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Un certain Joseph Iten le proclamait dans un ouvrage qui survolait l’histoire de l’architecture sédunoise de 1788 à 1988: «Une petite ville comme Sion ne peut prétendre à des réalisations d’avenue comme les Champs-Elysées.» Ce monsieur savait de quoi il parlait: il a été l’architecte et urbaniste du chef-lieu valaisan de 1943 à 1975. Dont acte. Pas de Champs-Elysées, ni de Trocadéro, mais la ville a tout de même radicalement mué en un demi-siècle. Certes, ses deux emblèmes que sont le château de Tourbillon et la basilique de Valère étaient déjà là en 1962 (ils datent respectivement du XIIIe et XIe siècle). Mais de nouveaux bâtiments, des quartiers locatifs ont vu le jour, comme celui de Wissigen et celui des Creusets, des cités-satellites offrant tout le «confort moderne». Il fallait bien loger ces nouveaux habitants, attirés par les possibilités de travail sur de colossaux chantiers: le barrage de la Grande-Dixence, entamé en 1953, et terminé en 1961... De 9362 habitants en 1941, la paisible bourgade passe ainsi à 20 000 en 1967, plus de 30 000 aujourd’hui. Felix Carruzzo, homme politique et journaliste, disait en 1974 de Sion (dans Sion autrefois de Jacques Calpini) que «ses rues appartiennent encore aux hommes, mais l’automobile s’annonce». Déjà en 1962, la place de la Planta en était réduite à servir la plupart du temps de vaste parking. Il faudra attendre 1988 pour qu’elle ressemble à ce qu’elle est aujourd’hui, après de longues et âpres luttes et discussions.

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