. Nous étions en vacances mes parents et moi, et comme j’avais peu de crédit sur mon portable, j’ai utilisé celui de ma mère pour envoyer un SMS à Louis. Il n’a pas fait attention et a répondu sur son numéro! Ce fut l’explosion familiale. On nous a interdit de nous voir, ce qu’on a respecté.

Pour mon père, le sujet était clos. Ma mère, en revanche, a bien vu combien je souffrais. Elle n’a pas pu m’abandonner à ma tristesse et s’est mise à écrire à Louis pour mieux le connaître. Au fil de leurs échanges, elle a compris qu’il était sincère dans ses sentiments, que ce n’était pas un pervers aux pulsions pédophiles. Elle est revenue vers moi, m’a dit qu’elle n’avait jamais vu un homme aussi amoureux, que je ne devais pas abandonner cette histoire juste à cause du regard des autres. On s’est donc revus, Louis et moi, même si mon père le désapprouvait.

Ma mère m’a fait voir un psychologue. La spécialiste n’a pas été étonnée de mon histoire. Je me suis toujours sentie en décalage avec les gens de mon âge.

Je n’ai jamais aspiré à sortir et à faire la fête

Je ne me suis jamais pâmée d’admiration pour des chanteurs comme le font la plupart des adolescentes. Avec les amis de Louis, les débuts n’ont pas été évidents. Avant de les rencontrer, j’avais la boule au ventre. J’avais peur de leur regard, de ne pas comprendre de quoi ils parlaient, de ne pas être à la hauteur, peur d’être vue comme une petite fille. Certains étaient inquiets de voir Louis s’engager avec une adolescente, folle d’amour aujourd’hui, mais qui risquait de ne plus l’être demain… Maintenant, je peux dire qu’avec eux, je me sens vraiment dans mon élément. Leurs soucis de parents, de travail me parlent bien plus que les histoires des gens de mon âge!

Juste avant le jour de mes 16 ans, on nous a dénoncés à la police. Louis et ma mère ont été interrogés pendant des heures. Même le directeur de l’école a été contacté. J’ai toujours été bonne élève et j’avais tenu à être irréprochable dans tous les domaines pour prouver que cette relation ne me nuisait pas. Je pense que ça a joué un rôle considérable. Constatant que cet amour était sincère et partagé, que j’étais une fille épanouie, sans problème, la police n’a pas donné suite. Cet épisode nous a soudés. Malgré tout, cela n’était pas facile à vivre. J’avais très peu de soutien de la part de mes amis. Autour de moi, j’entendais beaucoup de choses. Certaines filles disaient: «Moi, je n’aurais jamais pu aimer un homme plus âgé.» Mais ça n’avait pas été un choix! Ça m’était tombé dessus! A 17 ans, j’ai décidé de quitter Fribourg pour aller vivre chez ma grand-mère à La Chaux-de-Fonds. Le regard des autres était trop dur. En plus, mes parents se séparaient…

A un moment, j’ai eu envie d’une relation avec un garçon de mon âge…

… avec lequel je pourrais enfin m’afficher, me promener main dans la main, sans honte. Nous nous sommes séparés avec Louis, et j’ai eu une courte histoire avec un garçon du lycée qui me faisait rêver. Mais j’ai très vite compris qu’il me manquait quelque chose… Je suis retournée vers Louis. En le revoyant, j’ai retrouvé ce sentiment d’épanouissement et de sécurité que je n’avais plus ressenti pendant les sept mois de séparation. Il est devenu évident que nous allions nous marier. J’avais 18 ans et demi quand, à la mairie, mon père m’a conduite à mon futur mari. A partir de ce jour, mes proches ont enfin accepté notre relation. Vu l’âge de Louis, nous avons décidé d’avoir des enfants rapidement. J’ai eu ma première fille à 19 ans et demi, la deuxième dix-huit mois plus tard. J’avais toujours voulu être maman! Je me sens très épanouie dans ce rôle, c’est naturel pour moi. La maternité ne m’a jamais inquiétée. Mais vu ma jeunesse, on me demande souvent si ce sont mes filles ou si je suis mère par accident.

Un jour, quelqu’un m’a même demandé si je connaissais la contraception!

Au départ, je voulais faire médecine, mais j’ai changé mes projets. Je ne concevais pas de ne pas m’occuper moi-même de mes enfants. J’ai donc choisi de faire des études de psychologie à distance. Parallèlement, je gère la boutique Vom Fass, aux Eaux-Vives, avec mon mari. Je me réalise pleinement dans cette entreprise. Je m’occupe de la vente, du marketing et des stocks. C’est une chance inouïe d’avoir autant de responsabilités à mon âge. Alors forcément, ça m’agace lorsque des amis de mon mari lui parlent de «sa» boutique ou que des clients cherchent le patron…

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