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«Je ne sais pas pourquoi vous les filles, vous n’avez jamais été attirées par moi, mais je vais vous punir pour tout ça. C’est une injustice, un crime, parce que je ne sais pas ce que vous ne voyez pas en moi. Je suis le mec parfait, et pourtant vous vous jetez dans les bras de tous ces hommes odieux, au lieu de moi, le gentleman suprême.» Voici ce qu’Elliot Rodger, «22 ans et vierge», déclarait dans sa dernière vidéo. Il y annonçait son «grand châtiment» à venir, sa rage de se venger de toutes ces femmes qui l’avaient rejeté. «Si je ne peux pas vous avoir, les filles, je vous détruirai.»

Tout sauf un cas isolé

Eliott Rodger a mis ses menaces à exécution le 24 mai 2014 à Santa Barbara. Il a commencé par poignarder ses trois colocataires, George Chen, 19 ans, Cheng Yuan Hong, 20 ans et Weihan Wang, 20 ans. Puis, armé d’un pistolet, il a tué par balles Katie Cooper, 22 ans, Veronika Weiss, 19 ans. Il a poursuivi sa folie meurtrière en voiture, tuant alors Christopher Michael-Martinez, 20 ans, avant de retourner son arme contre lui. Cette abominable tuerie se distingue de celles commises par le passé sur sol américain. «Cet acte meurtrier n’est pas à mettre simplement sur le compte de la folie mentale, Elliot Rodger était un jeune homme sexiste et haineux envers les femmes qu’il voyait simplement comme des objets sexuels se refusant à lui», note Glamour.

Si le tueur souffrait du syndrome d’Asperger, il était également un membre assidu depuis plusieurs années du forum PUAhate (Pick Up Artist Hate), un site, fermé depuis la tragédie, créé pour «révéler les arnaques, déceptions et les techniques de marketing trompeuses utilisées par les gourous de la drague pour décevoir les hommes et profiter d’eux.»

Les femmes ont décidé de répondre à la violence d’Elliot et de ceux qui, comme lui, prônent ce type d’idéologies misogynes et extrêmement dangereuses. Dans le monde entier, les internautes s’expriment via les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #YesAllWomen pour partager leur indignation et témoigner, à leur tour, des actes misogynes qu’ils subissent au quotidien. Il est nécessaire de s’exprimer ainsi et d’éviter de cataloguer ce crime comme celui d’un être isolé, psychologiquement instable. «C’est confortable, et cela nous évite une remise en question de notre modèle de société et d’éducation, note le site Madmoizelle. Mais si ses actes ont effectivement dépassé toute rationalité, le discours tenu par Elliot Rodger n’est pas celui d’un fou: c’est un discours extraordinairement courant, familier.»

Un mec bien

Rodger, qui se définit lui-même comme un «nice guy» («mec bien»), ne supporte pas l’idée de ne pas pouvoir «se faire» une fille alors qu’il est pourtant «le gentleman suprême». Il est persuadé que s’il est gentil avec les femmes, il pourra obtenir d’elles de l’affection, voir des relations sexuelles. Toute notion de consentement de l’autre le dépasse complètement: les filles ne sont que des prix, des lots de récompense à gagner. Malheureusement, ce raisonnement est loin d’être marginal dans notre société. S’il ne fallait qu’une seule preuve, lisez quelques-uns des tweets apparus ces derniers jours.

Getty Images
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