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Théories du complot: Croyez-vous aux chemtrails?

Chemtrails complot

Il suffit ainsi de taper le mot chemtrails dans Google pour voir déferler des pages et des pages de photos et de blogs tentant de vous convaincre qu’on vous intoxique en douce ou qu’on vous fait la guerre depuis les nuées. Mais, attendez. Ces fameuses traînées laissées par les aéronefs ne sont-elles pas juste dues… à la condensation?

© iStock

Outre leur nationalité américaine, on aurait bien du mal à trouver un point commun entre Kylie Jenner, Prince et Chuck Norris. Et pourtant. L’it-girl demi-sœur des Kardashian, l’icône pop disparue et le plus célèbre double kick du Texas ont tous confessé leur croyance dans l’une des théories complotistes les plus populaires: les Chemtrails. Selon les innombrables apôtres de cette thèse, la plupart des traînées blanches générées par les avions volant à haute altitude et observables depuis le sol ne seraient pas très catholiques.

Il s’agirait en effet d’épandages d’aérosols produits dans le cadre de projets secrets gouvernementaux, et destinés à servir plusieurs causes: modification du climat pour combattre le réchauffement global, guerres météorologiques confidentielles entre les Etats, tests d’armes militaires exotiques, empoisonnement volontaire des populations humaines ou encore manipulation des consciences via des substances chimiques.

Condensation ou produit chimique?

Il suffit ainsi de taper le mot chemtrails dans Google pour voir déferler des pages et des pages de photos et de blogs tentant de vous convaincre qu’on vous intoxique en douce ou qu’on vous fait la guerre depuis les nuées. Mais, attendez. Ces fameuses traînées laissées par les aéronefs ne sont-elles pas juste dues… à la condensation? C’est bien ce que vous expliqueront tous les scientifiques de la planète, de l’anonyme professeur de physique de collège au Prix Nobel hypermédiatisé.

Car soudain projetée dans l’atmosphère glaciale régnant à 10 000 mètres au-dessus de nos têtes, la vapeur d’eau issue de la combustion du kérosène au sein des turboréacteurs se condense, puis se solidifie autour de noyaux dits de congélation. Autrement dit des particules soufrées venant elles aussi de la chambre de combustion des moteurs. Voilà donc l’explication des contrails (contraction de condensation et de trails, tracé en anglais) telle qu’elle est connue depuis les années 50 au moins.

Grandes manigances entre amis

Sauf que non, objectent en chœur les complotistes. Il existe aussi des chemtrails (mot valise réunissant cette fois Chemical et trails) qui n’ont rien à voir avec les lois de dame Nature. Ces émanations sont en fait la manifestation de métaux lourds (aluminium, baryum, strontium notamment) ou d’autres éléments (des polymères par exemple) intégrés préalablement dans le carburant et voués à retomber au sol pour servir les desseins classés secret-défense des gouvernements.

Que faire face aux perturbateurs endocriniens?

Pour parvenir à berner près de sept milliards de gens, le projet est incroyablement bien ficelé et orchestré par tout un concert de corporations à l’entente machiavélique: politiciens, militaires, pilotes, membres de l’ONU et de l’OMS, agences météorologiques, studios de cinéma, scientifiques, journalistes (ndlr: l’auteur de cet article a depuis avoué sous la torture qu’il a été recruté au berceau par la CIA pour cacher le pot aux roses).

Soit complices, soit ignorants

Les partisans de cette théorie (un Américain sur six tout de même, révèle un article de Science Daily) pensent pouvoir distinguer le banal contrail du vicieux chemtrail par la simple observation. Sur YouTube en particulier, on ne compte plus les vidéos filmées par des amateurs censées présenter des traînées suspectes car estimées trop basses, trop épaisses ou trop persistantes. Les scientifiques (ces dangereux collaborateurs de l’ombre, rappelez-vous) ont beau dire que la forme et la longévité des traînées dépendent de facteurs tels que le taux d’humidité, la puissance des réacteurs ou la force du vent, rien n’y fait.

Comme toujours avec la psychologie des complotistes, peu importe que cent experts d’envergure mondiale réfutent en bloc les assertions puisqu’ils sont forcément vendus aux pouvoirs en place, un seul «spécialiste» vaguement docteur en quelque chose créant sa chaîne YouTube depuis le fin fond du Midwest sera beaucoup plus crédible et suffira à servir de caution scientifique.

Fantasme du génocide

C’est effectivement grâce à ces lanceurs d’alerte autodéclarés que la théorie des chemtrails a émergé, au début des années 90 aux USA. Un certain Leonard Cole aurait dénoncé devant le Sénat américain des expérimentations d’armes biologiques sous forme d’aérosols au-dessus d’Oakville, en Californie. Il était appuyé par des témoignages d’habitants persuadés d’avoir été rendus malades par ces épandages. Leur impact sur la santé est réel, assurent d’ailleurs les tenants de la théorie.

Toux sèche, yeux irrités, maux de tête, fatigue, vertiges, dépression et surtout goût métallique dans la bouche seraient les symptômes les plus courants. Sur le web, des blogueurs conseillent de se prémunir des composés nocifs des chemtrails en portant un aimant, en se badigeonnant les narines de charbon actif ou encore en utilisant les effets de… l’orgone, énergie jamais démontrée scientifiquement. Et qui n’exista que dans l’imagination du farfelu médecin et psychanalyste autrichien Wilhelm Reich dans les années 40…

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Aux Etats-Unis et en Europe, des associations consacrées aux chemtrails affirment faire régulièrement des analyses du sol après le passage des traînées incriminées, enregistrant des taux considérés comme élevés d’aluminium ou de baryum. Eléments qui, diffusés dans la stratosphère, permettraient donc de réfléchir les rayons du soleil pour diminuer l’effet de serre ou d’intoxiquer les êtres humains selon les plans d’une élite mondiale qui rêve de réduire la population humaine sur Terre.

Une théorie qui fait son chemin

La rumeur du complot a pris une telle ampleur depuis les années 2000 que politiques et scientifiques sont fréquemment interpellés sur le sujet. Un documentaire massivement diffusé sur Internet et intitulé What in the World Are They Spraying? prétend démontrer la réalité du phénomène, contribuant à convaincre toujours plus d’individus. Obligeant les experts à passer à la vitesse supérieure pour démystifier la chose.

En 2016, une vaste étude parue dans la revue Environnemental Research Letters a convoqué 77 experts internationaux faisant référence dans leur domaine histoire de statuer sur la question; 76 ont conclu à l’absence de preuves, un seul a souligné l’existence d’un taux significatif de métaux lourds dans un prélèvement de sol… Non sans préciser que l’élément chimique pouvait tout aussi bien avoir été amené là par une quelconque activité humaine aux alentours. A bon entendeur.

Notre variante préférée: le complot du carbone

Agir sur l’atmosphère pour influer sur le climat? Le principe existe bel et bien. Il a même un nom: géo-ingénierie. La patente Welsbach, brevet déposé dans les années 90, proposait notamment d’envoyer des particules en suspension dans la stratosphère pour réfléchir le rayonnement UV et maîtriser l’effet de serre. Jugé trop complexe et possiblement dommageable écologiquement, le concept a été enterré. Mais ça, c’est la version officielle, avancent les adeptes du complot.

Depuis cette patente, les états occidentaux auraient concrétisé l’idée et répandraient massivement des nanoparticules dans le ciel avec la complicité des avions militaires et civils. Le but? Ne pas avoir à réduire les émissions de CO2 et ainsi faire fructifier le business de la taxe carbone, qui profiterait à de riches investisseurs, dont Bill Gates. Problème: des complotistes affirment ne plus observer de chemtrails aux USA depuis l’élection de Trump, climatosceptique convaincu. On n’est plus à une contradiction près!

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