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Pour la maman, l’épreuve a démarré avec une peluche à huit pattes exposée à l'entrée: elle a dû faire un effort pour passer la porte. Elles s'installent dans une petite salle, autour d’une table. Six autres femmes, également arachnophobes, et un jeune homme, phobique des serpents, sont déjà là. C'est un trek en Indonésie qui a convaincu Nathalie d’entreprendre cette désensibilisation: «Une nuit, je suis sortie du bungalow et dans le faisceau de ma lampe de poche, il y avait une énorme araignée! J’ai tremblé pendant une heure», se rappelle-t-elle en frissonnant. «Et malheureusement, j’ai transmis ma phobie à ma fille.» Celle-ci craint «toutes les araignées, même les petites. Et c’est encore pire quand elles sont mortes».

Face à ses stagiaires d’un jour, Christian Derwey, gardien chef au Vivarium de Lausanne, s’applique à relativiser les fâcheux clichés. Non, les araignées ne sont ni sales, ni méchantes. Ces bestioles sont au contraire fragiles. «Si une mygale tombe de 25 centimètres, elle s’énuque.» «Bien fait!» lance quelqu’un. Il poursuit: «Les araignées sont fascinantes, elles muent, se déplacent avec élégance et certaines sont belles!» Regards perplexes dans l’assistance. «Trouvez-m’en une jolie», suggère-t-il en faisant circuler une tablette numérique affichant une sélection de ces bestioles à l'écran. Nathalie recule sa chaise, détourne la tête: même en image, ça ne va pas. Se faisant violence, toutes les participantes finissent par feuilleter les photos et s’accordent à désigner l’araignée paon, «parce qu'elle a de belles couleurs».

Passons au toucher de mue de mygale! Nathalie regrette alors d'être venue. Et c’est finalement sa fille qui se lance et l’encourage: «Vas-y maman, tu verras, c'est rien, c'est tout doux.» Yeux et dents serrées, Nathalie attrape la mue et demande qu’on la photographie: «Sinon personne ne va y croire», commente-t-elle.

Epreuve suivante: capturer un faucheux - une de ces araignées toutes fines qui colonisent les coins des plafonds - à l’aide d'un gobelet transparent. Quand Christian Derwey en lâche un sur la table, Nathalie et sa fille reculent leurs chaises. «Si tu veux, on part», souffle la première. «On dirait qu’elles sont plus effrayées que nous», risque une participante, qui piège facilement la bestiole. Et tout le monde se lance. Il s’agit ensuite de la faire grimper sur sa main. Au tour de Nathalie de soutenir sa fille qui retire sa paume à plusieurs reprises avant de laisser monter l’araignée. «C’est nul d’avoir peur, j’ai rien senti», constate-t-elle après coup. Quand Christian Derwey pose une boîte où se planquent deux Cruella - les fameuses noires de cave -, elle est à deux doigts de sortir. Là encore, sous les encouragements de sa mère et du groupe, elle regarde le monstre escalader sa main. A la fin du cours, elle n’en revient pas de ses progrès: «C’est fou, je hurlais même quand j’en voyais une minuscule…» Sa mère renchérit: «La première fois, c’est terrible, mais les regarder et les toucher, cela produit un déclic! Dire que je pensais en avoir pour des mois…» Il leur aura fallu un peu plus de trois heures, comme à quasi tous les participants à ces séminaires. Christian Derwey en organise régulièrement depuis deux ans, et ils affichent généralement complet. Ce qui lui a donné l’idée? «J'avais la phobie des araignées, et un jour j’ai été obligé de m’y confronter! J’ai remarqué que cela allait de mieux en mieux.»

Vivarium de Lausanne, ch. de Boissonnet 82, 1010 Lausanne. Tél. 021 652 72 94, info@vivariumlausanne.ch, 75 Sfr. l'heure.

Carine Roth/Arkive.ch
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