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Anne Richard: Cloclo, l’homme de sa vie

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Pourquoi on parle d’elle? Anne Richard donne ses spectacles pour enfants à Thônex le 6 avril 2014, à Savièse le 17, puis à Rolle le 24 mai 2014. Et elle est sur France 2 dans le «Boulevard du palais».

© Sabine Papilloud

Son charme s’impose comme une évidence. Et quand elle sourit, son visage s’éclaire. Plus de zone d’ombre, il fait soudainement beau. Elle nous a fixé rendez-vous dans son fief, à deux pas de la Bastille, au port de l’Arsenal. Un petit coin de «mer», une oasis bleue en plein Paris où bateaux et pontons dialoguent avec jardins et pelouses. C’est là que l’ex-Lausannoise, délaissant le quartier de Montmartre, a déposé ses valises, il y a douze ans. «En matière d’appartement, j’ai du nez. Au gré d’une promenade, j’ai débarqué sur ce port, songeant que j’adorerais y trouver un pied-à-terre. Presque aussitôt je tombe sur une annonce signalant un logement vacant.» La suite a des allures de fiction. La passe-muraille fonce. A l’aveugle. «Les visites étaient planifiées le samedi, or je devais m’absenter. J’ai pu y envoyer ma mère, qui est tombée sous le charme. Le lundi, j’ai appelé l’agence pour signaler que je déposais mon dossier.» Cet aplomb s’avéra payant.

Est-ce cette audace qui l’a poussée, après le bac, à monter à Paris et à s’inscrire pour un stage à l’Entrée des Artistes, école des métiers de la scène? «Non, à 19 ans, j’étais d’une naïveté incroyable. Je ne me demandais pas si ce métier d’actrice était fait ou non pour moi. Etrange, pour quelqu’un qui est plutôt Balance, mon signe astrologique.» En rembobinant le fil de son destin, on découvre que sa vocation est des plus précoces. «J’ai fait mes premiers pas à La Paternelle, une assurance qui organise des spectacles pour enfants à Lausanne.» Mais le vrai détonateur est ailleurs. Il rime avec Claude François. «Il m’a transmis sa hargne à moi, la petite fille timide peu portée sur la parole. Il m’a donné envie de me battre pour devenir comme lui une passeuse d’émotions. J’étais tellement fan que je rêvais d’être actrice dans sa ville. J’étais même persuadée que j’allais travailler à ses côtés…»

L’amour et les ponts

Coquetterie du sort, l’homme qui partage la vie d’Anne Richard, Fabien Lecœuvre, s’occupe des affaires et de la carrière posthume de la star. «Oui, Claude nous a réunis. Même si je suis réellement tombée amoureuse de mon compagnon lors d’une balade. Pour le réconcilier avec la capitale, je l’avais emmené voir Paris Plage. Il avait plu, les transats étaient rangés, tout était d’une tristesse à mourir. Et soudain, lui qui a une vraie connaissance de l’histoire de France, s’est mis à me raconter chaque pont.» Battements de cœur, le ciment a pris. «Je pense que si nos désirs sont formulés et qu’on ose y croire, ils se concrétisent.»

L’enfance, justement, ce terrain qu’elle n’a pas cessé de cultiver, l’a rattrapée, au détour de 2007. Par la faute de son frère. «Un jour, Blaise Héritier, chef d’orchestre vaudois, nous a demandé, à Jean-Marc et moi, d’interpréter Pierre et le loup à deux voix. Pour compléter son spectacle, il cherchait quelqu’un susceptible de rédiger un conte dans la même veine. Jean-Marc lui a déclaré que je pouvais relever le défi. Moi, je ne savais pas si j’en étais capable.» Et la voilà embarquée dans l’aventure de la prose. Un vrai feuilleton. Après deux doubles CD et deux livres-disques, elle vient de publier, fin février, quatre histoires, dont deux créations personnelles, aux Editions Carpentier. «J’ai horreur de la page blanche. J’aime les contraintes, les commandes. Normal puisqu’un acteur doit être souple pour se glisser dans un rôle, dans l’univers d’un réalisateur, d’un scénario.»

Mi-mai, après quelques escales suisses placées sous le signe des spectacles pour enfants, la quadragénaire aux yeux azur reprendra le chemin du Boulevard du palais, l’espace d’une seizième saison. Trois mois de tournage synonymes de trois inédits estampillés France 2. Tandis qu’on s’interroge sur l’art de devenir autre sans se perdre de vue, elle nous invite à la réflexion: «Isabelle Adjani, une des plus grandes actrices selon moi, a soulevé ce problème: comment notre inconscient peut-il savoir que ce que l’on est en train de jouer c’est du faux? Moi, dont la filmographie est riche en drames, je pense que l’inconscient n’a pas cette conscience. J’aspire d’ailleurs à des rôles plus légers.» Alors, à se couler depuis seize ans dans la peau de Mme la juge, Nadia Lintz doit influer sur Anne Richard. Et inversement. «Il faut que je fasse davantage attention à ce qu’elle ne me déteigne pas dessus que le contraire. Elle est tellement en moi. Il paraît que je me suis mise à poser trop de questions, que j’ai développé une sale habitude: tout analyser. Pour ma part, je lui amène ce besoin d’équité, de vérité, inscrit en moi.»

N’est-il pas cocasse que la justice et la police (Jean-François Balmer) françaises soient incarnées par deux Suisses? «Cela me fait bien rire. Mais il ne s’agit pas d’un hasard. Ce besoin de droiture, de probité, est inhérent à notre culture helvétique. Ça doit transpirer.»

Son truc antistress

«Je suis accro au sport. Ça me permet d’être bien dans ma tête. Je nage énormément. J’ai aussi retrouvé le plaisir de marcher en montagne. Cet été, j’ai fait la Cabane des Dix, près d’Arolla, en Valais.»

Son gri-gri

«Le parfum de ma grand-mère, un classique de Roger & Gallet. J’en emmène toujours dans ma loge au théâtre. C’est un peu comme un doudou qui me permet de penser qu’elle est encore là.»

Son conte préféré

«La petite fille aux allumettes. Maman m’en avait fait une adaptation pour que je puisse la jouer à l’école. J‘avais 6 ou 7 ans. Je me réjouis de l’insérer, à mon tour, dans mes contes.»

Sa chanson fétiche

«Il y a un titre de Claude François qui me touche particulièrement: La solitude c’est après. Il évoque l’isolement de l’artiste, seul face à son miroir, une fois que les spectateurs sont partis.»

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