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En ce début d’automne qui joue les étés indiens, les vignes commencent à prendre leurs teintes de feu. Dans les cuves, l’alchimie s’opère en silence et les grappes amoureusement récoltées libèrent leurs essences. Dans les cinq exploitations qui constituent les domaines viticoles de la Ville de Lausanne, le calme est revenu. L’abbaye de Mont au Mont-sur-Rolle, le domaine Burignon à Saint-Saphorin, Château Rochefort à Allaman et, en Dézaley, le Clos des moines et le Clos des Abbayes constituent à eux cinq le patrimoine viticole de la capitale vaudoise. Ces 33 hectares de vignes avec vue sur le Léman, soit le plus important domaine viticole public de Suisse, Tania Munoz en a la responsabilité depuis le mois d’août dernier. «Le job de mes rêves!» n’hésite pas à affirmer la jeune femme, une étincelle dans ses yeux noirs comme la Syrah, son cépage favori.

Coordonner les activités des vignes et celles des caves, assurer la commercialisation, la promotion, la communication autour du vin, décider des grandes orientations en termes de viticulture, de cépages, rajeunir l’image des produits et attirer une clientèle plus jeune, améliorer l’offre de table et chambre d’hôte de ces lieux… voici le rôle de cette diplômée de l’école d’ingénieurs de Changins, qui ne paraît point impressionnée par l’ampleur de la tâche: «J’ai du caractère, dit-elle, j’aime quand les choses ne sont pas faciles!»

Par amour du vin

Née en France de parents Chiliens ayant fui le régime de Pinochet, Tania grandit à Dijon. A 12 ans, c’est dans le Jura bernois qu’elle s’installe avec sa petite sœur et sa maman, remariée à un Suisse. Même si les vignes ne sont pas encore son terrain de jeu, la petite fille est déjà attirée par la nature: «J’étais très rêveuse, je voulais avoir une ferme, des animaux», confie celle qui aujourd’hui se ressource en promenant son énorme dogue allemand.

A 18 ans, Tania se cherche: «Je pensais que les études ne servaient à rien, j’avais envie de travailler.» La jeune femme, gourmande et férue de cuisine, entame un apprentissage de sommelière dans un petit bistrot de campagne. Désireuse d’élargir son horizon, elle travaille ensuite comme commis chez Georges Wenger, chef étoilé au Noirmont. Là, c’est la révélation: «J’ai rencontré l’univers du vin, avec de vrais sommeliers, dans de vraies dégustations. J’ai découvert les vins du Jura français, ceux du Valais.»

A 24 ans, elle reprend ses études. Une matu à Marcelin, des stages, dont un chez Didier Joris en Valais, puis la HES de Changins en œnologie. Fraîchement diplômée, elle s’attelle à mieux connaître la biodynamie, façon plus naturelle de cultiver la vigne: «J’ai fait un stage dans un des domaines de la ville de Lausanne, au Château Rochefort à Allaman, aux côtés du vigneron Aimé Berger. J’aime ce milieu proche de la nature. A la vigne, on peut être soi-même.»

Après un job d’œnologue chez Guy Cousin à Concise et un autre de responsable qualité chez Chaillot bouchons, la voici désormais à la tête de ces domaines, facilement identifiables à leurs bâtisses aux volets à chevrons rouges et blancs, couleurs de Lausanne. Une vie professionnelle tournée vers le vin, qu’elle prolonge le soir avec son compagnon, lui-même œnologue pour la Ville de Berne. Une femme de 32 ans, d’origine étrangère, adepte de la biodynamie et non issue du sérail à la tête d’un tel domaine, ça ne s’était jamais vu. Ça tombe bien, Tania adore les challenges!

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