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Contaminée par la recherche de performance, la sexualité ne cesse d’être scrutée, analysée, calculée, étudiée. On nous dit exactement combien l’on devrait avoir de rapports par semaine, le temps que ceux-ci durent en moyenne, comment les femmes se préparent avant l'instant fatidique, etc. Bref: notre société aime le sexe, mais seulement si ce dernier est efficace. Il faut que les rapports sous la couette rapportent le maximum de plaisir en un minimum de temps.

L’amour en pleine conscience

Le slow sex, vous l’aurez compris, prône tout l’inverse. On doit son invention au sociologue italien Alberto Vitale. «Ecoutez les conversations masculines, il n’y est question que du nombre de femmes, du nombre de fois, du nombre de positions, explique-t-il. Vous allez au lit avec une liste d’étapes à franchir. Vous êtes trop impatient, trop centré sur vous-même pour véritablement apprécier le sexe.» La solution? Ralentir, bien sûr, et explorer une nouvelle manière de faire l’amour: en pleine conscience. On prend donc soin d’éteindre télévisions, portables et tablettes et d’être pleinement disponible pour que rien ne puisse interrompre ce moment intime.

Ne penser ni au souper à préparer, ni aux devoirs des enfants et encore moins aux factures à payer, tel est le nouveau défi à relever. «Le slow sex, s’il est pris dans le sens ‘ici et maintenant’ et s’il implique de se centrer sur ses propres sensations et désirs est un bon moyen de renouer avec l’autre, mais aussi avec sa sensualité», explique le sexologue Albert Barbaro à «L’Express Styles». Le site internet rappelle également qu’il faut, en moyenne, 20 minutes aux femmes pour atteindre leur pic d’excitation, contre 10 pour les hommes. Une raison de plus de se mettre au slow sex!

Succès en Amérique

Les thèses d’Alberto Vitale ont particulièrement séduit outre-Atlantique. Diana Richardson, thérapeute de couple américaine, a publié «Slow sex, faire l’amour en conscience», un ouvrage qui fait suite à celui de son confrère italien. Elle affirme que la lenteur permet de goûter véritablement l’instant présent et défend l’idée d’une «sexualité douce» basée sur l’écoute des sensations et le «non sensationnel», résume «Psychologies».

Toutefois, on ne tire pas un trait définitif sur les «quickies» de temps à autre. Il est capital de s’écouter, de dialoguer avec son partenaire et de satisfaire ses envies sexuelles du moment. On choisit donc d’alterner, selon son plaisir, les longues séances de préliminaires et les «cinq à sept» plus spontanés. Comme le rappelle «L’Express», le plus dangereux pour le désir, c’est avant tout la routine, «la lenteur ne peut être une constante jusqu’au bout et ne doit pas empêcher qu’un un moment les corps s’échauffent et oublient de prendre leur temps», conclut Albert Barbaro.

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