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Shiori Ito, briseuse de silence

Shiori Ito, briseuse de silence

«Les gens étaient davantage choqués par le fait que j'enparle publiquement, que par le viol lui-même», a confié la jeune femme au magazine «Grazia».

© Geoff Pugh Shutterstock

C’est qui?

Le 3 avril 2015, la vie de Shiori Ito, 26 ans, bascule. Alors qu’elle a rendez-vous avec Noriyuki Yamaguchi, haut responsable d’une chaîne de télévision et proche du premier ministre nippon, la journaliste perd connaissance et se réveille dans une chambre d’hôtel, nue, violée. Son agresseur affirme qu’elle était consentante, la police lui déconseille de porter plainte. Stigmatisée, humiliée, rejetée par sa famille et ses amis, Shiori Ito ne lâche pourtant rien et se bat pour que justice soit faite. Elle ose ce que les Japonaises s’interdisent de faire: s’exprimer.

Pourquoi on en parle?

Elle raconte son combat dans «La Boîte noire», un livre désormais traduit en français. «Une victime de viol est censée demeurer prostrée chez elle, terrassée par la honte, explique-t-elle à «Grazia». Mais moi, pour réussir à survivre à tout cela, j’ai besoin de me battre.» Fuyant les menaces, Shiori Ito vit désormais à Londres mais continue d’inciter les femmes à briser l’omerta. À la suite de l’affaire Weinstein, elle a créé le mouvement #WeToo au Japon. Le hashtag se propageant à la vitesse de l’éclair, les médias de son pays ont enfin commencé à enquêter sur les violences sexuelles.

Selon un sondage réalisé par le quotidien «Nikkei», une femme sur deux a été victime de harcèlement sexuel sur son lieu de travail, mais seules 35% d’entre elles l’ont signalé.

Qu’est-ce que les autres en disent?

«Elle a subi l’enfer, elle est d’une force exceptionnelle», relève la journaliste française Mie Kohiyama dans les colonnes de «Libération». «Mon père est Japonais, j’ai étudié et travaillé à Tokyo. C’est parce que je connais bien ce pays que j’ai été époustouflée par cette jeune femme.»

Ce qui l’aide à continuer

Alors que Shiori parle publiquement du viol subi, sa famille prend peur. «Pendant un an, ma petite sœur et moi nous ne nous sommes plus parlé, confie-t-elle à «Paris Match». Je pense qu’elle a compris que ce n’était plus aussi effrayant désormais.»

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