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Manger à la façon Paléo, c’est la nouvelle tendance. Non, il ne s’agit pas de se nourrir uniquement au festival nyonnais, mais de reprendre les habitudes alimentaires de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs de l’époque du Paléolithique. Mis au point par l’Américain Loren Cordain, docteur en éducation physique, ce régime supprime les produits laitiers et les céréales au profit de la viande, du poisson, des fruits et des légumes. Mais pourquoi revenir en arrière?

Olga Robertson, 33 ans, est un des entraîneurs principaux de CrossFit Léman (Vich, VD), club qu’elle a fondé avec son mari. La Vaudoise d’origine russe a découvert le régime Paléo en même temps que le CrossFit (programme de fitness consistant à exécuter des «exercices fonctionnels (...) à haute intensité et constamment variés»). Il y a cinq ans: «On a remarqué un mal-être chez mon mari, il était intolérant à beaucoup d’aliments à base de blé. On a éliminé ces éléments, et ça allait beaucoup mieux. Puis on a fait la même chose avec le lactose, qu’une partie de la famille ne supporte pas.» Le régime Paléo était donc tout indiqué pour cette famille de sportifs. Evidemment, tous les produits liés à l’agriculture moderne ou transformés sont bannis. «Les bienfaits sont indéniables. Le corps devient optimal sans les kilos en trop. Et ensuite on dort mieux, on récupère bien».

Risques de carences

Des propos confirmés par Jessica, une étudiante lausannoise de 26 ans et membre de CrossFit Léman: «Au début j’ai ressenti une grande fatigue. Puis, plus tard, j’étais très en forme. J’ai perdu cinq kilos en six semaines. Depuis que j’ai arrêté le régime, le 28 février, j’ai repris un kilo et je le sens physiquement. Aujourd’hui, je pense me remettre à quelque chose de proche car j’ai moins d’énergie qu’avant.» Ses six semaines de régime, Jessica les a réalisées en même temps que d’autres sportifs lors d’un «Paléo challenge» organisé par le club. Le but: faire une évaluation au début et à la fin du régime afin de voir l’évolution au niveau de la performance physique, de la silhouette et, bien sûr, de l’alimentation. «On leur donne des informations et ils font leurs déductions eux-mêmes sur ce qui leur convient ou non. On essaie de les rendre attentifs à leur consommation et à ses effets. On fait des tests pour chercher la meilleure solution et améliorer la santé», explique Olga Robertson.

Le plus pénible pour ceux qui suivent ce régime ce sont, d’après l’entraîneur, «les désavantages sociaux. On limite les aliments que tout le monde mange. C’est compliqué d’éliminer le pain, les pâtes». Une entrave qu’a aussi rencontrée Jessica: «il est difficile d’aller à un apéro et de boire de l’eau, du thé ou du café sans sucre quand il y a des bières, du vin, des flûtes sur la table.» Si Jessica a réussi à tenir les six semaines en suivant strictement le régime, «je me permets maintenant des laitages, de l’alcool ou des pâtes de temps en temps. Je ne pense pas qu’actuellement on puisse manger exactement comme nos ancêtres: nous n’avons pas le même fonctionnement, les mêmes besoins.»

Un constat confirmé par Florence Authier, diététicienne à l'espace Nutrition, dans le canton de Neuchâtel: «Il y a des risques de carences sur le long terme. Sans produits laitiers, le corps manquera de lactose, ce qui pourra causer des problématiques osseuses. Sans farineux, il risque d’y avoir un manque d’énergie qui peut néanmoins être compensé par les fruits. En plus il y a un déséquilibre, puisque la viande est un aliment gras au même titre que les oléagineux, qui sont, me semble-t-il, également autorisés.» Pour elle, «il faut voir comment ce régime est appliqué, car il ne peut pas être suivi au pied de la lettre».

Essayez!

Olga Robertson réplique que «le régime Paléo n’est pas une structure rigide. Ce sont des lignes de conduite. C’est un principe en soi qu’on essaie d’appliquer 90% du temps. Les 10% qui restent sont des "jours de triche".»

Si le coach de CrossFit et son mari pratiquent la chasse, et si le père de Jessica en fait de même, vous n’êtes évidemment pas obligé(e)s d’aller acheter un fusil tout de suite. Des restaurants «Paléo-friendly» proposent des produits de saison et de proximité qui correspondent à l'éthique de ce régime. Pâtachou à Gland ou la compagnie de livraison diététique Private Dietbox à Genève vous permettront de vous faire une idée de la façon dont s’alimentaient les chasseurs-cueilleurs d’antan.

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