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Ce qu’il y a de fou à Cannes, ce sont les détails insignifiants qui font illico le tour du monde. Comme cette poussière déposée par une bise maligne dans l’œil de Marion Cotillard, qui a perturbé le photocall sur la terrasse du Palais. Courageuse, la victime a consenti tous les efforts pour affronter dignement la tempête…

C’est pour elle que James Gray a écrit la partition d’Ewa, quittant sa Pologne natale pour New York en 1921, comme des millions d’immigrants. Elle débarque à Ellis Island avec sa sœur tuberculeuse, placée en quarantaine en attendant d’être expulsée. Ewa prête à tous les sacrifices pour la sauver tombe alors sous la coupe d’un souteneur sans scrupules (Joaquin Phoenix) qui la met sur le trottoir. Un magicien (Jeremy Renner) tente de la tirer de cet enfer.

James Gray a décidé de faire de Marion Cotillard l’héroïne de The Immigrant, une intrigue puisée dans son histoire familiale, pour une raison simple. «Elle est peut-être en ce moment la plus grande actrice du monde. Elle a un visage incroyable qui montre autant d’intelligence, de force, de sensibilité et de volonté que de beauté… » Un compliment rare. Mais dans la mesure où le cinéaste trouve que Jeremy Renner ressemble à Clark Gable, cela relativise la portée de l’éloge!

Le plus gros défi pour l’actrice a été de parler le polonais pendant une partie du film. "C’était un peu long d’apprendre, bien que j’aie eu de super profs. Je ne sais pas si je suis douée pour les langues, mais j’ai ressenti une frustration. J’ignorais si j’avais atteint la perfection". On dira non pour sa prestation en général... Mais elle n’est pas la seule à avoir déçu dans ce mélo qui se traîne.

A qui la Palme d’or et les autres prix? Mes pronostics

Bref, pas de quoi bousculer les choses. D'autant que la rumeur n'est pas tendre avec Jim Jarmush (à tort, après vision de la chose) et Roman Polanski, à découvrir encore en concours. De toutes façons ma Palme d’or demeure, comme d’ailleurs celle de la quasi totalité des critiques français, La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche. Pour la suite du palmarès, voici mon choix :


Grand prix: Le passé d’Asghar Farhadi

Prix du jury: Tel père, tel fils d’Hirokazu Kore-Eda 

Prix du scénario: Inside Llewyn Davis des frères Coen

Prix de la mise en scène: La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino 

Prix d’interprétation féminine: ex-aequo Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux pour La vie d’Adèle
Prix d’interprétation masculine: Michael Douglas dans Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh.

Mais comme on dit, le journaliste propose, le jury dispose. Et si j'ai tout faux, tant pis. J'en ai vu d'autres! Verdict dimanche soir.

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