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Olivia Ruiz: «J’ai fait toutes les bêtises possibles»

Menue, de longs cheveux bruns encadrant un joli visage sans maquillage, craquante avec son délicieux accent de Carcassonne, son côté frondeur et un brin canaille, la jeune femme ne fait pas ses 34 ans. Celle qui prête sa voix à Miss Acacia dans «Jack et la mécanique du cœur»le film d’animation de son ex Mathias Malzieu – a accepté de nous ouvrir le sien. En gardant quelques secrets. Elle reste bouche cousue, par exemple, sur la relation de Julie Gayet, qu’elle connaît, avec François Hollande. «La vie privée ne regarde que les personnes concernées». Pas question non plus de commenter la nomination de l’actrice pour le meilleur second rôle aux Césars, qui provoque l’hilarité dans l’Hexagone.

FEMINA Miss Acacia est votre double fictif: vous en avez influencé le look, la gestuelle…
OLIVIA RUIZ Carrément. Sa penderie, c’est la mienne. Je suis accro aux chaussures et aux robes. A la mode en général, qui me passionne. Sur scène, j’utilise beaucoup mes mains, mes hanches et je trouve importante la façon dont bouge un vêtement. J’aurais certes parfois envie de me pointer en jeans et godillots. Mais une artiste doit respecter son public.

L’héroïne du film a un coup de foudre. Un état qui vous parle?
Oui, je l’ai connu avec Mathias Malzieu. Mais autant l’avouer: je suis de nature une amoureuse. De ma famille, mes copines, mes potes. J’adorerais aussi avoir des enfants. J’ai avec eux une complicité géniale. Cette envie remonte à l’extraordinaire sensation physique ressentie, quand j’avais 5 ans, en prenant mon petit frère dans mes bras. Il y a de la lionne et de la louve en moi.

Droguée à l’amour, vous chantez pourtant «J’aime pas l’amour». Paradoxal, non?
En apparence seulement. J’en avais juste ras le bol de n’entendre sur ce thème que des chansons doucereuses à la radio. L’amour, c’est dur, pas facile. C’est la flamme, la passion. Ça ne dégouline pas.

Le film évoque la différence, le harcèlement à l’école. Vous même avez été martyrisée par vos camarades…
A l’époque, j’étais ronde. Je vous laisse imaginer les douloureux surnoms dont j’ai été affublée. Il y a même une fille qui a réussi à me faire une vie de merde.

Vous avez également eu une adolescence mouvementée.
J’ai effectivement fait toutes les bêtises possibles. Entre 13 et 19 ans, j’étais en rupture avec mes parents. A 15 ans j’ai quitté la maison. Une petite fugue, remarquez: je suis allée vivre chez une de mes tantes. Il n’empêche que j’ai toujours eu besoin de m’émanciper pour m’accomplir. Je veux obtenir des choses à la sueur de mon front. Cela me vient de mon grand-père.

Votre premier job était peu banal: gonfleuse de châteaux en plastique pour mômes. Il vous a fait des biceps à la Madonna.
Pas que les biceps. J’étais une sorte de crevettes avec des muscles partout. Un vrai cauchemar, ce boulot! On partait très tôt le matin avec le château et un générateur. Ça pesait un âne mort! Sans compter qu’il fallait courir après 40 gamins. Tout ça pour 4 fr. 50 de l’heure. J’exagère à peine.

«La femme chocolat», «Miss Météores», «J’traîne des pieds», «Le calme et la tempête»… Les titres de vos albums vous ressemblent. Lequel vous définit le mieux?
Disons «Le calme et la tempête», parce que je suis la reine de la contradiction. Je suis énergique et douce, sereine et survoltée. J’adore rigoler, blaguer et, en même temps, j’ai la larme très facile.

On prétend que le sac à main des femmes est révélateur. Si on fouille le vôtre, qu’y trouve-t-on?
Un produit pour désinfecter les mains, des cigarettes malheureusement, du chewing-gum, un carnet, une petite trousse à maquillage, un iPad, un iPhone, une brosse à dents, du dentifrice et des lunettes de soleil Anne et Valentin. Il faut que je vous les montre: je les trouve absolument géniales!

Vous reconnaissez volontiers apprendre de vos failles. Quelles sont-elles?
Le manque de confiance en moi, en l’autre. J’ai tendance à me protéger. Je suis une fille du Sud sans artifice, nature, qui n’aime pas mentir, je ne suis pas politiquement correcte. Quelquefois mes chansons me sauvent de la tristesse, m’aident à tenir. Ce fut le cas lorsque j’ai perdu une personne proche.

Vous avez mal vécu le cap de la trentaine et décidé de tout envoyer promener.
Je suis montée sur l’autoroute à 20 ans et l’ai suivie sans péage jusqu’à 30. Là, j’ai éprouvé la nécessité de regarder d’où je venais, où je voulais aller. Comme un besoin de renaître. Depuis j’apprends à me connaître, j’accepte mes démons. C’est mieux de ne pas trop lutter contre. Ça évite la paranoïa. Mais j’ai suivi une thérapie.

Le truc le plus fou que vous ayez réalisé?
Paris-Tanger en 24 heures, il y a huit ou neuf ans, avec l’homme que j’aimais.

La scène, vos albums, le cinéma… Du temps pour autre chose?
Le Pilates et la danse, entamée à 4 ans. Début avril, je serai à l’Opéra Comique pour cinq représentations de «L’amour sorcier», avec trente musiciens et douze danseurs.

Votre péché mignon Les bons restaurants, grands ou petits. Piquer leurs recettes pour cuisiner moi-même…

Votre type d’homme Pas de type. Mais total respect pour Mathias Malzieu. Inspirant, généreux: il est trop fort!

Votre geste beauté Je suis une adepte de la tisane ou du thé vert bio détox.

Votre dernier coup de fil Ah là là, je ne me souviens pas. Ah si! A ma manageuse: je ne trouvais plus mon billet de train.

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