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Avant, un mariage princier, c’était quand même bien lourdingue, et encore, on aurait pu dire ringard: une sorte de bal rigide dansé dans un costume trop étroit, un marathon visuel en noir et blanc. Aussi létal qu’une épidémie de choléra. Mais ça, c’était avant que Pippa Middleton n’escalade les marches de Westminster, avec, en guise de drapeau révolutionnaire, son séant aux courbes superlatives paré – bien malgré lui – pour capter toute l’attention planétaire. Au point de transformer l’esprit un peu convenu de ces noces en événement Youtube intergalactique.

Pas en reste, les principaux protagonistes allaient à leur tour prouver leur sens inné de la décontraction, plutôt détonant après 60 ans d’un règne élisabéthain frappé du sceau du hiératisme. Avec notamment cette volée de clichés de la princesse arpentant sa villa de vacances… topless. Ou encore cette photo officielle en compagnie de leur bébé, George, dans un cadre bucolique plus apparenté aux week-ends de la classe moyenne anglaise qu’aux luxuriants séjours dans les palaces du royaume. Il y a de cela quelques jours, William prenait même son premier selfie en compagnie d’une jeune admiratrice de la couronne. Autant dire que le protocole british avec le petit doigt en l’air en a pris un sacré coup.

Du selfie VIP encore, au cours de la cérémonie rendant hommage à Nelson Mandela après sa disparition, en décembre dernier. Alors qu’ils sont assis dans les tribunes officielles, Barack Obama, David Cameron et la ministre danoise Helle Thorning-Schmidt se rapprochent afin que cette dernière immortalise le trio de prestige à l’aide de son smartphone tendu à bout de bras. Si le geste a parfois fait ronchonner commentateurs politiques et médias, troublés par tant de légèreté dans les rapports diplomatiques, il n’a pas laissé indifférent, illustrant l’émergence d’une mentalité toute fraîche dans les hautes sphères du pouvoir.

Le pape à l'égal des rappeurs américains

Plus surprenant? La religion à son tour n’y échappe pas. Encore engoncé dans une réputation de temple austère et suranné il y a un an, ou changé en décor d’opéra pop ésotérique dans les romans de Dan Brown, le Vatican est en train de retrouver de vraies couleurs avec l’action de François I. Véritable coup de théâtre, jamais vu en deux millénaires de christianisme, le pape a été élu «homme le mieux habillé de l’année 2013» par le très cool magazine Esquire. Un titre qu’il avait auparavant distribué à Daniel Craig ou encore Pharell Williams. Là, on rêve!

Alors, les grands de ce monde et autres têtes couronnées sont-ils en train de réécrire leur place dans la société, à coup de tweets tacleurs et de crises d’adolescence tardive? On aimerait tellement que oui. D’ailleurs, à voir ce qu’ont récolté les très chics Leonardo DiCaprio et George Clooney en matière de vannes tranchantes lors du discours d’ouverture des Golden Globes, il faut reconnaître que même les people, jusqu’ici rompus aux ambiances désinvoltes, vont devoir accepter d’aller toujours plus loin dans le décoinçage généralisé.

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