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Il est doux, tendre et patient

On se retrouve à la sauvette, quelques heures, une journée ou un week-end parfois. Quand je suis dans ses bras, j’oublie tout. J’aime dormir avec lui, me réveiller et prendre le petit-déjeuner en sa compagnie. J’essaie de profiter de chaque instant sans rien exiger en contrepartie car Jérôme n’est pas libre. Nous avons chacun notre famille, nos petits-enfants que nous chérissons et nos activités respectives. Mais ensemble, nous avons découvert ce qui s’appelle le «grand amour».

Ma vie de femme n’avait pas démarré dans le bonheur

J’avais 20 ans quand j’ai épousé Roland, un notable valaisan, de mon milieu, a priori bien sous tous rapports. De notre union sont nées cinq filles. Notre quotidien était aisé, nous avions les moyens d’entretenir un magnifique chalet près de Verbier, de voyager fréquemment en Inde et surtout de vivre ensemble notre passion pour l’équitation.

Au fil des années, mon mari s’est révélé un être jaloux, excessif et violent. Un vrai tyran dont je m’accommodais sans trop me poser de questions. Lors de compétitions et concours équestres que nous fréquentions, j’entendais souvent des réflexions à son sujet, des commentaires aussi sur la manière dont il me traitait en public.

C’est en achetant un cheval que nous avons rencontré Jérôme

Un «paysan» dans le sens noble du terme, un passionné d’élevage. Lors de cette première entrevue, Jérôme a adroitement cloué le bec à mon mari, désagréable comme à l’accoutumée. Et du coup, j’ai trouvé cet homme que je ne connaissais pas, éminemment sympathique et… très séduisant. Nous avons pris l’habitude de le rejoindre en famille dans son centre équestre, l’occasion pour moi de constater que Jérôme n’était absolument pas épanoui dans son ménage.

Mais comment faisait-il pour supporter cette femme beaucoup plus jeune que lui, frivole et colérique? Mon premier vrai sentiment pour ce gentil Jérôme si dévoué à ses deux fils a donc été de la pitié.

Il aura suffi d’un baiser pour que ma vie bascule

Un baiser échangé par mégarde… Cela faisait trois ans que l’on se côtoyait quand j’ai croisé Jérôme dans un concours équestre en France voisine. Nos lèvres se sont effleurées au moment de se dire bonjour… et je me suis aussitôt enflammée. Dès cet instant, l’homme m’a littéralement obsédée. A cette époque, mon mari buvait comme un trou. La vie avec lui était un enfer, mais cette passion que je ressentais pour Jérôme me fortifiait. Il fallait juste que je sache si mes sentiments étaient réciproques.

Alors je l’ai appelé. J’ai dû lui dire un truc très anodin dans le genre: «Je ne sais pas pour toi, mais moi, je sens qu’il y a quelque chose entre nous.» Il n’a pas démenti. Les grands discours n’ont jamais été son fort. Nous avons donc décidé de nous rencontrer et notre premier rendez-vous a comblé tous mes espoirs.

J’ai fait l’amour avec cet homme si extraordinaire dans la voiture en lisière de forêt. C’était magique. J’ai toujours été d’un tempérament très amoureux, très physique. Avec Jérôme, j’ai découvert un compagnon de jeu aussi passionné et insatiable que moi. Nos retrouvailles se sont multipliées de manière irrégulière mais toujours dans des endroits très insolites: une grange, sous un pont, dans les bois. Au bout d’un an et demi de cette double vie, mon divorce a été prononcé.

J’étais désormais libre pour l’homme de ma vie

J’ai attendu pendant huit ans que Jérôme quitte son foyer. Cependant il a toujours éludé la question. J’avais le sentiment d’aimer et d’être aimée passionnément, mais sans être comblée. Nous avions trop peu de temps pour échanger, parler et partager nos vies. Je lui ai posé un ultimatum: «Pas question de passer le cap de nos 10 ans comme ça. Si tu ne te libères pas, c’est moi qui partirai.»

C’est à cette époque, en 2005, que je me suis engagée en solo sur le chemin de Compostelle: 2000 km à pied pendant cent jours. Au bout de deux mois, j’ai rencontré Bernard. J’en avais marre d’être seule et j’ai apprécié le refuge de ses bras. J’ai rompu avec Jérôme, brièvement, par téléphone. Mais Bernard n’était pas l’homme qu’il me fallait.

A notre retour de Compostelle, cette relation très épisodique s’est difficilement poursuivie pendant trois ans… avant que je n’y mette un terme définitif. Une parenthèse de solitude de deux ans m’a, ensuite, fait le plus grand bien. Je savais par l’intermédiaire d’un ami commun que Jérôme avait glissé dans la dépression mais j’essayais de ne pas y penser.

C’est alors que la providence s’en est mêlée

En envoyant un SMS à l’une de mes filles, j’ai appuyé par mégarde sur une mauvaise touche et le message est parti sur le natel de Jérôme. Il m’a aussitôt rappelée. On a longuement discuté. Mon cœur battait la chamade. J’avais tellement envie de le revoir. Il a fallu insister pour le persuader d’accepter une entrevue. Il avait peur, je crois. Quelques jours plus tard, c’était chose faite. Mon Jérôme avait grossi et pris un sacré coup de vieux mais c’était toujours lui. Notre histoire a aussitôt redémarré avec la même intensité qu’autrefois.

Aujourd’hui l’homme de ma vie a retrouvé son poids de forme et son moral est au beau fixe. On se voit plus longuement chez moi, ou dans un hôtel en France et en Italie. Il est toujours joignable depuis qu’il possède un natel rien que pour mes appels. A 62 ans, j’ai appris à gérer ma solitude, grâce à mes amis, mes petits-enfants, et ma passion pour la sculpture. Je rêve toujours de vivre avec lui mais c’est désormais un rêve très doux.

Jérôme se dit lâche

Pour ma part, je sais que la pression sociale est trop forte pour lui. Alors oui, c’est peut-être un lâche… mais quand je regarde son profil grisonnant, je me dis encore et toujours: «Cet homme-là, je l’ai dans la peau. Et ça devrait me suffire!»

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