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Une coupe garçonne platine, une allure lookée rehaussée par des bracelets et des sautoirs qu’on a envie de lui piquer… Aucun doute, Sandrine Barabinot est une férue de mode. Son naturel et son humilité de «nana bien dans ses Louboutins» contrastent avec son style rock’n’roll mordant. La douceur, la pensée positive et la sérénité sont sans doute les armes qui ont permis à cette autodidacte de 42 ans de réaliser son rêve en créant sa marque d’accessoires Rita & Zia.

Encore une bourgeoise désoeuvrée qui s’amuse à enfiler des perles, vilipenderez-vous? Certainement pas: cette Genevoise d’adoption d’origine française est une femme d’affaires qui diffuse sa marque dans plus de 130 points de vente, des Etats-Unis au Kazakhstan en passant par la Pologne ou le Moyen-Orient. Elle emploie dix personnes et vient d’inaugurer sa troisième boutique en nom propre à la Grand-Rue de Genève, ville où se trouvent ses ateliers ainsi que les artisans qui montent à la main ses créations. Cela ne vous dit toujours rien? En observant avec plus d’assiduité les pages des magazines people, vous auriez repéré que l’actrice Jessica Alba arbore ses sacs, que la chanteuse Lara Fabian collectionne ses bracelets tibétains porte-bonheur ou que le chevelu du groupe LMFAO n’a pas quitté ses sautoirs lors des soirées cannoises.

Même s’ils ont déjà été copiés, ces «charm’s» sont reconnaissables à leur symbolique de chance, de croyance ou de protection: des croix, des trèfles à quatre feuilles, des peace and love, ou encore des crânes – la pureté de l’âme –montés sur des boucles d’oreilles ou des bracelets, imprimés sur des sacs…

Elle produit foisons de parures spirituelles; pourtant Sandrine Barbinot n’a fait d’aucune religion un sacerdoce: «Le dénominateur commun, c’est que nos croyances nous rassurent et nous font du bien. Si les lieux de cultes se vident, les gens ont davantage besoin de repères, de signes ou de porte-bonheur, même pour un effet placebo.» Et ce n’est pas par hasard ou pour ses seules origines italiennes qu’elle a appelé sa marque Rita & Zia. Rita, car c’est le nom de la Sainte des causes désespérées, et Zia, c’était son surnom d’enfant…

Sandrine a aussi ses exutoires salvateurs: ses deux grands fils, Bruce et Léo, le yoga et l’humour qui «sauve de tout». Le besoin de se rattacher à un espoir quand tout semble perdu, Sandrine connaît: «J’ai eu un terrible accident. Face à la mort, on est humble. On fait le bilan: qu’ai-je accompli? Qu’est-ce qui me donnait vraiment du plaisir dans mon existence?» Ce détonateur a métamorphosé sa philosophie de vie, avec cette maxime pour la guider: «Ce n’est pas ce qu’on fait qui est beau. C’est de le faire avec envie et amour.»

La mode, une passion

Bien plus terre à terre mais tout aussi cruciale: la mode. Elle est inscrite dans ses gênes. «Je suis une consommatrice compulsive de chaussures et de sacs, raconte Sandrine. Mon uniforme, c’est le jeans que j’accessoirise, avec des souliers, des sautoirs… C’est d’ailleurs parce que je ne trouvais pas les pièces dont je rêvais que j’ai créé les miennes!»

Avec une mère qui possédait une boutique de prêt-à-porter, la styliste a pu cultiver de solides prédispositions: «J’ai toujours adoré découdre, couper, assembler des morceaux de tissus. Je faisais de la customisation avant l’heure! Retirant un col d’une veste militaire, cousant des perles ici et là… A 18 ans, j’ai même réalisé ma première collection artisanale avec 13 pièces revendues à des copines.»

Suivant la voie maternelle, Sandrine se lance comme vendeuse à la boutique de Thierry Mugler à Genève, puis à celle de Chantal Thomas. En 2001, elle devient acheteuse pour le corner Prada du Bon Génie: «Je m’occupais de la gestion, des comptes, et un jour j’ai réalisé que j’avais fait le tour. Pour être honnête, ce qui m’intéressait, c’était la création.»

Son entourage adore les bijoux qu’elle customise, comme les Mala, ces chapelets tibétains en perles de bois qu’elle démonte pour les rassembler en les personnalisant. Pourquoi ne pas essayer d’en vivre? A 36 ans, Sandrine décide de se lancer. Elle fait le tour des boutiques pour vendre ses créations. «Mes deux fils commençaient à être grands. Ils étaient capables de comprendre que mon indépendance allait nous forcer à manger notre pain noir. Je me souviens que je demandais crédit aux stations essence, je tirais vraiment le diable par la queue… Pendant deux ans, on s’est serré la ceinture, mais ça ne m’a pas fait de mal de perdre du poids! Puis un beau jour, j’ai réalisé que ma petite entreprise me permettait de payer mon loyer et mes courses.»

Humble, la femme d’affaires a encore de la peine à assumer son succès: «Je raconte que je travaille à Genève pour une marque de bijoux! Je trouve prétentieux de dire que je suis créatrice et que c’est ma société… Je n’y arrive pas.» Pourtant, l’entrepreneuse a réussi. La preuve: des inconnues comme des people arborent ses créations dans la rue.

Celle qui veut embellir le quotidien de ses clientes avoue en rougissant avoir un bijou fétiche: «Ma bague de fiançailles. Une demande en mariage que j’ai reçue au début de cette année. C’est une belle histoire où chacun vit chez soi, dans le respect du jardin secret de l’autre. C’est l’harmonie totale, on adore se donner des rendez-vous d’amoureux. Le bonheur est tellement simple finalement.» D’autres grigris ou superstitions à déclarer? «Si je vide mon sac, vous allez me faire interner, il en regorge! Il y a des dessins et des mots doux de mes fils enfants. J’ai aussi un bout de sucre pour faire venir l’argent, une superstition transmise par ma grand-mère.»

Mais de toute façon, l’argent, la prêtresse de la chance dit s’en être détachée: «Ce qui doit se faire se fera… Nous lançons une gamme de tapis, préparons une collection de chaussures et voulons ouvrir une nouvelle boutique à Paris. Si les banquiers refusent de financer nos projets, ceux-ci se feront sans eux! Pas grave… car rien n’est irréversible sauf la mort. Mais tant qu’on est là, on se donne la peine de faire les choses à fond.»

Le lieu

«C’est dans le salon de mon appartement à Annecy que je passe le plus de temps. Je suis sensible à la déco, aux couleurs et surtout aux lieux qui ont une âme et une odeur. J’ai des photos de famille partout… J’aime refaire le monde dans cette pièce, me détendre et profiter de la présence des miens, notamment de mes deux fils.»

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