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#FeminaOpinion: comment accepter l’abominable Trump?

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Dans le métro parisien...

© DR

Au téléphone, mon père me raconte, «tu sais, ta grand-mère lui donne une chance. Elle dit qu’il faut faire preuve de tolérance et d’acceptation.» Je réponds: «oui, mais il est raciste à bâtir un mur anti-Mexique jusqu’à la Lune, oui, mais il est sexiste à faire la chasse à l’IVG avec sa loi Pro-Life, oui mais il est climato-sceptique à filer une doudoune à un ours sur la banquise.» (Désolée Mamie de t’embarquer sur ce bateau et bravo pour ta présence sur les réseaux sociaux)

Déni de Trumpesse

Toute la journée précédant cet appel et après l’annonce de l’élection de Trump, dépitée, hallucinée, j’ai ronchonné dans mon coin à la pensée de «devoir vivre» avec ce personnage. En un sens, même si je ne me sens pas forcément un «animal politique», je dois avouer que l’affreux homme orange a switché chez moi un mode «activiste» encore non détecté pour l’heure. Dès le verdict du scrutin, avec un sentiment de bourdonnement persistant dans les oreilles, j’ai lu et relu les propos nauséeux de Trump qui ont choqué la planète entière, en particulier les points sexistes énoncés à l’encontre des femmes et en général les sujets épineux des armes ou de l’assurance santé.

Dans l’océan de tweets postés, j’ai donné tristement raison au point de vue de Charline Vanhoeacker: «On pensait se réveiller avec la première femme présidente des USA. On se réveille avec le premier président qui l'attrape par la chatte.» Pendant une seconde, j’ai ri à l’illustration de Louison: «J’ai comme une grosse envie de me ligaturer le Trump». En tant que minorité ciblée par Trump, et à l’instar d’Olivia Wilde, je me suis ensuite confectionnée un tee-shirt à encolure épingle à nourrice, mi poupée vaudou, mi bouclier de sécurité anti-Trump.

Esquissée un rictus en fin de journée, devant l’humour grinçant du compte «Dettachée de presse»: «Le club des gens qui ont encore foi en l’humanité se réunira ce soir dans le placard à balais sous l’escalier du 2e».

Tolérance et acceptation

Comme la nuit porte conseil aux insomniaques et que ma grand-mère le vaut bien (vous l’ado-re-riez), le lendemain du coup de fil avec mon papa, j’ai arrêté de dire comme tout le monde «je ne poserai plus un pied aux Etats-Unis». J’ai mis mes convictions politiques de côté et j’ai pensé que j’avais beau détester du plus profond de mon âme le personnage, je devais bien me résigner au fait que…

Primo: la moitié des USA avait voté pour Trump (et qu’à lire les commentaires sur la Toile, ici en Suisse, probablement la même proportion était de son côté).

Deuxio: d’une certaine façon, Donald incarnait un pouvoir «machiste du désespoir» - à l’image du FN en France – et que cela entraînait une division de la société américaine mais aussi un indéniable boom du féminisme. Dans ses formes les plus organiques comme les plus extrêmes, il suffit de se pencher sur nos écrans et de regarder les exemples fleurir sur les internets: Trump’s coming challenge, manifs «Not My President», projet new-yorkais «Subway Therapy» contre l’angoisse des élections, hashtag #TamponsForTrump, etc. Une génération d’activistes est d’ores et déjà en marche. Prête à en découdre grâce aux nouveaux médias.

Une photo publiée par Levee (@subwaytherapy) le

Tertio: ce chef d’entreprise représentait le «rêve américain» dans toutes ses oppositions: business et banqueroute, poudre aux yeux et décadence, ascension et chute? Seulement une semaine après le D-Day, comme l’a dit Yann Barthès sur le plateau de «Quotidien», le 45e président se dégonflerait en faisant marche arrière sur ses dossiers clefs. Oui, oui, on y croit à mort, ne serait-ce en soutien aux attaques racistes envers les minorités (musulmans, Noirs et Hispaniques) qui ne cessent de se multiplier outre-Atlantique. Et à en croire les observateurs politiques tels Alain Mabanckou du «Nouvel Obs», le plus surpris par l’issue de cette élection (un comble) serait bien le nouveau président lui-même:

«Il donne l’impression de celui qui n’a pas «réussi son coup». Parce que sa plus grande victoire aurait en fait été de perdre, dans le dessein de mieux incarner le nouveau prototype du héros politique américain: celui qui lutte seul contre l’establishment et les médias (…) En réalité, le vrai Trump était celui des campagnes des primaires et de la présidentielle. Il y a fort à parier que les plus grands conflits que connaîtra l’Amérique viendront du clash entre ces deux personnages antagoniques, l’un ayant tous les pouvoirs grâce au peuple et occupant le bureau ovale, l’autre voulant coûte que coûte être le pourfendeur de ce même tout-pouvoir depuis la Trump Tower. Qui prendra le dessus sur l’autre? Nous nous en rendrons compte très vite.»


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