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«The immigrant», mélodrame vibrant avec Marion Cotillard

<b>The Immigrant</b> avec Marion Cotillard.
© DR

New York 1921. Deux Polonaises, Ewa (Marion Cotillard) et sa soeur Magda, arrivent à Ellis Island, passage obligé pour les immigrants. Magda atteinte de tuberculose est placée en quarantaine. Ewa seule et désemparée tombe dans les filets du souteneur Bruno (Joaquin Phoenix). Pour sauver sa soeur, elle accepte de se prostituer. L'arrivée d'Orlando (Jeremy Renner), illusionniste cousin de Bruno, va lui redonner de l'espoir. Mais c'est compter sans la jalousie de Bruno.

Gray alterne scènes spectaculaires et intimistes, d'Ellis Island à la chambre d'Ewa, des rues de New York aux petits cabarets de Manhattan où les hommes venaient se dévergonder. La couleur des images va vers le sépia, comme de vieilles photos jaunies que le réalisateur aurait voulu feuilleter avec le spectateur, restituées par le directeur de la photo Darius Khondji («Amour»«, «Minuit à Paris»).

Gray avait déjà évoqué ses origines russes dans son premier film, «Little Odessa», en 1994. Dans «The immigrant», il s'est inspiré de photos prises par son propre grand-père arrivé de Russie en 1923 à Ellis Island; mais aussi de peintures comme celles de l'Américain George Bellows connu pour ses vues réalistes du New York du début du XXe siècle, ou encore de l'opéra pour «faire passer la sincérité dans les émotions», expliquait-il à Cannes en mai dernier où le film était présenté en compétition.

Plaidoyer pour l'immigration

Le réalisateur a tenu aussi «à baser cette histoire sur des choses vraies». «La vague d'immigration du début des années 20 était surtout celle des immigrés d'Europe de l'Est. La porte s'est refermée en 1924.»

Le film se resserre au fur et à mesure sur le trio principal - Ewa, Bruno et Orlando - les entraînant inexorablement vers le drame. Ewa est une femme obstinée, habitée par la religion, qui refuse les rares échappatoires pour ne pas abandonner sa soeur. Du coup son horizon se résume à Bruno - être «manipulateur, prédateur, menteur chronique qui se révèle réellement à la fin du film», dit Gray - et à Orlando, tout aussi insaisissable, avec qui elle pourrait peut-être trouver avenir et salut.

Pour James Gray, «avoir une héroïne au centre de l'histoire permettait d'explorer ces émotions grandioses sans cette composante macho qui fait la virilité de la culture occidentale». Ewa est «à la fois une victime et quelqu'un qui contrôle son destin».

Gray n'avait vu aucun film avec Marion Cotillard avant le tournage, bien qu'ayant écrit le film en pensant à elle. «Son visage incroyable me faisait penser à Renée Falconetti dans La passion de Jeanne d'Arc, de Dreyer».

Pour l'actrice, «le plus grand défi» dans ce film a été de parler polonais. «Le langage fait partie d'un tout. C'est vrai que j'aime créer des personnages qui ont leur propre démarche, leur propre langage physique et leur propre manière de parler. Avec le polonais, la façon de placer la voix est différente du français ou de l'anglais. Ça m'a aidé à construire quelque chose qui soit propre au personnage.»

Le réalisateur s'était enfin livré sur la Croisette à un plaidoyer en faveur de l'immigration. Elle «enrichit la société, elle ne l'amoindrit pas (...) Elle apporte du dynamisme à la culture», selon le cinéaste, qui habite Los Angeles et cite en exemple les communautés latino-américaines et asiatiques.

Bande annonce du film

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