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Tu seras une bonne avocate, ma fille». Meryl Streep aurait pu ne jamais devenir actrice professionnelle si elle avait suivi le conseil de son père, Harry. Fille d’un patron de laboratoire pharmaceutique et d’une directrice artistique, elle a toujours été fascinée par le théâtre. Mais si jouer, danser et chanter sur une scène d’école était une chose, gagner sa vie lui semblait relever du rêve d’adolescente, du fantasme. Jusqu’à ce que le sort lui donne un coup de pouce. «Avant de suivre les cours d’art dramatique de l’Université Yale, je m’étais inscrite à une faculté de droit, raconte la star américaine. Mais le destin en a décidé autrement.» Ainsi, le matin de son entretien pour débuter sa formation d’avocate, Meryl n’a pas entendu son réveil et a raté son rendez-vous. Elle a pris cela comme un signe: elle devait suivre son instinct et devenir comédienne. «J’aurais pu être dans les affaires comme papa, mais le ciel a voulu que j’adopte l’amour de la culture de maman.»

Née d’un père et d’une mère aux goûts diamétralement opposés, Mary Louise Streep a grandi aux côtés de ses deux frères cadets, Dana David et Harry III. «Malgré leurs différences de caractères, nos parents nous ont toujours appris à aimer la musique. Il n’était pas rare de finir une soirée avec papa au piano, maman au chant. Avec mes frères, nous faisions les choristes.» C’est sa mère qui l’a surnommée Meryl très tôt, par simple contraction de son prénom de baptême et l’initiale du second, Louise. «Et moi j’ai appelé mon petit frère «Trois» car il est le troisième Harry de la dynastie Streep», précise la star.

Une mère exemplaire

Disparue en 2003, Mary Wilkinson Streep n’a cessé d’être le modèle à suivre, pour sa fille. «J’ai toujours voulu ressembler à ma mère sans jamais y parvenir, confie cette dernière. Elle avait le don de voir le positif des choses en oubliant rapidement le négatif et un talent pour se faire des amis et communiquer sa passion pour les arts. Je n’oublierai jamais sa façon d’attirer les regards en entrant dans une pièce.»

Toutes les semaines, Mary prenait le train dans le New Jersey pour emmener Meryl à Manhattan voir des expositions, des concerts ou des piè ces de théâtre à Broadway. «L’un d e mes plus grands regrets est que maman ne soit plus là pour me voir à l’affiche de comédies musicales sur grand écran, dit son actrice de fille. J’aurais adoré pouvoir partager avec elle des moments comme les avant-premières de «Mamma Mia!» ou «Into the Woods». Mais je refuse d’être une personne aigrie. Je suis une privilégiée, consciente de ma chance.»

Sa mère Mary, mais aussi son père Harry sont toujours là, dans un coin de sa tête, lorsqu’elle aborde un rôle. «Pour moi, être comédien n’est pas oublier son existence pour devenir quelqu’un d’autre. C’est plutôt chercher ce que l’on a en commun avec un personnage pour se l’approprier. Cela est parfois difficile à admettre mais je songe souvent à mes parents dans ma préparation; à ce qu’ils ont vécu dans leur jeunesse, les difficultés du quotidien à leur époque, leurs dernières années sur terre… C’est une source d’inspiration

L’amour des arts qu’elle a hérité de sa mère, Meryl l’a transmis à son tour à ses enfants. Henry, 35 ans, Mamie, 31 ans, Grace, 28 ans et Louisa, 23 ans sont tous dans le showbiz. Avoir une maman star donne des envies, même si celle-ci avoue avoir tout fait pour les décourager: «J’aurais préféré que ma fille choisisse une autre voie, comme la physique nucléaire, mais Mamie ne m’a jamais écouté. Ce n’est pas moi qui peux décider de sa vie d’adulte. Heureusement pour nous, elle a la tête sur les épaules. Mamie connaît les bons et les mauvais côtés du showbiz et cela ne lui fait pas peur.»

Ses deux filles cadettes sont aussi sur le chemin de Hollywood. Grace Gummer vient de terminer le tournage de la nouvelle saison d’«American Horror Story», son premier grand rôle. La plus jeune, Louisa, est pour l’heure mannequin, mais prend des cours de théâtre. «Est-ce que j’ai peur pour elles?, demande leur mère. Bien sûr! Le plus dur est d’accepter les critiques. Quand vous êtes comédien, on ne vous reproche pas la qualité de votre livre ou votre peinture, c’est vous qu’on met en cause. Il est difficile de ne pas se sentir attaqué personnellement si l’on vous trouve mauvais dans un film.»

Différencier fiction et réalité

Si ses quatre enfants ont embrassé la passion maternelle, son fils aîné s’affirme davantage musicien qu’acteur. A son actif: un petit rôle dans «Raisons d’Etat» aux côtés d’Angelina Jolie et Matt Damon, en 2006, mais aussi la création du groupe de pop Bravo Silva, en 2004. A 35 ans, Henry Gummer a récemment changé son nom pour Henry Wolfe, du nom de famille de son arrière-grand-mère maternelle, et s’est lancé dans une carrière solo. «On me demande souvent ce que j’ai apporté à mes enfants, dit Meryl. Mais ils m’ont aussi aidé à leur manière. Mes filles m’ont, par exemple, appris à accepter mon apparence physique alors que j’ai passé ma jeunesse à me trouver pas assez belle, pas assez grande ou pas assez maigre. C’est formidable qu’une mère soit ainsi influencée et apaisée par ses petits.»

Le plus important conseil que maman Streep a donné à ses enfants? «Ne jamais confondre fiction et réalité. Je n’ai pas besoin de prendre de la coke pour incarner une droguée ou d’être dépressive pour jouer un tel rôle devant des caméras. A 65 ans, j’ai rencontré suffisamment de monde pour connaître les effets dévastateurs de certains maux et les simuler sans me perdre. A la fin d’une journée de travail, je veux rentrer chez moi et être maman, pas une autre femme.»

Nommée dix-neuf fois aux Oscars, et lauréate à trois reprises, la star concourra une fois encore lors de la cérémonie de le dimanche 22 février 2015 pour son rôle de sorcière dans «Into the Woods». Mais elle reste humble face aux honneurs. «Cela peut sembler ridicule, mais le plus grand honneur pour moi est d’être nommée, pas de gagner, commente-t-elle. Et j’ai souvent répété cela à mes enfants. Aux Oscars, les acteurs votent pour élire les meilleurs dans leur catégorie. Il n’y a rien de mieux que d’être reconnu par ses pairs.» En disant cela, Streep semble se perdre dans ses pensées avant d’ajouter: «J’adore mon métier mais, au final, je crois que c’est surtout la seule chose que je suis capable de faire!»

Origines obwaldiennes

Détail peu connu sur sa famille, une partie de l’héritage génétique de Meryl Streep trouve sa source dans notre pays: «C’est vrai, j’ai du sang suisse dans mes veines, même si tout cela remonte à très loin, pour être sincère avec vous, avoue-t-elle. J’ai des origines anglaises, allemandes, irlandaises, et une partie de mes ancêtres, du côté de papa, vient d’un petit village, près de Lucerne (ndlr: Giswil dans le canton d’Obwald).» Mais l’actrice n’a jamais pris le temps d’organiser un voyage familial au pays de ses aïeux. «Pas encore, mais il y a de l’espoir. Tant que je suis en vie, il n’est jamais trop tard.»

Curriculum vitae

1949 Naissance, le 22 juin, de Mary Louise Streep à Summit, dans l’Etat du New Jersey.

1979 Naissance de son premier enfant, Henry. «Ce n’est pas le premier qui est le plus important, dit-elle, mais ça marque le début d’une nouvelle vie dans un couple.»

1980 Premier oscar, pour sa prestation dans «Kramer contre Kramer», aux côtés de Dustin Hoffman.

Questions d’enfance

Une odeur d’enfanceLes tomates de ma jeunesse étaient douces, juteuses et avaient un parfum formidable que je n’ai plus jamais réussi à retrouver, même sur un marché bio.

Le légume que je détestaisAucun. Ma mère disait qu’un repas devait se préparer en moins de vingt minutes. Nous avions souvent de la purée en poudre avec des légumes en boîte. A 10 ans, j‘ai rendu visite à une copine et l’ai trouvée en train d’éplucher des pommes de terre avec sa mère. Je n’en avais jamais vu de ma vie. J’étais persuadée que les patates étaient des flocons en sachet! (Rire.)

Mon premier amourPaul McCartney. Mais c’était platonique. A 16 ans, j’ai vu le concert des Beatles au stade Shea de New York. Durant le spectacle, j’ai tenu une pancarte sur laquelle j’avais écrit: «I Love Paul.»

Mon dessert enchanteurJe préfère avaler des calories avec un verre de bon vin rouge qu’avec un gâteau. Rien de mieux que de partager une bouteille de bordeaux, par exemple avec mes partenaires à la fin d’une journée de tournage

Mes premières vacancesMon souvenir le plus intense: lorsque j‘ai fait le tour de l’Europe sac au dos, à la fin de mes études. J’avais 21 ans et j’ai rencontré une fille avec qui j’ai fait tous mes déplacements d’un pays à l’autre en auto-stop. Avec le recul, cela semble une idée stupide, mais cela va avec la jeunesse.

Un vêtement dont j’étais fièreMon uniforme de pom-pom girl, au lycée. J’avais une prof qui m’enseignait l’opéra, mais être «cheerleader» était bien plus fun! C’est aussi la première fois que je me suis teint les cheveux pour être blonde.

Mon héros préféréJ’ai rencontré tellement de gens héroïques… Mais je vais dire mon mari, en honneur de nos 36 ans de vie commune. Le secret d’un mariage heureux: beaucoup de bonne volonté et accepter de me taire de temps à autre. (Rire.) Robert Redford est un autre homme que j’admire pour sa carrière comme ses engagements dans sa vie privée.

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