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Rencontre: Axelle Laffont se révèle en MILF

Marc Piasecki Getty Images

«Passé un certain âge, on met les femmes au placard, même si c’est un peu en train de passer, lentement. Ça fait longtemps qu’on accepte qu’un homme puisse sortir avec une femme plus jeune, mais le contraire est encore et toujours montré du doigt.»

© DR

Son actu

MILF, premier film qu’elle a réalisé, et dans lequel elle joue, est actuellement sur les écrans.

Son don inattendu

«Je crois que je masse très bien.»

Sur sa shamelist

«Ma façon de m’alimenter. C’est plus proche de la junk food que de la nourriture bio.»

Son mantra

«Profiter. Simplement.»

Son animal totem

«Le lion. Pour sa force et sa beauté.»

Son porte-bonheur

«Toute ma famille est un peu superstitieuse, surtout ma mère. Du coup, je m’interdis tous ces trucs. Je refuse de m’attacher à un objet.»

Portrait

Axelle Laffont est une MILF. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est le titre de son film. Le premier qu’elle réalise, et dans lequel elle joue l’un des rôles principaux. Une MILF, donc. Pour «Mother I would like to fuck», qui se passera de traduction (en version châtiée: une femme à la quarantaine entamée qui attire les convoitises). Elle incarne Elise qui, avec ses copines Cécile et Sonia (respectivement Virgine Ledoyen et Marie-Josée Croze), descendent au bord de la mer faire de l’ordre dans la villa de l’une d’elles et se font draguer par une poignée de bellâtres. Des bellâtres bien plus jeunes qu’elles.

«Oui, je suis une MILF, c’est aussi pour ça que j’ai pu alimenter ce scénario, avoue-t-elle d’emblée. J’ai été surprise d’être souvent draguée par des plus jeunes. Au début, ça m’a fait bizarre, mais c’est de plus en plus commun et j’ai plein de copines célibataires qui se font draguer autour de moi, beaucoup plus qu’avant en fait.»

Axelle – et ses copines – seraient donc des MILF, à ne pas confondre avec des cougars, attention. Comme le dit l’un des beaux gosses du long-métrage: une couguar est en chasse, une MILF, elle, n’a rien demandé. «Je n’aime pas ces termes un peu ridicules et très à la mode, mais je voulais ce côté provocateur dans le titre du film.»

Un amour de vacances, une histoire sans lendemain?

Et si son premier film est avant tout une comédie – «parce ce c’est ce qu’on attendait de moi» –, elle n’en reste pas moins romantique. On rit parfois, on se dit qu’on aimerait bien partager cet été un coin de fouta (ou un siège de jet ski) avec l’un ou l’autre des protagonistes. Et on surprend tout à coup Elise qui éclate en larmes quand elle réalise qu’un amour de vacances, ma foi, ne dure parfois que le temps des vacances. «Il y a un peu de moi partout, aussi dans les personnages des garçons (je m’inspire de tout ce qui m’entoure), mais Elise me ressemble surtout dans sa fragilité. On croit au début que c’est le personnage le plus fort, le plus exubérant, et c’est au final le plus sensible d’entre tous.»

Festival de Cannes 2018: les femmes à l'honneur

Etrange de voir comme le film a déchaîné des passions contradictoires. Certains y ont vu un enchaînement de clichés sexistes, alors que d’autres y ont décelé à l’opposé un hommage au néo-féminisme. «Féministe? Oui peut-être, sans avoir cherché à l’être.» L’écriture du scénario a en effet précédé tout le mouvement #MeToo et l’affaire Weinstein. «Je l’ai écrit il y a 5 ans, il devait sortir il y a 3 ans, puis ça s’est mal passé… au final, j’ai bien fait d’attendre!» Le film, du coup, résonne différemment avec l’actualité. Le générique, d’ailleurs, nous apprend un tas de choses. Axelle y remercie ainsi «les hommes qui aiment les femmes de 40 ans et plus», «Mrs. Robinson» (la femme qui fait des avances au jeune Dustin Hoffman dans Le lauréat) et «le couple Macron», pour avoir montré l’exemple. «Quand vous voyez tout ce que s’est pris la femme de notre président…»

Un véritable plaidoyer pour l’amour à tout âge. «Passé un certain âge, on met les femmes au placard, même si c’est un peu en train de passer, lentement. Ça fait longtemps qu’on accepte qu’un homme puisse sortir avec une femme plus jeune, mais le contraire est encore et toujours montré du doigt.»

Un film sentimental donc, avec des vannes mais pas seulement. «Il parle de libération, de profiter un max de la vie. C’est ma devise et j’essaie de m’y tenir. Plus on prend de l’âge, et plus on est dans l’urgence de profiter, parce qu’on ne sait jamais quand tout cela va s’arrêter. J’ai une fille de douze ans que j’essaie aussi d’élever dans cette optique.»

Téléphone-moi

Entre la promo du film et le Festival de Cannes, Axelle est encore en phase post-décompression. «C’est difficile, quand tout s’arrête, il y a comme un moment de flottement, il faut se remettre dans la vie normale, c’est un peu particulier.» Fatiguée, mais heureuse. La réalisation, elle a a-do-ré. «C’est incroyablement prenant, mais cela a été une révélation. Ma plus belle expérience professionnelle. C’est très lourd à assumer et j’ai l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur, mais si je pouvais le refaire, ce serait le summum du bonheur.»

Une nouvelle casquette à son actif, car avant ce film, l’actrice et humoriste a eu une vie bien remplie. La fille de Patrice Laffont – oui, le monsieur qui présentait avec flegme et humour Des chiffres et des lettres, sur Antenne 2 – a d’abord été une Miss Météo (très) décalée sur Canal+, avant d’enchaîner les apparitions, sur des scènes de théâtre, sur différents plateaux TV, à la radio… une carrière un peu touche-à-tout et particulière. «Je ne fais pas partie de cette catégorie d’artistes qui a le luxe d’attendre chez elles qu’on les appelle pour leur proposer quelque chose. J’ai toujours été à l’initiative de mes projets, mais c’est vrai que je fantasme un peu en me disant que ce serait bien, parfois, d’avoir juste à répondre au téléphone pour décrocher un rôle.»

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