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Vera Weber ne nous accueille pas chez elle. «Je n’ai pas de chez moi! s’exclame-t-elle en poussant la porte de la Fondation Franz Weber à Clarens. Je partage ma vie entre l’appartement de mon ami, à Berne, où il est hôtelier, et la maison familiale, à deux pas de la Fondation.»

A tout juste 38 ans, la Suissesse engagée à l’échelle internationale dans des causes aussi vastes que l’injustice humaine, le massacre d’espèces animales ou la destruction du patrimoine, se révèle être d’abord et avant tout une personne humble, sensible, peu ordinaire dans sa façon d’appréhender la vie et les gens. Tiens, lorsqu’on lui demande sa liste de bonnes résolutions pour 2013, Vera Weber lance sans hésiter: «Avoir davantage de temps pour moi et mes proches.» Il est vrai que son compagnon, rencontré il y a cinq ans et demi, déplore de ne pas la voir assez souvent.

Des enfants au programme? «Non, je pourrais l’expliquer avec beaucoup de bonnes raisons, mais le seul vrai motif est que je n’ai jamais ressenti ce désir, contrairement à beaucoup de femmes. » Son point de vue peu conformiste sur les choses les plus simples de l’existence ne s’arrête pas là. Ainsi, ne pas avoir un vrai port d’attache ne la dérange pas: «J’ai passé dix ans à Lucerne, pour ma formation en économie et tourisme, et pas mal de temps en stage au Mexique ou en Australie.» Et comme elle parle couramment quatre langues, elle assure qu’elle se sent bien sur n’importe quel continent.

La fibre hôtelière

Du coup, elle n’a pas besoin de domicile fixe. Mais pourquoi avoir choisi cette voie du tourisme et du commerce alors qu’il a toujours été clair pour elle qu’elle reprendrait la fondation? «Mon père a sauvé l’hôtel de Giessbach de la démolition dans les années 80. J’y ai passé tous mes week-ends et toutes mes vacances. Cet endroit magnifique a fait naître chez moi la passion de l’hôtellerie. Je trouvais extraordinaire de voir les clients si heureux d’être là. Et puis je me disais que tout ce que j’apprendrais – le marketing, les ressources humaines, les relations publiques –me serait aussi utile pour gérer une fondation.»

La fibre écologique, l’envie de protéger les animaux, elle les avait déjà. On l’aura compris, donner du bonheur aux autres, humains ou animaux, c’est la raison de vivre de Vera. Au point parfois d’oublier de penser un peu à elle. «Être heureuse ne m’arrive pas souvent, mais cela doit être pareil pour tout le monde. Le plus beau jour de ma vie, c’était le 28 juillet 2010 quand le parlement catalan a décidé d’abolir la corrida. Ce genre de moment est rare. Mais ce n’était qu’une bataille, nous n’avons pas gagné la guerre. Il faut encore convaincre le reste de l’Espagne, le Pérou, le Venezuela, le Mexique, la Colombie…»

Quand on demande à Vera ce qu’elle changerait de sa vie passée, elle répond que son plus grand regret restera d’avoir commencé à travailler tout de suite après ses études. «J’ai obtenu mon diplôme fin avril 99 et j’ai commencé à la Fondation en mai. Je ressentais une certaine urgence. Mais j’aurais dû m’offrir un ou deux ans d’insouciance en gérant par exemple un hôtel en Australie ou au Mexique.»

La passion culinaire

Aujourd’hui, si elle en avait le temps, dit-elle, elle se lancerait dans l’écriture d’un livre de cuisine, l’une de ses grandes passions. Avec des créations exclusivement végétariennes évidemment, car elle ne mange plus de viande depuis 1994. «Je combinerais les recettes avec des anecdotes et des coups de cœur. Je mélangerais aussi les saveurs que j’aime –mexicaines, thaïlandaises, orientales, suisses…» On salive... Voilà qui fera taire ceux qui lui reprochent d’être le clone de son père. Elle n’hésite d’ailleurs pas à se démarquer de lui. «Je suis plus calme, plus à l’écoute que lui et j’aime être au contact des gens, résume-t-elle.

A trois ans, je posais déjà sur une affiche contre le massacre des phoques mais ce n’est pas mon père qui m’a appris à aimer les animaux, c’est en moi depuis toujours. Quand ils souffrent, je souffre avec eux. L’injustice en général me révolte depuis que je suis toute petite mais je tiens à défendre mes idées avec ma propre personnalité.»

De Franz, elle a hérité la ténacité, l’endurance et l’esprit de révolte: «C’est ce qui me donne la force de me battre», explique-t-elle. De sa mère, elle tient son côté rêveur: «A l’école, la maîtresse écrivait dans mon carnet que je rêvassais. J’avais simplement besoin de m’évader, car même si j’avais quelques copains, tout le monde me tombait dessus dès que mon père lançait une campagne.» Elle en a gardé une grande timidité. «Mais lorsqu’on m’a inscrite dans un établissement privé international, tout a changé. J’étais simplement Vera et voilà.»

Dans sa vie d’adulte, elle continue à imaginer un monde meilleur. Et puis elle s’offre des parenthèses en se plongeant dans les romans fantastiques de Carlos Ruiz Zafon, ou dans des récits historiques, de Stefan Zweig à Juliette Benzoni. Sa façon de se ressourcer et de retrouver l’énergie dont elle a besoin pour aller au front.

Son homme idéal

Christian, son compagnon, «parce qu’il me supporte depuis bientôt six ans!»

Son péché mignon

Le champagne, brut. «Parce que c’est un alcool qui met de bonne humeur.»

Son secret de beauté

Dormir. «J’ai besoin de 8 heures de sommeil et quand je ne les ai pas, ça se voit.»

Son dernier coup de fil

Avec la fiduciaire. «Pour les comptes du Giessbach... moi qui suis brouillée avec les chiffres!»

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