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Un Marc Jacobs très fin du monde, pour clore la Fashion week

Les robes sombres s'allongeaient jusqu'au sol, lourdement rebrodées, avec force dentelles et sequins, et des cols cheminée.

Les vestes très courtes, aux épaules démesurées, avaient un petit air prussien, portées sur des bermudas. Les mannequins, cheveux blonds coupés au bol, comme si elles l'avaient fait elles même à la dernière minute, avançaient d'un pas militaire, la plupart en bottes, dans un décor de destruction, podium jonché de mégots.

Les défilés du créateur new-yorkais sont toujours très dramatiques et celui-ci n'a pas dérogé à la règle, alors qu'un énorme orage s'abattait sur New York.

Il mettait un point final aux défilés printemps-été 2014, qui ont cette année revisité les classiques américains avec du noir et blanc omniprésents, des imprimés fleuris, des accents années 70 et quelques belles surprises.

Ralph Lauren présentait aussi sa collection jeudi, retournant à l'école pour l'occasion, avec des tenues d'écolières en noir et blanc, minirobes et petites jupes portées avec de longues chaussettes noires, cravates et petite casquette. La deuxième partie faisait la part belle aux petites robes et tailleurs aux couleurs vives, jaune, orange vif, rouge, vert ou bleu, souvent accompagnés du sac et des chaussures de la même couleur.

Calvin Klein jouait lui les larges formes géométriques décalées pour des robes blanches à col rond, des tuniques surdimensionnées portées sur des jupes plissées, des tissus travaillés de façon quasi-artisanale.

Des jupes dansantes de Michael Kors au glamour sage de Tory Burch, de l'ambiance surf californienne de Tommy Hilfiger aux somptueux plissés de Proenza Schouler, les fashionistas se sont régalées toute la semaine.

Alexander Wang, 29 ans, désormais directeur artistique de Balenciaga, a confirmé qu'il était l'un des grands du moment. Son double défilé grandiose, revisitant le vestiaire masculin et déclinant son nom sur quasiment toutes ses silhouettes, était l'un des plus courus.

A l'exception des créatures de Thom Browne, qui semblaient droit sorties d'un asile de fous, les stylistes ont privilégié les silhouettes simples et fluides, les coupes nettes, les transparences et superpositions raisonnables, et des aisances très portables. Des tons neutres - sable, brun, ivoire - du noir, du blanc, de l'uni, mais aussi beaucoup d'imprimés fleuris, parfois véritables oeuvres d'art.

Des pastels aussi chez Lacoste, Jason Wu, Zac Posen - également très prisé cette saison - et chez un Prabal Gurung déterminé à "préserver la femme élégante". Un air très "bohémienne de luxe" chez Joseph Altuzarra, dans lequel Kering (ex PPR) vient de prendre une part minoritaire.

"Il y avait cette ambiance très lifestyle active, cette autre très féminine, fleurie, raffinée, et enfin une autre ambiance plus moderne, avec des formes plus graphiques, plus minimales", résume à l'AFP Nicole Fischelis, directrice de la mode chez Macy's. Elle souligne aussi "le travail sur les recherches de matières et sur les accessoires", et la fin de toute règle sur les longueurs.

Les créateurs présentaient en principe leurs collections printemps-été, mais "dans un monde global, il n'y a plus vraiment de saisons", soulignait Wil Beedle, le directeur artistique d'AllSaints, la marque londonienne qui pour sa première présentation alignait manteau de cuir sans manche, blousons de motard et veste en agneau aux coupes épurées.

De nombreux cachemires et mohairs aussi chez Michael Kors, des manches longues et des manteaux flottants chez Proenza Schouler, à la collection "sereine et raffinée", encore très remarquée cette saison.
Parmi les surprises, la nouvelle collection de Victoria Beckham, plus détendue, aux superspositions et ampleurs nouvelles, faisant fi des robes près du corps irrespirables.

Mais à l'heure où les défilés sont retransmis en direct sur internet, et où blogueuses et médias sociaux en livrent instantanément tous les détails, certains s'interrogeaient sur la pertinence à long terme de cette semaine frénétique où se succèdent près de 300 défilés, qui attirent à New York quelque 100.000 personnes.

Après New York, c'est Londres qui prend le relais avant Milan le 18 et Paris le 24.

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