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Le burnout est une forme de dépression

Faux. Le syndrome d’épuisement professionnel se distingue clairement des états dépressifs. Le burnout consiste d’abord en un déséquilibre physique (une accumulation de stress dans le corps). Dans un deuxième temps, cela induit un épuisement mental et un trouble psychologique. D’ailleurs le taux de cortisol (indicateur de stress dans le sang) est trop élevé en cas de dépression, mais trop bas quand il s’agit de burnout (car le corps, épuisé, n’arrive plus à fabriquer les hormones de stress.) Même les marqueurs biologiques s’avèrent donc différenciés.

L’irritabilité représente l’un des symptômes avant-coureurs

Vrai. Les changements émotionnels et mentaux se révèlent les premiers signaux du surmenage sévère. La rupture du comportement est caractéristique: quelqu’un de zen et bienveillant se métamorphose en être irritable, souvent victime d’excès émotionnels, qui va pleurer, «péter un plomb» ou dire tout ce qu’il pense à son patron. Une personne atteinte du syndrome devient inquiète, peine à se concentrer et est sujette aux trous de mémoire. Elle doute d’elle, de tout, maladivement. Au cours de ce processus de déshumanisation, les liens sociaux se transforment, on s’isole, car – trop surchargé dans sa tête – on ne parvient plus à être disponible pour les autres.

Plus on vieillit, moins on risque la crise

Faux. Autour de la cinquantaine, le conflit de valeur devient une des causes les plus fréquentes de burnout. A ce stade, un bouleversement intérieur s’amorce. Nos valeurs, qui étaient centrées sur nous-mêmes, évoluent vers un désir de contribuer au monde autrement. C’est la dernière ligne droite pour réaliser son idéal professionnel. Il devient ainsi bien plus difficile de faire des compromis. Sans compter qu’on n’est plus aussi solide qu’à 20 ans. La récupération prend beaucoup plus de temps, l’usure du corps rend vulnérable aux changements de rythme, décalages horaires, stress ambiant ou confrontations.

Des insomnies régulières peuvent nous faire plonger

Vrai. Le sommeil est l’un des deux ingrédients nécessaires à une bonne récupération d’énergie. Le second élément résidant dans le mouvement du corps. Dormir paisiblement n’est pas un don de naissance, cette compétence s’apprend et se développe. L’un des piliers pour maintenir son efficacité au travail et avoir une bonne qualité de vie est un bon sommeil. Si l’on se réveille fatigué et que l’on a sans cesse des insomnies, il faut ainsi s’alerter.

Le syndrome de l’épuisement professionnel peut être soigné par n’importe quel psy

Faux. Le burnout, en tant que problème spécifique, doit être traité par un spécialiste de la question. On ne le prend pas en charge de la même façon qu’une dépression par exemple.

Les profils fragiles se révèlent plus à risque

Faux. Au contraire, le type de personnalité forte, équilibré psychologiquement, perfectionniste, très investi, motivé, dévoué et bien sûr jamais malade, se trouve dans les premiers rangs des victimes de burnout. D’habitude, il supporte beaucoup de stress, il est solidaire au sein d’une équipe, ne se plaint jamais. Il a une attitude combative, devant les difficultés et ne demande pas d’aide. Quand il n’y arrive plus, il se surinvestit davantage pour compenser l’inefficacité. Cette attitude combative nourrit l’engrenage pervers vers le burnout. Ce sont souvent les bons éléments qui sombrent, voilà pourquoi les entreprises commencent à se soucier du problème.

Le meilleur antidote contre le stress chronique, c’est le sport

Vrai. Le stress provoque une réaction de notre corps qui se prépare à attaquer ou fuir le danger. S’il ne fait pas de mouvement ou ne se défoule pas, il n’élimine pas le surplus de tension dans le corps et finit par péricliter. Même 10 minutes d’exercices permettent de libérer nos soucis. Cette «bonne fatigue» physique représente une soupape de sécurité qui favorise la détente et rééquilibre le corps.

On peut être toxique pour soi-même

Vrai. Certains se montrent très exigeants quant à eux-mêmes. Un bon manager donne une charge de travail adéquate à ses collaborateurs en les félicitant régulièrement de l’effort fourni et en leur procurant les moyens d’obtenir un bon résultat. On peut être bienveillant envers les autres, mais totalement toxique pour soi-même, en bourrant son agenda et ne se satisfaisant jamais de ses prestations. On vit ainsi de plus en plus dangereusement à force de s’infliger beaucoup trop de tâches.

Il faut de longs mois pour guérir

Faux. Une prise en charge classique dure généralement de deux à trois mois. Puis, la personne fait un retour en emploi progressif à 50%, et augmente petit à petit son temps de travail. Car on a besoin de travailler pour guérir. Les tensions et le stress permettent de se reconstruire en se renforçant, de trouver une autre manière d’accomplir ses tâches. Cela prend, en moyenne, encore six mois en emploi pour que la personne trouve un nouvel équilibre solide. Il faut savoir aussi que, dans certains cas, le traitement ne nécessite pas obligatoirement un arrêt de travail.

Quelques pistes pour en savoir plus...

Faire le point à travers un jeu «Vivant au travail» – un jeu inventé par la psychologue et spécialiste du burnout Catherine Vasey –, permet de faire le bilan sur notre façon de nous préserver professionnellement. Chaque joueur tire une carte et répond à haute voix à la question posée, dans un processus de réflexion et d’échanger entre partenaires.

«Vivant au travail», en librairies au prix de 35 fr., Ed. Noburnout, www.noburnout.ch

S’interroger au Salon suisse de la santé Le premier rendez-vous de la santé destiné au grand public proposera plus de 100 conférences et expériences ludiques à l’EPFL. Les grands thèmes abordés: les troubles du sommeil, la cigarette électronique, les enfants et l’obésité, mais aussi un focus spécial sur la souffrance au travail, mené par le réseau romand «No burnout», dont les psys seront présents sur le stand de la Société vaudoise de médecine.

Le Salon suisse de la santé, du 13 au 16 novembre 2014, au SwissTech Convention Center de l’EPFL à Lausanne, www.planetesante.ch/salon

Agir face aux chiffres de Promotion Santé Suisse En Suisse, le stress des personnes actives a augmenté de 30% en l’espace de dix ans. Environ un quart des actifs du pays (24%), soit plus d’un million de personnes, sont assez (17,9%) ou très épuisés (6,1%). Ils présentent un «Job Stress Index» trop élevé, ce qui a un impact négatif sur la productivité générale.

Découvrez en ligne plus d’outils pour diminuer le stress au travail sur: www.stressnostress.ch, www.promotionsante.ch, www.s-tool.ch et www.friendlyworkspace.ch/fr

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