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Jane Campion, présidente du 67e Festival international du film de Cannes

La réalisatrice Jane Campion présidera le jury du 67e Festival de Cannes, du 14 au 25 mai 2014.
© DR

«C'est un grand honneur pour moi que d'avoir été choisie pour être la présidente du jury. Et pour dire la vérité, je suis très impatiente», déclare dans le communiqué la cinéaste de 59 ans qui succède au producteur et réalisateur américain Steven Spielberg.

Jane Campion représente un cas unique dans l'histoire du Festival de Cannes. Elle seule a obtenu deux Palmes d'or: la première en 1986 pour son court-métrage «Peel», alors qu'elle était inconnue, et la seconde en 1993 pour «La leçon de piano». Ce film lui a valu également l'Oscar du meilleur scénario, tandis que l'actrice Holly Hunter raflait le prix d'interprétation sur la Croisette et l'Oscar de la meilleure actrice.

«Cinéaste majeure et infatigable pionnière», selon les organisateurs, Jane Campion est en outre la première femme réalisatrice à présider le jury du Festival. Les précédentes étaient actrices comme Isabelle Huppert en 2009 ou Isabelle Adjani en 1997, même si la muse d'Ingmar Bergman, la Norvégienne Liv Ullmann, présidente en 2001, a aussi réalisé plusieurs films.

«C'est la passion qui rend Cannes incontestable. C'est un lieu mythique et surprenant où des acteurs se révèlent, des films trouvent leurs producteurs et des carrières démarrent. Je le sais: ça m'est arrivé», dit encore Jane Campion.

La cinéaste s'est fait connaitre par ses très beaux portraits de femmes marginales ou à forte personnalité aux prises avec les carcans de la société. Il y a Ada dans «La leçon de piano», Kay dans «Sweetie», son premier long métrage présenté en compétition sur la Croisette en 1989, Jane dans «Un ange à ma table» en 1990, sans parler de «Portrait of a Lady» avec Nicole Kidman (1996), «Holy Smoke» avec Kate Winslet en 1999 etc. Son dernier long métrage en compétition à Cannes, «Bright Star» en 2009, racontait les délicates amours du poète romantique John Keats.

«Cannes est le pays des stars, des fêtes, des plages et du business, mais on ne perd jamais de vue ce qu'est le festival: une célébration du cinéma comme Art et une célébration du cinéma du monde entier», dit encore Jane Campion.

«Elle me fait penser aux grands écrivains femmes qui, dans une certaine solitude et dans une grande singularité, ont mené une oeuvre très personnelle qui s'est adressée d'emblée au monde entier», explique le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, en citant Doris Lessing, Marguerite Yourcenar et Anna Akhmatova. «Le type de films que fait Jane Campion et a fortiori 'La leçon de piano' sont des choses dont on n'a pas revu l'équivalent. C'est pour cela qu'il s'agit d'un auteur au sens large du terme, une artiste», relève-t-il encore.

Le président du Festival de Cannes Gilles Jacob se souvient «d'une jeune réalisatrice venue des antipodes» dont les courts-métrages «affirmaient déjà une telle humanité, un tel univers que refusant de choisir», le Festival montra les trois qu'elle apportait. «Jane Campion était née. Et un style avec elle. Ensuite ce furent Sweetie, La leçon de piano ou récemment Bright Star (...) Etonnez vous qu'après tant d'émotions, je l'appelle ma Lady Jane», dit M. Jacob.

Issue d'une famille d'artistes, Jane Campion étudie l'anthropologie puis la peinture avant de se tourner vers le cinéma. L'an dernier, la cinéaste était revenue à Cannes pour présider le jury des courts-métrages et de la Cinéfondation. C'est à la télévision que Jane Campion vient de remporter enfin un véritable succès public et critique avec la série «Top of the lake», coproduction américano-australo-britannique tournée en Nouvelle-Zélande.

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