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Bénévolat: Géraldine Boillat, le goût des autres

Géraldine Boillat aime les gens. Et ils le lui rendent bien. Au Centre d’animation et de formation pour femmes migrantes (CAFF) jurassien, qu’elle a rejoint en septembre dernier, la souriante quadragénaire est presque en famille. Une famille comme elle les aime: haute en cou leur. Qu’elles viennent de Suisse, d’Erythrée, du Japon ou encore de Serbie, des femmes s’y retrouvent pour s’entraider, s’instruire, discuter ou manger ensemble. Une fois par mois, l’association propose à l’une d’elles de préparer un repas typique de son pays, et comme toujours, Géraldine ne s’est pas fait prier pour lui prêter main-forte: «La cuisine, c’est ma passion!»

Mais la bénévole n’est pas là que pour découvrir une nouvelle recette. «Je peux la trouver sur internet!, lance-t-elle en riant. Ce qui m’intéresse, c’est r encontrer des personnes de tous horizons. A la fin de chaque repas, j’ai toujours appris quelque chose.»Comme les autres volontaires, elle enseigne aussi la langue de Molière aux habituées du centre. «J’avais déjà donné des cours de français durant mes études, raconte-t-elle. C’est enrichissant de s’ouvrir aux autres. Les gens sont souvent trop fermés.»

La fête à la maison

L’esprit d’ouverture, Géraldine l’a dans le sang. Elle-même est issue d’une famille métissée: moitié suisse, moitié martiniquaise. Après une formation en droit en France, elle s’est inst allée dans le Jura où elle est devenue agent de mouvement ferroviaire. C’est là aussi qu’elle a connu son mari. Ensemble, ils ont quatre enfants, do nt une fille de 12 ans adoptée il y a une année. Tous se réjouissent que leur mère donne de son temps au CAFF. D’autant qu’il n’est pas rare que cette dernière ramène des restes du repas qui y a été servi. Et là, «c’est la fête à la maison!»

Aux côtés de Géraldine Boillat, Leila, cuisinière du jour, est à pied d’œuvre. Au menu de ce midi: tagine tunisien. Au CAFF, cette mère de deux enfants suit un cours d’alphabétisation. Dans un français encore approximatif, elle explique qu’elle n’a jamais appris à lire et à écrire avant d’arriver en Suisse: «Dans mon village, il y avait une école, mais ma mère voulait que je reste à la maison pour travailler.»

L’histoire de Leila est celle de beaucoup de migrantes. Afin de leur permettre de s’intégrer, l’équipe du centre – quatre professionnels et quarante bénévoles réparties entre deux sites, l’un à Porrentruy et l’autre à Delémont – leur enseigne le français. Un minimum «vital» pour les participantes qui, sans exception, ont soif d’apprendre. Tandis que la préparation du repas se poursuit en cuisine, dans la salle de classe voisine, l’heure est à l’apprentissage. Une femme doit ressortir quelques minutes après le début de la leçon: son fils cadet la réclame en pleurant dans l’espace enfants. Le regard de la maman trahit sa frustration, mais elle fait contre mauvaise fortune bon cœur: elle s’assied sur une petite chaise colorée et donne le sein à son petit garçon pour l’apaiser.Le cours devra attendre.

Comment aider?

Pour soutenir le CAFF, on peut lui faire un don, ou acheter une sérigraphie de l’artiste jurassienne Sylvie Aubry, vendue au profit du centre. Infos au 032 466 39 87 (site de Porrentruy) et 032 422 15 33 (site de Delémont), ou sur www.caff.ch

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