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«Batch cooking»: à rebours de mes instincts

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Ce concept de planification hebdomadaire est totalement à rebours de mes instincts culinaires. Savoir que je dois manger du poulet parce qu’il est déjà prêt soulève en moi un terrible appétit pour tout autre chose.

© Ludovic Andral

Je suis du genre qui anticipe. Prévoir les problèmes longtemps à l’avance permet le plus souvent d’éviter qu’ils ne surviennent et si, d’aventure, ils se manifestent quand même, j’ai pu envisager toutes les options, même les pires, donc j’ai un plan B, voire C, voire D. Bref, je suis légèrement dans l’excès de prévoyance. Sauf en matière de repas – je me rends compte au moment où je meurs de faim que je n’ai rien préparé.

Ça finit donc souvent par un bout de pain et un peu de fromage avec une salade de tomates. Ça va en été, mais là je sature un peu et puis j’aimerais bien manger chaud de temps en temps.

J’en ai discuté avec la journaliste qui écrit ce dimanche 14 octobre 2018 le dossier sur le batch cooking, ce trend qui consiste à préparer le dimanche soir tous les repas de la semaine. A priori, l’horreur. Qui sait, cinq jours plus tôt, de quoi il aura envie le vendredi soir?

Et quid des enthousiasmes spontanés, genre je passe devant une saucisse aux choux alanguie dans la vitrine du boucher, elle me fait de l’œil, on tombe dans les bras l’une de l’autre et c’est parti pour un papet?

Ce concept de planification hebdomadaire est totalement à rebours de mes instincts culinaires. Savoir que je dois manger du poulet parce qu’il est déjà prêt soulève en moi un terrible appétit pour tout autre chose.

La soupe à la courge

N’empêche, la conversation a laissé des traces dans mon esprit embrumé et je me suis décidée pour un moyen terme: préparer samedi de la soupe à la courge dont je congèlerai une quantité conséquente en petites portions individuelles pour les ressortir au moment où j’en veux – le solde restant au frigo pour être réchauffé durant la semaine et constituer un rapicolant souper. Ça c’était l’intention de départ.

Parce que finalement, samedi soir, en rentrant du cinéma, on ne savait pas trop quoi manger. La soupe était là, nonchalamment liquéfiée dans sa casserole. Et hop, la moitié a été engloutie dans l’instant. L’autre moitié de moitié le lendemain. Au final, il me reste une portion. Autant dire rien. Et mon congélateur est toujours aussi vide. Peut-être qu’il faut que je sois plus claire avec moi-même: anticiper la préparation des repas, ce n’est pas anticiper leur ingestion.

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