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Ce n’est pas «un beau sac». Sur la table, Yvette Favre a posé une pile de vêtements usagés et, d’un œil expert, repère ceux qui valent la peine d’être vendus. Un accroc, une tache ou un tissu pas sé, et l’habit partira direct au recyclage. Ou sera transformé en chiffons qui seront ensuite achetés au kilo par les fabriques du coin. Au final, seules quelques pièces, parmi la multitude récoltée, finiront sur les étagères ou les ceintres du Vêt’Shop en attendant de connaître une seconde vie. A l’instar de ce T-shirt d’enfant flambant neuf que la bénévole découvre, tout étonnée, au milieu d’invendables. Il porte encore, accrochée au col, l’étiquette du prix au nom de l’EPA. Un collector.

Voilà quarante ans tout juste qu’Yvette œuvre pour la boutique de seconde main de la Croix-Rouge, à La Chaux-de-Fonds. Cette structure – baptisée «le vestiaire» jusqu’à récemment – elle l’a elle-même créée avec une complice bénévole. Dans une chemise en plastique, la sympathique septuagénaire garde précieusement toutes les coupures de presse consacrées aux lieux. Sur papier jauni, certains articles racontent la naissance du «vestiaire». D’autres, le défilé de mode que ses bénévoles ont organisé en 2012 à Modhac, foire commerçante chaux-de-fonnière, dont la Croix-Rouge était cette année-là l’hôte d’honneur.

En famille

Au fil des ans, Yvette Favre est devenue la responsable de la boutique. Autour d’elle, une équipe d’une trentaine de personnes: sa deuxième famille. «On éprouve un réel plaisir à se retrouver le lundi matin, confie cette ancienne régleuse en horlogerie. J’ai des collègues extraordinaires.» Pas étonnant qu’elle vienne presque tous les jours au Vêt’Shop, et ce malgré les remontrances de son fils. «Parfois, il me reproche de passer trop de temps à la Croix-Rouge. Mais il ne vit plus à La Chaux-de-Fonds, mon mari est décédé il y a neuf ans, et puis, c’est ma vie!»

Des pièces adjacentes nous parviennent le bruit du va-et-vient des clients. Des étudiants de l’école d’art voisine essaient des pelisses en fourrure. «Je ne m’attendais pas à trouver autant de choses!» s’extasie une jeune femme en déposant à la caisse plusieurs paires de jeans, avant de repartir chercher le reste de ses trouvailles, des habits d’enfants et un bonnet en fourrure.

C’est vrai qu’il y a de belles choses dans les rayons. On trouve même une veste de ski Oakley pour femme. Difficile à croire que, dans tout ce que l’équipe d’Yvette reçoit, il y ait beaucoup de déchets. Et pourtant. «On a de moins en moins d’habits de qualité, regrette la bénévole. L’introduction de la taxe au sac-poubelle ne nous a pas fait du bien. Depuis, les gens déversent leurs vieilles affaires par le sas au lieu d’aller à la déchetterie. Même si ce ne sont pas des vêtements. On a en a des montagnes! Après c’est à nous d’aller nous débarrasser de tout ça. Un comble.»

Comment aider?

Le Vêt’Shop neuchâtelois – comme les autres boutiques de seconde main cantonales de la Croix-Rouge – accepte habits, sacs à main, linge de maison et chaussures. Propres et en bon état. Infos: 032 886 82 40 ou www.croix-rouge-ne.ch

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Soirée caritative «Femina s’engage»

Avec Karim Slama en spectacle, le 5 juin 2014 à L’Octogone-Théâtre de Pully, 20 h. Billetterie: 021 721 36 20 ou sur www.theatre-octogone.ch

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